SPIRITUALITE

21. oct., 2021

Évangéliser, c’est porter la Bonne Nouvelle du Christ. Les premiers chrétiens ont consacré leur vie à la mission, et si elle prend d’autres formes aujourd’hui, elle n’en reste pas moins une urgence. À l'occasion de la semaine missionnaire mondiale, pourquoi ne pas s’appuyer sur les exemples des saints qui, à travers leurs vie, en dévoilent différentes facettes ? Saint Jean Bosco nous montre qu’évangéliser, c'est inviter et non endoctriner.

« Nous annonçons le Sauveur, non une idéologie », lancent Raphaël Cornu-Thenard et Samuel Pruvot dans leur Manifeste pour la mission. Dedans, ils s’appuient sur des personnalités d’hier et d’aujourd’hui pour développer dix « idées-forces » sur la mission. Ils insistent notamment sur le fait que la mission n’a rien à voir avec la croisade. « Annoncer l’Évangile prend la forme d’une invitation à rencontrer la personne de Jésus. La mission est une proposition gratuite et respectueuse. La mission suppose de laver les pieds des gens, pas leur cerveau. Elle n’exerce aucune pression et est incompatible avec la violence », expliquent-ils.

Soulignant la différence entre inviter et endoctriner, ils précisent que « propager la foi n’a rien à voir avec la promotion d’une idéologie ». Aujourd’hui, un grand nombre de personnes redoute l’endoctrinement, le manque de liberté, la pensée étriquée. Mais, insistent les auteurs, « il revient justement aux missionnaires de montrer que la foi n’est pas un catalogue de vérités toutes faites ».

« J’aime ces jeunes »
Saint Jean Bosco, patron des éducateurs, montre par sa vie qu’être en mission, c’est inviter par sa personne et sa manière d’être à se tourner vers le Christ. Né en Italie au début du XIXe siècle, ce prêtre s’est beaucoup engagé auprès de la jeunesse. À son arrivée à Turin, il est en effet frappé de voir de nombreux jeunes livrés à eux-mêmes, abandonnés, sans personne pour les éduquer. Ému par cette misère matérielle, humaine et spirituelle, il décide de s’occuper d’eux. Il s’installe dans le quartier du Valdocco l’Oratoire, un lieu où ils peuvent étudier et apprendre un métier. Son système pédagogique est basé sur la confiance et prend en compte les différentes dimensions du jeune. Rapidement, les « oratoires » vont se multiplier. Il est à l’origine de l’ordre des salésiens.

Jean Bosco « présente le visage d’une Église qui sort de ses murs, s’adresse aux plus démunis, aux plus abandonnés, n’a pas peur de se confronter à des jeunes qui commencent par l’insulter car ils sont surpris de voir ce prêtre qui vient à leur rencontre. Don Bosco est proche des enfants de son oratoire. Il joue volontiers avec eux et “fait le saltimbanque” selon son expression. Il leur montre que leur avenir n’est pas conditionné par leur origine sociale et les épreuves qu’ils ont traversées mais que Dieu est proche d’eux.

Son amour des jeunes le rend parfois audacieux à l’extrême. Ainsi, Don Bosco se rend un jour chez le ministre de l’Intérieur et lui expose son projet : organiser une sortie d’une journée pour les jeunes emprisonnés sans la surveillance de leurs gardiens. Le soir, ils répondent tous à l’appel, ce qui interpelle le ministre. “Pourquoi arrivez-vous à faire des choses pareilles et pas nous ?” demande-t-il un jour à Don Bosco. “Parce que l’État commande et punit. Il ne peut rien faire de plus. Tandis que moi, j’aime ces jeunes” ».

Rachel Molinatti

20. oct., 2021

« Soyez des disciples missionnaires », exhorte le Pape en vue de la journée mondiale des missions le 24 octobre prochain. Pour le Saint Père, l’évangélisation passe par cinq dispositions du cœur : la compassion, l’espérance, la fraternité, la rencontre et la joie. En cette semaine missionnaire, Aleteia propose de courts examens de conscience, à l’aune des réflexions du Pape, afin d’évaluer son ardeur missionnaire. Aujourd’hui, l’espérance. (2/5)

Après la compassion, la deuxième « marque de fabrique » du disciple missionnaire, selon le pape François, est l’espérance. Etre missionnaire d’espérance, c’est rappeler que personne ne se sauve tout seul. « Dans le contexte actuel, il y a un besoin urgent de missionnaires d’espérance qui, oints par le Seigneur, soient capables de rappeler prophétiquement que personne ne se sauve tout seul », exhorte le Pape dans son message pour la journée mondiale des missions 2021. En effet, pour les chrétiens, le salut vient de Dieu. « Le début de la foi, c’est de savoir qu’on a besoin de salut », avait-il déclaré avant la bénédiction « Urbi et Orbi » le 27 mars 2020. « Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons naufrage : nous avons besoin du Seigneur, comme les anciens navigateurs, des étoiles. Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais. »

L’apôtre missionnaire se doit de faire connaître au monde entier ce Christ qui sauve et qui apaise. « Nous devons à nos frères l’annonce du Christ », précise en ce sens Mgr  Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes et directeur national des OPM France. « Si nous avons reçu gratuitement et abondamment la foi, le pardon et l’espérance comment ne pas, à notre tour, nous faire missionnaires de cette foi, de ce pardon, de cette espérance ? ». Une espérance qui « vient de Dieu » et « place dans nos cœurs la certitude que Dieu sait tout transformer en bien, car même du tombeau il fait sortir la vie », dit le Pape.

Ai-je invité Jésus dans la barque de ma vie ?

Ai-je la certitude que Dieu sait tirer un bien de tout mal ?

La Bible est remplie d’espoir. Lors d’une audience générale en décembre 2018, le Pape donne l’exemple d’Abraham. Abraham « espérait contre toute espérance » (Rm 4, 18). Au lieu de demander le fils promis qui n’est pas venu, Abraham « se tourne vers Dieu pour l’aider à continuer à espérer ». C’est curieux, remarque le Saint Père, il n’a pas demandé un fils ! Il a demandé : « Aidez-moi à continuer d’espérer, la prière de l’espoir… Il n’y a rien de plus beau. L’espoir ne déçoit pas ». L’espérance est « un don de Dieu, nous devons la demander. Tout seul, nous n’y arriverons pas », précise-t-il encore dans son livre Vices et vertus.

A l’instar d’Abraham, est-ce que j’espère contre toute espérance ?

Au lieu de désespérer, de me morfondre, ai-je pensé à demander au Seigneur de m’aider à continuer à espérer ?

À l’opposé de l’espérance se trouve le désespoir. « Le désespoir tue tout, tout… Il est en soi un suicide », affirme encore le Pape dans son ouvrage. « La personne désespérée va jusqu’à remettre Dieu en question ». Le désespoir peut prendre plusieurs formes, dont celle du besoin matériel et celle de la résignation. L’espérance sauve dans la mesure où elle donne un sens à la vie. « C’est un cadeau pour aller de l’avant, pour regarder, pour faire tout fructifier, pour agir, pour tolérer, pour savoir souffrir ».

En quoi mon espérance me fait-elle aller de l’avant ?

En quoi donne-t-elle un sens à ma vie ?

Mathilde de Robien 

19. oct., 2021

« Soyez des disciples missionnaires », exhorte le Pape en vue de la Journée mondiale des Missions le 24 octobre prochain. Pour le Saint Père, l’évangélisation passe par cinq dispositions du cœur : la compassion, l’espérance, la fraternité, la rencontre et la joie. En cette semaine missionnaire, Aleteia propose de courts examens de conscience, à l’aune des réflexions du Pape, afin d’évaluer son ardeur missionnaire. Aujourd’hui, la compassion. (1/5)

« Jésus nous demande à tous d’être des disciples missionnaires », affirme le pape François dans son message du mois d’octobre diffusé par le Réseau mondial de Prière du Pape. Tout baptisé est appelé à la mission. Que faut-il entendre par mission ? Il ne s’agit pas de prosélytisme mais d’une rencontre avec son prochain, basée sur « le témoignage d’hommes et de femmes qui disent : “Je connais Jésus, je voudrais te le faire connaître” ». Un témoignage de vie qui suscite l’admiration. « Cette admiration pousse les autres à se demander : “Comment est-ce possible ?”, “D’où lui vient le don de traiter les autres avec amour, bonté, affabilité ?” », explique le pape François.

Première « marque de fabrique » du disciple missionnaire : la compassion, « ce “sacramental” de la proximité de Dieu avec nous qui n’abandonne personne au bord du chemin », précise le Pape dans son message pour la Journée mondiale des Missions 2021. La compassion est comme « la lentille du cœur », soulignait-il déjà à l’occasion d’une homélie à sainte Marthe en septembre 2019. « Elle te fait voir les réalités comme elles sont », au lieu de tourner la tête ou de tomber dans l’indifférence. Le pape invitait alors à se demander :

« Habituellement, est-ce que je regarde de l’autre côté ? Ou bien est-ce que je laisse l’Esprit-Saint me porter sur le chemin de la compassion, qui est une vertu de Dieu ? »

En famille, avec mes amis, au travail, est-ce que je fais preuve de compassion avec le plus faible, avec celui qui souffre, avec celui qui est rejeté ? Ou bien est-ce que j’abandonne quelqu’un au bord du chemin ?

La compassion n’est pas « un sentiment de peine » que l’on éprouve par exemple quand on voit mourir un chien sur la route, explique encore le Pape. Mais c’est « s’impliquer dans les problèmes des autres », comme le Christ. La compassion « n’est pas un vague sentiment, mais signifie prendre soin de l’autre jusqu’à en payer le prix soi-même. Cela signifie se compromettre en accomplissant tous les pas nécessaires pour se rapprocher de l’autre jusqu’à se mettre à sa place ». En outre, on ne choisit pas son prochain ! La compassion doit pouvoir s’exercer auprès de tout le monde, sans « classer les gens » entre « qui est le prochain et qui ne l’est pas ». Tout le monde peut devenir le prochain de tout le monde : « On peut devenir le prochain de tous ceux que l’on rencontre ; et on le devient par la compassion que l’on éprouve envers eux », soulignait le Pape en 2016 lors d’une audience générale.

Est-ce que je m’implique dans les problèmes de mon prochain ? Est-ce que je sais me mettre à sa place ?

Est-ce que je choisis le prochain envers qui je vais avoir de la compassion ? Ou bien suis-je suffisamment ouvert aux autres pour me laisser toucher ?

« Vous pouvez connaître toute la Bible, toutes les rubriques liturgiques, toute la théologie, mais connaître n’est pas aimer : aimer c’est autre chose, cela demande de l’intelligence mais aussi un petit quelque chose en plus », continue le Saint Père. Avoir de la compassion, c’est « être ému jusqu’au fond du cœur, jusqu’aux tripes ».

Est-ce que je me laisse émouvoir jusqu’aux tripes ? Est-ce que je sais aimer ?

Dieu le premier est pris de compassion à l’égard de chacun de nous : « Dieu ne nous ignore pas, il connait nos peines et sait quand nous avons besoin d’aide et de consolation », rappelle le Pape. « Il nous caresse et nous guérit et, même si on Le repousse, Il reste à nos côtés et attend », assure-t-il, avant d’inviter à une introspection :

« Posons-nous la question et laissons répondre notre cœur : Est-ce que je crois que le Seigneur a de la compassion pour moi ? Tel que je suis, pécheur, avec tant de problèmes et tant de choses lourdes à porter ? »

 

18. oct., 2021

Évangéliser, c'est porter la Bonne Nouvelle du Christ. Les premiers chrétiens ont consacré leur vie à la mission, et si elle prend d'autres formes aujourd'hui, elle n'en reste pas moins une urgence. À l'occasion de la semaine missionnaire mondiale, pourquoi ne pas s'appuyer sur les exemples des saints qui, à travers leurs vie, en montrent différentes facettes ?

Évangéliser, c’est un acte d’amour, et il y a mille et une manières de le faire. L’histoire de l’Église l’a bien montré. De saint François d’Assise à saint Jean Paul II en passant par le bienheureux Charles de Foucauld ou saint Crépin, la mission n’a pas un, mais de multiples visages. Comme le rappelait l’archevêque Giovanni Pietro Dal Toso, président des Œuvres pontificales missionnaires, « il s’agit de sauver l’homme en lui apprenant le chemin de l’amour tel que le Christ l’a montré par sa parole et par sa vie ». Dans un Manifeste pour la mission, Raphaël Cornu-Thenard et Samuel Pruvot, s’appuyant sur des personnalités d’hier et d’aujourd’hui, développent dix « idées-forces » sur le sujet. Plus qu’essentielle, « la mission est l’oxygène de l’Église », scandent-ils.

Une pensée universelle
Saint François d’Assise, à sa manière, montre comment évangéliser. Né au XIIe siècle dans une famille bourgeoise, ce fils de drapier grandit dans un milieu aisé. Jeune homme, il se grise de fêtes, d’argent facile et de vanités du monde, mais finit par s’en lasser. Ce tempérament entier dont le cœur n’est pas rassasié a soif de quelque chose de plus grand. François voit sa vie bouleversée après une rencontre avec le Christ dans la chapelle San-Damiano, à Assise. Il se convertit et change radicalement de mode de vie. Devenu pauvre, il est désormais riche de son amitié avec Jésus-Christ. Sa conversion a appris à François à s’émerveiller de tout, comme le montre son Cantique des Créatures. Populairement appelé le « saint aux oiseaux », le Poverello enseigne quelque chose d’essentiel à travers son rapport à la nature. Pour lui, elle est un lieu d’amitié avec Dieu puisqu’il voit là son œuvre. Reconnaître la nature comme l’œuvre de Dieu et la chanter est une manière d’entrer en relation avec lui. Louer, c’est annoncer.

« Qui mieux que saint François d’Assise a vécu le désir du salut en harmonie avec toutes les créatures ? Car le Poverello n’a pas seulement annoncé la rédemption dans le Christ par toute la péninsule italienne, et jusqu’aux ors du Vatican. Il n’a pas seulement annoncé Jésus aux pauvres comme aux riches, aux chrétiens endormis comme aux impies curieux, aux bourgeois de Boulogne comme aux lépreux de San Lazzaro del Arte, à l’évêque de Rome comme au sultan d’Égypte. Il l’a annoncé aux bêtes et aux bestioles, aux oiseaux et aux poissons, ainsi, n’en doutons pas, qu’aux arbres, aux fleurs et aux étoiles. Serait-ce là une pensée panthéiste ou animiste ? Non, une pensée tout ce qu’il y a de catholique, c’est-à-dire universelle. Il ne s’agit pas bien sûr, pour saint François, de prétendre qu’il y ait du sacré, ou ne serait-ce qu’un sens du sacré, partout, chez les rats comme chez les sycomores. Il s’agit de rappeler que le monde est à Dieu, sans exclusive ».

Mettant nos pas dans ceux du saint d’Assise, apprenons à changer notre regard sur le monde qui nous entoure. Ne nous contentons pas seulement du petit monde proche de notre vie quotidienne, mais brassons large. Tout nous parle de Dieu : ce collègue de travail qui esquisse un sourire, ce rossignol qui chante au petit matin, ces vignes qui rougissent sous la lumière de l’automne. En changeant notre regard et notre cœur, nous annoncerons la Bonne Nouvelle.

Rachel Molinatti 

17. oct., 2021

Deuxième successeur de saint Pierre, l'évêque d'Antioche nous a laissé des témoignages vivifiants des premiers temps du christiannisme et de leurs démons : les hérésies. C'est pour les contrer que saint Ignace prend la plume, exhortant ses fidèles à demeurer dans l'unité du Christ.

« C’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de “chrétiens“ », peut-on lire dans le Livre des Actes des Apôtres (11, 26). Et c’est son évêque Ignace qui, au premier siècle de notre ère, qualifie l’Église de « catholique », c’est-à-dire universelle. « En lisant ces textes, on sent la fraîcheur de la foi de la génération qui avait encore connu les Apôtres », dit Benoît XVI dans son audience générale du 14 mars 2007 à propos des lettres de saint Ignace, disciple des apôtres Pierre et Jean qui, comme eux, écrivit des lettres aux premières populations chrétiennes pour raffermir leur foi.

L’unité contre les hérésies
« L’Église catholique se trouve où est Jésus-Christ », écrit l’évêque dans sa lettre aux Smyrniens. Cette unité du Christ et de l’Église doit être protégée contre les faux dogmes qu’introduisent certains, devenant ainsi des sectateurs qui menaçent l’intégrité de la foi. Ses épîtres constituent de véritables catéchèses où est réaffirmée la vérité du christiannisme contre les nombreuses hérésies qui l’attaquèrent de l’intérieur.

Parmi elles, ce qu’on a appelé plus tard le judéo-christiannisme, désignant ceux qui tout en reconnaissant Jésus comme le messie restaient attachés aux traditions judaïque comme la célébration du sabbat. « C’est un contre-sens de parler de Jésus-Christ et de judaïser, écrit alors saint Ignace. Le Christianisme ne s’est pas converti au judaïsme, mais bien le judaïsme au Christianisme, afin que toutes les nations viennent se réunir en Dieu à la faveur d’une même foi » (lettre aux Magnésiens).

Le docétisme, lui, consiste à nier que Jésus Christ se soit fait homme et ait possédé un corps physique. Contre cette croyance, la lettre aux Smyrniens martèle la réalité de l’Incarnation : c’est en sa chair que Jésus a été crucifié et a ressucité, pour unir tous les fidèles « en un même corps qui est l’Église, (…) il est véritablement mort comme il s’est ressuscité lui-même, véritablement et non en apparence, ainsi que le disent certains incrédules, vaines apparences eux-mêmes. »

En filigrane de ces lettres apparaît également le rejet du montanisme, secte qui rejette la hiérarchie de l’Église pour le seul martyre : « il ne suffit pas d’être appelé Chrétien, il faut l’être en effet et ne pas ressembler à ces personnes pour qui l’évêque n’est qu’un nom, puisqu’elles font tout sans lui », écrit saint Ignace aux Magnésiens. S’il souligne l’importance des évêques et des diacres à maintes reprises, on ne saurait lui reprocher de nier celle du martyre, l’ayant lui même embrassé avec force. Condamné à être dévoré par les fauves pendant des fêtes romaines, sa lettre aux Romains offre un témoignage poignant de sa résolution de mourir pour le Christ.

Mises en garde contre le diable
Saint Ignace met tout son cœur et sa rhétorique à fustiger les sectateurs, car le péril est grand : à travers eux, c’est le diable qui œuvre. Diabolos, en grec, c’est celui qui divise, qui désunit. « Fuyez les embûches du prince de ce monde, de peur que ses maximes, en vous plaçant sous son joug, n’étouffent en vous l’esprit de charité », recommande saint Ignace aux Philadelphiens. Les propagateurs d’hérésie sont « de purs fantômes qui appartiennent à l’esprit de ténèbres » (Lettre aux Smyrniens).

Tout comme certains hérétiques et incroyants récusent certains dogmes du catholicisme ou ne les comprennent pas, « le prince de ce monde a ignoré la virginité de Marie, et son enfantement, de même que la mort du Seigneur, trois mystères retentissants, qui furent accomplis dans le silence de Dieu. » Ce passage de la lettre aux Éphésiens de saint Ignace est cité dans le catéchisme de l’Église catholique sur la virginité de Marie, évènement qui n’est compréhensible que sous le prisme de la foi.

Contre les ruses du diable, Ignace, dans cette même lettre, recommande aux fidèles une cohésion salvatrice dans la louange : « Aimez à vous réunir souvent pour louer Dieu et lui rendre grâce. Par ces réunions fréquentes, vous affaiblissez les forces de Satan. Cet accord dans un même esprit de foi déjoue toutes les ruses qu’il emploie pour nous perdre. Rien n’est préférable à la concorde ; elle fait cesser la guerre du ciel et de la terre ».

Ainsi les lettres d’Ignace d’Antioche, saint et père de l’Église, sont autant un témoignage historique de la jeunesse du christiannisme qu’une exhortation édifiante à l’unité. Unité de l’Église et des fidèles, unité de l’esprit dans la concorde et de la foi dans l’adhésion aux dogmes, contre la confusion, contre la division, contre le diable.

Margot Giraud