SPIRITUALITE

28. juil., 2021

Jacqueline Kelen, écrivain, explore à travers ses ouvrages, les richesses de la vie intérieure. Elle propose aux lecteurs d’Aleteia quatre méditations sur les vacances. Si le temps des vacances d’été offre un repos salutaire, il est aussi l’occasion de discerner vers quelle lumière nous voulons nous tourner. 


On le sait, l’astre qui gouverne notre système est, tout comme l’eau, indispensable à la vie sur terre : il éclaire et réchauffe, il permet que croissent les êtres humains, les animaux, les plantes. Et il règne dans le ciel immense. Aussi, dès les premières civilisations, le soleil fut-il, à l’égal d’un dieu, objet de culte et de vénération : en Égypte pharaonique, en Inde, dans l’ancien Mexique, au Japon, chez les Grecs de l’Antiquité… Mais, selon la Genèse, il n’est qu’un des deux luminaires, avec la lune, que le Créateur plaça dans le firmament, et il lui doit obéissance, comme le rappelle l’évènement prodigieux où Josué pria l’Éternel de suspendre le cours du soleil. « Le soleil se tint immobile au milieu du ciel et près d’un jour entier retarda son coucher », note le récit biblique.

Le soleil inspire des images et des qualificatifs toujours favorables, reliés à la lumière insaisissable et merveilleuse : ainsi des héros solaires qui triomphent des ténèbres du mal et de l’ignorance, ainsi de la belle aux cheveux d’or, signe de son ascendance céleste. On dit aussi qu’une personne est un rayon de soleil pour son entourage et pour autrui, ce qui évoque un cœur généreux, une loyauté indéfectible, une joie qui réconforte et vivifie. De là, certainement, l’auréole qui entoure la tête des saints, ces petits soleils de Dieu.

À chaque être humain de devenir la lumière du monde.

Peu avant sa mort, en l’an 44 avant JC, l’homme politique et brillant orateur que fut le romain Cicéron écrivit un court et beau traité sur l’amitié. De cette relation précieuse et vertueuse célébrée par tous les philosophes de l’Antiquité, Cicéron déclare : « Ils enlèvent le soleil du monde, ceux qui enlèvent l’amitié de la vie. »

Dans sa première Epître, saint Jean assure que « Dieu est lumière ». À Jésus, les premiers chrétiens appliquent l’appellation « Soleil de Justice » qu’emploie Malachie, le prophète qui clôt l’Ancien Testament. Ainsi, Jésus manifeste la miséricorde divine qui, tel le soleil, éclaire sans exclusive les méchants et les bons ; mais il possède aussi le regard qui ne laisse rien dans l’ombre et montre au grand jour – où révèlera au Jugement dernier – ce que l’on veut cacher.

Enfin, il ne faudrait pas se méprendre sur la parole adressée par Jésus à ses disciples : « Vous êtes la lumière du monde. » Ce ne sont pas là des mots flatteurs, les désignant pourvus d’une supériorité autre que d’être témoins du Fils de l’Homme. C’est une invitation, lancée à chacun, de réaliser sa mission céleste : à chaque être humain de devenir la lumière du monde, une parcelle tout au moins ; d’œuvrer sans cesse pour que le monde, confus ou égaré, s’emplisse de la splendeur de Dieu. Grandiose défi.

Jacqueline Kelen 

27. juil., 2021

Dans son homélie prononcée ce lundi 26 juillet lors de la messe célébrée en hommage au père Jacques Hamel, Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, a rappelé avec justesse la portée du sacrifice de ce prêtre tout en élargissant la réflexion aux épreuves auxquelles sont confrontées nos sociétés.

« La pensée du peuple, quand il est dans la peur ou tourné sur lui-même, n’est pas toujours la meilleure. Cela est sans doute vrai dans nos communautés comme dans nos pays, oserais-je dire dans nos démocraties ». C’est une homélie appelant à la réflexion qu’a prononcé Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, lors de la messe célébrée en mémoire de la mort du père Jacques Hamel, assassiné il y a cinq ans par deux terroristes. Si ses mots donnent à réfléchir sur le geste des deux terroristes ayant ôté la vie au père Hamel mais aussi sur celui du père Hamel qui a témoigné du Christ jusqu’au bout, il ouvre avec justesse la réflexion sur cette « grande attente de l’humanité » qu’est la paix. Une attente qui se fait attendre quand on regarde les épreuves et les tensions qui traversent nos sociétés.

« Je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde » (Ps 77)

L’évangéliste Matthieu reconnaît dans les paraboles de Jésus une grande attente, « ce qui est caché depuis la fondation du monde ». La grande attente de l’humanité est la paix.

La grande attente de l’humanité se fait encore attendre ; car le mal étouffe encore le bien, le bien de la paix, les biens de la justice et de la fraternité qui édifient la paix. Nous le savons bien ici, que trop ! Le Mal a semblé l’emporter ; en tous les cas, il a créé souffrance et blessures qui durent.

Dieu répond-t-il à notre attente de la paix ? Accueillons ce que les deux lectures bibliques nous en disent.

La première lecture est tirée de la grande épopée du peuple de Dieu. Il est déjà sauvé de l’esclavage des Égyptiens, mais encore empêtré dans ses peurs et ses désirs d’un salut immédiat, encore en attente de la paix.

Moïse est alors appelé auprès de Dieu pour y recevoir les tables de la loi, les fameux 10 commandements. Le peuple attend, impatient, et se retourne sur ses propres richesses, pour se faire un Dieu à son image, le veau d’or.

Comment ne pas penser, frères et sœurs, à notre Occident qui se détourne des 10 commandements et croit plus en ses richesses que dans les attentes de son propre cœur ? Est-ce si différent de ceux qui, appâtés par une gloire habillée de rêve et de religion, sont conduits à tuer, croyant devenir des super-fidèles ?

Quand Moïse demande des explications à Aaron, celui-ci commence par mentir. Il invoque « un bruit de bataille » (Ex 32, 17) alors qu’il s’agit d’un culte rendu aux idoles. Puis, il excuse : « Que mon Seigneur ne s’enflamme pas de colère ! Tu sais bien que ce peuple est porté au mal » (Ex 22, 32), ajoutant pour se disculper « C’est eux qui m’ont dit : « Fais-nous des dieux qui marchent devant nous. Car ce Moïse, l’homme qui nous fait monter du pays d’Egypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé » (Ex 22, 33).

La pensée du peuple, quand il est dans la peur ou tourné sur lui-même, n’est pas toujours la meilleure. Cela est sans doute vrai dans nos communautés comme dans nos pays, oserais-je dire dans nos démocraties.

Humblement, il nous faut reconnaître que nous sommes « portés au mal », comme dit Aaron. Qui de nous peut dire ne pas avoir menti, ne pas avoir trahi, ne pas avoir pensé à lui plus qu’aux autres, ne pas avoir cédé à la vengeance ou du moins à rendre le mal pour le mal ?

Moïse l’a bien compris : il faut l’aide de Dieu pour enlever nos péchés, sinon nous allons à notre propre perte. Car nos péchés ne satisfont pas les désirs les plus profonds de nos cœurs. Tout au plus, ils les cachent.

Moïse se retourne alors vers Dieu, avoue le péché et son impuissance. C’est la tentation du suicide : « Efface-moi de ton livre, celui que tu as écrit » (Ex 32, 32).

Dieu se révèle patient. Il enjoint à Moïse de continuer sa mission : « Conduis le peuple vers le lieu que je t’ai indiqué, et mon ange ira devant toi ». Puis il ajoute une phrase bien énigmatique : « Le jour où j’interviendrai, je les punirai de leur péché » (Ex 32, 34).

Frères et sœurs, ce jour de la punition n’est pas arrivé et n’arrivera pas. Car Dieu a choisi un autre chemin que le nôtre, un autre chemin que la vengeance ou la suppression de la vie. Dieu choisit la vie. Et c’est plus qu’un ange que Dieu a envoyé pour nous montrer le chemin. C’est son propre fils, Jésus.

Les deux paraboles de Jésus expriment le choix de Dieu, celui d’un chemin humble, patient, universel et, pourquoi ne pas le relever, celui de la parité. Jésus met en scène un homme qui sème, une femme qui enfoui du levain.

Le Royaume de Dieu se construit à partir de ce qui est petit : la plus petite des semences ou un peu de levain. Comment ne pas penser au père Jacques Hamel, prêtre anti-vedette, exerçant dans une paroisse apparemment peu remarquée, qui a semé par sa présence, par son accueil, par sa prédication ? Il faut du temps, celui de la plante qui pousse, celui du levain qui fait lever la pâte. Le temps est un allié. Nous n’en sommes qu’au cinquième anniversaire, si j’ose dire.

Le Royaume de Dieu se construit non pas pour quelques-uns mais pour tous et pour tout. Les oiseaux du ciel, innombrables, peuvent y faire leur nid ; la pâte toute entière lève. Notre espérance, frères et sœurs, ne peut se limiter à notre propre salut ou au salut de quelques-uns.

Rendons grâce d’être rassemblés ce matin, comme un peu de levain prêt à être enfoui, comme une semence prête à mourir en terre pour donner de beaux fruits, un grand arbre. Cela n’est possible qu’en nous unissant, par la prière et par l’amour, à celui qui est la semence en son corps livré, qui est le levain en sa parole donnée : Jésus.

Agnès Pinard Legry 

 

 

20. juil., 2021

Les Évangiles nous apprennent que Jésus s'éclipsait seul bien souvent. C'est que la mission du Christ dans le monde était soutenue par une intense vie de prière.

De son vivant, Jésus était une figure spirituelle charismatique et nombreux sont ceux qui voulaient le rencontrer. S’Il l’avait voulu, Jésus aurait pu d’ailleurs passer tout son temps à prêcher la Parole de Dieu et à enseigner aux disciples. Pourtant, Jésus s’éloignait régulièrement de la foule et même des apôtres. Et Il ne s’adressait à la foule qu’après avoir prié seul et longuement.

Le meilleur exemple de cette capacité du Christ à prier de cette façon est bien sûr la retraite qu’Il a effectué pendant 40 jours dans le désert. Mais ce n’est pas la seule fois où Il a tenu à s’isoler. Les absences du Christ posaient même parfois des problèmes aux disciples qui le cherchaient sans bien comprendre les raisons pour lesquelles Jésus s’éclipsait. 

Aussitôt Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. (Mt 14, 22-23)

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. (Mc 1, 35)

Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient. (Lc 4, 42)

En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. (Lc 6, 12

Jésus montre par là la nécessité que nous avons, nous aussi, de nous isoler volontairement et régulièrement afin d’enraciner notre quotidien dans une vie de prière. Pour réellement imiter le Christ et répandre la Parole de Dieu, la prière doit demeurer prioritaire dans la vie des chrétiens.

19. juil., 2021

Toute vie spirituelle comporte une certaine part de combat. Nous avons tous à lutter, à un moment ou à un autre, contre les forces du mal qui agitent notre monde. La clé est la confiance en Dieu et non en soi.

Àpropos du combat spirituel, saint Paul est limpide dans sa lettre aux Éphésiens : « Car nous ne luttons pas contre des êtres de sang et de chair, mais contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, les Principautés, les Souverainetés, les esprits du mal qui sont dans les régions célestes. » (Ep 6,12) Le combat est donc âpre. Or, il n’est pas toujours simple de savoir comment le mener. Dans son ouvrage justement intitulé Le Combat spirituel publié à la fin du XVIe siècle, le père Laurent Scupoli nous donne deux armes essentielles pour mener cette lutte contre les forces qui nous mettent à mal.

Se défier de soi-même

« La défiance de soi-même est si nécessaire dans le combat spirituel, qu’on ne peut, sans cette vertu, non seulement vaincre tous ses ennemis, mais surmonter les moindres passions. Cette vérité doit être gravée profondément dans notre esprit : parce qu’encore que nous ne soyons qu’un pur néant, nous ne laissons pas de concevoir de l’estime pour nous-mêmes, et de croire, sans nul fondement, que nous sommes quelque chose. En effet, quiconque veut s’approcher de la vérité incréée, et de la source des lumières, doit nécessairement se connaître à fond, et n’être pas, comme les superbes, qui s’instruisent par leurs propres chutes, qui commencent à ouvrir les yeux, lorsqu’ils sont tombés dans quelque désordre honteux et imprévu ; Dieu le permettant ainsi, afin qu’ils sentent leur faiblesse, et que par cette funeste expérience ils viennent à se défier de leurs forces. »

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il faut donc, pour vaincre les forces du mal, se défier de soi-même. Il ne s’agit pas ici de dire qu’il est mauvais, d’une manière générale, de croire en soi et en ses capacités, mais plutôt de faire la chasse à toute trace d’orgueil, car c’est très souvent là que vient se loger le malin. Nous avons des qualités, certes, mais dans le combat spirituel, dans ce combat inégal contre des forces qui nous dépassent, nous appuyer sur nos propres ressources est non seulement insuffisant mais surtout présomptueux. La seule force dont nous avons besoin, c’est Dieu.

Avoir confiance en Dieu

« Quoique la défiance de soi-même soit indispensable dans le combat spirituel, […] si elle est seule, et qu’on n’ait point d’autre secours, on prendra bientôt la fuite, ou l’on sera désarmé et vaincu par l’ennemi. Il faut donc y ajouter une grande confiance en Dieu, qui est l’auteur de tout bien, et de qui seul on doit attendre la victoire. S’il est vrai que de notre fonds nous ne sommes rien ; nous ne pouvons nous promettre que des chutes dangereuses et fréquentes, et nous avons tout sujet de nous défier de nos forces ; mais si nous sommes parfaitement convaincus de notre faiblesse, nous remporterons sans doute, avec l’assistance du Seigneur, de grands avantages sur nos ennemis, n’y ayant rien de plus puissant pour nous attirer les grâces du ciel, que de nous armer d’une généreuse confiance en Dieu.

Considérez attentivement avec les yeux de la Foi, la Toute-puissance et la Sagesse infinie de cet Être souverain, à qui rien n’est impossible ni difficile, de qui la bonté n’a point de bornes, qui, par un excès d’amour pour ceux qui le servent, est prêt à toute heure et à tout moment de leur donner tout ce qui leur est nécessaire pour vivre en hommes spirituels, et pour se rendre tout-à-fait maîtres d’eux-mêmes. La seule chose qu’il leur demande, c’est qu’ils recourent à lui avec confiance. »
Si nous prenons conscience de notre faiblesse et que nous nous tournons vers le Seigneur, il nous donnera les armes nécessaires. Ne présumons donc pas de nos forces et n’ayons de cesse de nous appuyer sur celles de notre Dieu Tout-Puissant. C’est par Lui que nous sortirons vainqueurs de nos luttes spirituelles quotidiennes. Rappelez-vous : « Il n’y a rien de plus puissant pour nous attirer les grâces du ciel, que de nous armer d’une généreuse confiance en Dieu. »

 

15. juil., 2021

Trois recommandations de saint Bonaventure, évêque du XIIIe siècle et docteur de l’Eglise, fêté ce 15 juillet, pour être en paix avec ses choix de vie.

Je suis un imposteur. Ou du moins, c’est la pensée qui m’assaille quand je suis en chaire à la messe et que je donne à une église remplie de fidèles des paroles à méditer. Pendant que je prêche, je me demande s’ils savent à quel point j’étais impatient sur le chemin de l’église, ou à quel point je me suis énervé lorsque j’ai fait brûler ma tartine au petit déjeuner. Les sentiments qui me viennent sont alors de ne pas être à ma place, de faire un travail pour lequel je ne suis pas qualifié et que je prétends simplement être compétent pour le remplir. Qui suis-je pour penser que je peux être un bon prêtre catholique ?

À d’autres moments, le pendule oscille et j’ai le problème inverse. La fierté s’installe et je suis convaincu que je suis très sage, que personne d’autre n’est aussi bon prêtre que moi et que je mérite peut-être la paroisse la plus grande et la plus belle du diocèse. Encore une fois, c’est une manière de ne pas être à ma place. Rien n’est jamais assez bon et peu importe à quel point ma situation actuelle est merveilleuse, je pense à ce qui aurait pu être autrement et je suis jaloux de ce que les autres ont.

Ces deux mentalités sont dommageables. Les deux détruisent le moment présent et représentent un refus de chérir sa place dans le monde. C’est un manque de confiance.

Quand je lis saint Bonaventure, je me rends compte que je suis là où je dois être

C’est un défi majeur de pouvoir accepter qui nous sommes, où nous sommes et à quel point nous pouvons vraiment être heureux. C’est tellement irrationnel, de rejeter ce qui est juste devant nous, de nous aliéner volontairement de nos propres vies, et pourtant nous le faisons tous. Pensez au parent qui souhaite avoir moins d’enfants ou plus d’enfants, à l’employé qui se plaint et fait part de son insatisfaction au travail, au désir permanent d’avoir une maison plus grande, d’une voiture plus chic, d’un groupe d’amis différent et plus accompli. Nous nous convainquons que personne ne nous comprend vraiment, personne ne nous apprécie, et nous sommes à la dérive et flottant dans la vie. Ce sentiment d’itinérance nous amène à voir le monde et notre place dans celui-ci avec une vision déformée.

Dans des moments comme celui-ci, nous pouvons nous tourner vers saint Bonaventure pour obtenir de précieux conseils. Bonaventure est un moine franciscain qui a vécu au XIIIème siècle. Il a étudié à la Sorbonne et s’est lié d’amitié avec un certain nombre de sommités de l’époque, dont saint Thomas d’Aquin et saint Louis. Il n’était pas aussi intelligent que Thomas d’Aquin mais n’a jamais été jaloux, insistant pour que son ami reçoive son diplôme avant lui en signe d’honneur. Il n’était pas aussi riche ou puissant que Louis IX, mais il n’a jamais souhaité échanger leur place. Après avoir obtenu son diplôme, le pape Grégoire a essayé de faire de lui un archevêque, mais ce n’était pas le bon endroit pour Bonaventure et il a refusé. Finalement, il est devenu le chef de l’Ordre franciscain et parmi ses écrits se trouve la méditation classique Le voyage de l’esprit vers Dieu.

Bonaventure était un homme qui connaissait sa place dans le monde. Il était en paix avec sa vie, ses choix et prenait une grande joie à réaliser sa vocation. Dans Le voyage de l’esprit vers Dieu, il offre trois conseils utiles sur la façon dont nous pouvons atteindre cette paix.

1ENQUÊTER DE MANIÈRE RATIONNELLE

Saint Bonaventure dit : « Dans la première façon de voir, l’observateur considère les choses en elles-mêmes… » En d’autres termes, c’est faire une enquête factuelle sur sa vie. Cela peut-être aussi simple que de se rappeler avoir une famille merveilleuses, des amis formidables et un travail qui vous plait. Voire d’estimer ne mériter ni plus ni moins d’éloges et que l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs. C’est un regard honnête sur la façon dont tout dans la vie s’emboîte et l’assurance que je suis au bon endroit.

2 - CROIRE FIDÈLEMENT

Ensuite, dit saint Bonaventure, nous considérons le monde dans son « origine, son développement et sa fin ». Cela nous rappelle qu’il y a une progression dans nos vies et que nous sommes en chemin. Il encourage la gratitude pour les bénédictions passées, la gratitude pour le présent et l’espoir pour l’avenir. Nous devons avoir foi dans la bonté ultime du monde et dans la direction que prend notre vie.

3 - CONTEMPLER INTELLECTUELLEMENT

Maintenant que nous nous sommes rappelés les faits et que nous avons renouvelé notre sens du mouvement vers un but, saint Bonaventure invite à discerner les choses qui sont « meilleures et plus dignes ». Lorsque nous désirons les mauvaises choses pour les mauvaises raisons, cela provoque l’aliénation. Nous devons trier ce qui est réellement bon pour nous. C’est une autre façon de voir, de constater que toute bonne chose a un sens et que dans notre quotidien nous touchons constamment à l’éternité. Une personne qui recherche ces aspects beaux et nobles de la vie découvre un sentiment d’appartenance et de foyer, que le monde est plein de permanence et de bonté.

En fin de compte, quand je lis saint Bonaventure, il m’aide à me rappeler que quoi que nous fassions, cela compte. Nos vies comptent, notre famille, nos amis, nos pensées, nos émotions, notre travail et nos loisirs comptent. Il importe que ma tasse de café soit bonne le matin et que j’aie vu une fleur particulièrement agréable en promenant le chien après le travail. Ma vie est importante. Votre vie est importante. Rien n’est parfait, mais quand je lis saint Bonaventure, je me rends compte que je suis là où je dois être. 

Fr. Michael Rennier