SPIRITUALITE

4. oct., 2022

Nous avons tendance à croire que les événements extraordinaires sont des messages divins. Dieu nous parle-t-Il à travers des signes et des miracles ? Si oui, comment en discerner l'authenticité ? Comment les interpréter ?

Si Dieu intervient dans nos vies, comment être sûr que c’est Lui qui agit et non pas nous qui nous projetons ? La réponse du Frère Olivier-Marie Rousseau, carme du couvent de Paris.

Qu’est-ce qu’un signe ?
Père Olivier-Marie Rousseau : Le signe est une réalité visible qui renvoie à une réalité invisible. Et l’homme, qui est à la fois corporel et spirituel, en a besoin pour communiquer. Par exemple, la nature, par sa beauté, sa variété, sa complexité, peut susciter un émerveillement qui entraîne un questionnement jusqu’à la reconnaissance de l’existence d’un Dieu créateur. Ce qui n’impose pas la foi mais dispose le cœur à l’adoration. C’est une attitude naturelle, qui n’est pas encore celle de la foi mais qui est nécessaire à la foi. Car la grâce ne supprime la nature.

Dans l’ordre surnaturel, quels sont les signes qui peuvent susciter la foi ?
Dans l’Évangile selon saint Jean, le premier signe que le Christ opère est le miracle de Cana : à la demande de la Vierge Marie, il change l’eau en vin. Ainsi donne-t-Il un signe qui atteste que Dieu entend notre prière et y répond par surabondance : le vin est meilleur ! Dieu est plus grand que notre cœur, et au long de son ministère public, le Christ multiplie les signes (guérisons, exorcismes, résurrections) pour éveiller cette confiance et nous conduire jusqu’au mystère pascal, le signe par excellence sans lequel « vaine est notre foi » (1Co 15, 17). Le Christ donne gratuitement, et attend une réponse libre.

Comment ?
Quand Jésus multiplie les pains (Jn 6, 12-15), Il donne un signe de puissance qui séduit les foules au point qu’elles veulent « Le faire roi ». Mais Jésus leur échappe car Il ne veut pas se laisser récupérer dans leurs catégories d’efficacité. « Travaillez pour la nourriture qui demeure en vie éternelle », leur demande-t-Il, avant d’essuyer leur revers : « Quel signe fais-tu donc pour qu’à sa vue nous te croyions ? » (Jn 6, 30). Jésus répond sans esquiver leur question mais en renversant leur logique : « Je suis le Pain de Vie » (Jn 6, 35). Se donnant comme tel, Il propose aux disciples de passer de la réalité visible (les pains qui remplissent les paniers) au mystère « Pain de Vie » par lequel Il s’identifie. Mais c’est une parole trop « rude » pour l’esprit, précise l’Évangile : les uns suivront, les autres fuiront.

Existe-t-il d’autres signes, plus sensibles, plus accessibles ?
À côté du sacrement de l’autel, il existe le sacrement du frère, en particulier la diaconie des pauvres, « nos maîtres » selon la belle expression de saint Vincent de Paul, signes de la pauvreté de la Crèche et de la Croix, mais à une condition : que notre générosité ne se réduise pas à un simple engagement humanitaire. « Quand je distribuerais tous mes biens aux pauvres, si je n’ai pas la charité, cela ne sert de rien » (1Co 13, 3). Pour que le signe sensible devienne significatif du Christ, il doit être mû par la grâce.

Dieu peut-Il intervenir directement dans notre vie ?
Bien sûr ! Par exemple une rencontre improbable qui change le cours de ma vie et ouvre des portes inattendues, sans volontarisme de ma part, ou une certitude intérieure qui s’impose et se répète pour lancer une initiative assez réaliste pour ne pas être le fruit de l’illusion.

Comment discerner l’authenticité des signes de Dieu ?
La marque de Dieu se reconnaît à ses fruits (Gal 5, 22). Mais on ne peut être juge et partie, c’est pourquoi il est important d’être confirmé. Saint Jean de la Croix y voit trois raisons : vérifier la conformité des signes avec la parole de Dieu, s’en remettre à un autre pour ne pas s’habituer « à la voie des sens » qui ne durera pas, et pour que « l’âme demeure dans l’humilité, la dépendance et la mortification ». En cheminant par nous-même, nous pourrions nous enorgueillir d’être privilégié par des signes. Un piège spirituel redoutable.

Peut-on se tromper à ce point ?
Si le cœur n’a pas été éduqué aux vertus cardinales, purifié par l’exercice des vertus théologales, nourri par la parole de Dieu et la pratique des sacrements, il risque d’être assujetti par ses passions, victime de carences affectives, prisonnier de systèmes compensatoires. Ce sont des désordres qui nuisent à l’exercice de la liberté et peuvent pervertir les signes de Dieu, en se les appropriant à sa guise, au lieu de se laisser conduire avec confiance. C’est là que tout se joue. Mais le Démon peut brouiller les signes, parasiter leur signification.

Lors des tentations du Christ au désert (Lc 4, 1-13), le Démon demande des signes – prodigieux, spectaculaires, éclatants -, qui nient le réalisme de la condition humaine et exalte la toute-puissance. Afin de détourner le Christ de son incarnation et de sa mission. Et nous-mêmes, lorsque nous allons au désert, par attraction de la prière ou dans une solitude subie, nous ne sommes pas à l’abri de ces tentations. Le désert est l’espace des mirages, l’imaginaire s’y développe sans butoirs, jusqu’à nous faire tomber dans l’orgueil ou le désespoir si nous ne sommes pas dans une attitude d’adoration. Attitude où la créature se reconnaît finie, pécheresse et dépendante de son Créateur.

Faut-il attendre les signes de Dieu, ou faut-il les Lui demander ?
On peut Lui en demander, mais en humilité de cœur et pauvreté d’esprit. Car Dieu n’enverra pas nécessairement le signe que nous attendons. Ou plus probablement, sa réponse sera si surabondante qu’elle creusera en nous la conscience de notre extrême petitesse devant sa grandeur infinie. Dans sa divine pédagogie, Dieu nous mène doucement et fermement, Il purifie notre cœur avide et notre esprit aveugle qui veulent « mettre la main » sur ses grâces, comme saint Pierre voulait planter sa tente sur le mont Thabor devant le Christ transfiguré.

Dieu nous appelle à quitter les gras pâturages de la plaine pour monter vers des cimes plus arides mais plus pures, en nous délestant peu à peu de tout ce qui entrave notre union à Lui. Ainsi, tous les saints ont connu des nuits spirituelles, que ce soit la nuit des sens, la nuit de l’esprit, la nuit de la foi. On le sait, à la fin de sa vie, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus allait jusqu’à se demander si le Ciel existait !

Faut-il donc renoncer aux signes sensibles ?
Oui, mais avec prudence. Quand nous en avons la grâce, ces signes « sont une voie par où Dieu [nous] mène, il n’y a pas lieu de le dédaigner », rassure saint Jean de la Croix. Il serait donc présomptueux de les dénier mais aussi dangereux de s’y attacher ou de les rechercher pour eux-mêmes. « Je t’ai déjà tout dit dans ma Parole qui est mon Fils, je n’ai maintenant plus rien à te révéler ou à te répondre qui soit plus que Lui », peut-on lire dans La Montée du Carmel du même Jean de la Croix. Dans l’Ancienne Alliance, « il convenait aux prophètes et aux prêtres de désirer des visions et des révélations divines », continue le docteur de l’Église, car « la foi n’était pas encore fondée ni la loi évangélique établie. Mais dans le mystère de l’Incarnation, tout est dit, tout est donné. Il nous a tout dit à la fois et d’un seul coup en cette Parole ; Il n’a donc plus à parler ».

La sainteté se passe-t-elle donc de signes ?
« Devant Dieu, une seule action, un seul acte de volonté fait par charité, a plus de prix que toutes les visions, révélations ou communications qui peuvent venir du Ciel », précise saint Jean de la Croix. L’Église nous dispense les signes dont nous avons besoin, mais le Christ attend notre réponse de foi, libre et sûre, pour hâter son retour. « Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-Il la foi sur terre ? » (Mt 18, 8).

Propos recueillis par Maryvonne Gasse

29. sept., 2022

"Le secret de la vie des saints est la familiarité et la confiance en Dieu", a insisté le pape François lors de l'audience générale du 28 septembre. À travers une anecdote, il a incité les chrétiens à vivre la "prière du ‘Ciao !’", une prière de proximité affective avec le Seigneur, "comme un ami parle à un ami".

Après avoir interrompu son cycle d’enseignements en raison de son déplacement au Kazakhstan, le pape François a repris sa catéchèse ce mercredi 28 septembre sur le thème du discernement en se concentrant sur la prière, « une aide indispensable au discernement spirituel ». Elle permet selon lui d’ « entrer dans l’intimité avec le Seigneur, avec une spontanéité affectueuse ».

C’est d’ailleurs pour François « le secret » des saints que d’avoir su vivre une « familiarité » avec Dieu. Une expérience qui permet de reconnaître « toujours plus facilement » ce qui lui est agréable. À de nombreuses reprises, le Pape a précisé que cette proximité ne pouvait naître des prières répétées à la façon des « perroquets », mais bien d’une expérience intime et quotidienne avec le Seigneur.

Avoir une familiarité avec Dieu
Lâchant régulièrement les feuilles de son discours, le Pape a alors raconté avoir connu un vieux frère religieux qui était le concierge d’un collège. « Chaque fois qu’il le pouvait, il s’approchait de la chapelle, regardait l’autel et disait ‘Ciao’. Parce qu’il avait une proximité avec Jésus. Lui n’avait pas besoin de dire : ‘blah, blah, blah’… Non ! Juste ‘Ciao ! Je te suis proche et tu es proche de moi’. C’est le rapport que nous devons avoir dans la prière », a confié le Pape, « une proximité affective, comme des frères ».

François a demandé aux fidèles d’aller de l’avant avec cette manière de prier. « Appelons-la ‘la prière du Ciao !’ », a-t-il proposé, précisant qu’elle était une manière de « saluer le Seigneur avec le cœur » et qu’elle consistait à le prier avec peu de paroles mais des gestes et des bonnes œuvres.

"Ceux qui s’éloignent du Seigneur ne sont jamais satisfaits".

Dans sa catéchèse, l’évêque de Rome a assuré que cette familiarité avec Dieu permettait de vaincre « la crainte ou le doute que sa volonté ne soit pas pour notre bien, une tentation qui traverse parfois nos pensées et rend le cœur agité et incertain ».

Il a d’ailleurs reconnu que beaucoup de gens, même parmi les chrétiens, « doutent que Jésus veuille notre bonheur ». Plus encore : « Certains craignent même que prendre au sérieux sa proposition signifie ruiner sa vie, mortifier nos désirs, nos aspirations les plus fortes […]. Que, en somme, il ne nous aime pas vraiment ».

Mais le Pape a assuré que Dieu laisse toujours l’homme libre de ses choix, que « Jésus ne nous contraint jamais à le suivre ». Citant les paroles de saint John Henry Newman, il a ajouté que, certes, « le discernement n’est pas facile, car les apparences sont trompeuses, mais la familiarité avec Dieu peut doucement dissiper les doutes et les craintes, rendant notre vie toujours plus réceptive à sa ‘douce lumière’ ». Et d’insister : « Ceux qui s’éloignent du Seigneur ne sont jamais satisfaits, même s’ils ont à leur disposition une abondance de biens et de possibilités ».

I.Media

26. sept., 2022

Un chrétien ne communie jamais isolément. Il contribue à bâtir, par l’Eucharistie, l’unité des croyants. À la messe, nous pouvons accompagner spirituellement au banquet pascal nos amis absents et communier en leur compagnie, comme un cadeau que nous leur faisons.

Àvoir la manière dont un chrétien se recueille après avoir communié au pain eucharistique, un regard extérieur pourrait penser que la messe est une dévotion éminemment individuelle et strictement privée : « Moi et mon Dieu », pour parler comme saint John Henry Newman. Heureusement, il n’en est rien. Loin de favoriser la tendance trop marquée au repli sur soi que nous constatons dans nos sociétés contemporaines, la participation à l’Eucharistie exorcise au contraire le maléfice de l’isolement.

Avec l’Eucharistie, Jésus a édifié un peuple
En venant dans le monde et en prenant notre nature, le Fils du Père n’est pas resté tout seul avec son individualité. En se faisant homme, il nous a tous portés et s’est identifié à chacun de nous. Aussi, en communiant à son corps eucharistique, le chrétien s’agrège-t-il à toute cette humanité que Jésus a assumée. En retour, en demeurant en nous sacramentellement, le Christ nous unit, en lui, les uns avec les autres. Communier aboutit de la sorte à faire grandir le Corps de l’Église. D’un côté, recevoir le corps eucharistique du Seigneur est l’acte le plus personnel que l’on puisse poser parce que, par lui, nous demeurons en Jésus et Jésus demeure en nous : quel profond mystère que celui par lequel le chrétien ne fait plus qu’un avec le Dieu-homme ! Toutefois, d’un autre côté, la finalité principale de l’Eucharistie consiste à bâtir l’Église de manière à ce que tous les hommes ne fassent plus qu’un entre eux et qu’ainsi ils participent à l’unité d’amour qui constitue l’Être divin de la Trinité : la communion du Père, du Fils et de l’Esprit. Voilà pourquoi le chrétien ne communie jamais isolément.

La confidence de Thérèse de Lisieux
L’Eucharistie bâtit la communauté. Cependant, avant même que cet effet ne se produise, ce n’est jamais en tant que personne seule que le chrétien reçoit Jésus à la messe. En effet, l’homme ne se construit jamais à partir de rien. Il est le fils de toute une ascendance charnelle et spirituelle. Nous sommes constitués de toutes celles et de tous ceux qui nous ont précédés. C’est la raison pour laquelle nous pouvons, en nous avançant vers la table eucharistique, faire communier à travers nous (même si c’est sous une forme différente et amoindrie de la communion sacramentelle) les personnes qui nous sont chères et qui ne sont plus de ce monde : elles représentent une partie de nous-mêmes. À ce titre, rien n’empêche de les amener au banquet pascal dont le Jésus est la puissante invitante, ou bien de les retrouver dans le Ressuscité qui remplit l’univers.

"En communiant, nous recevons en plénitude l’Esprit saint qui est à la fois le baiser d’amour du Père et du Fils et l’âme de l’Église".

Écoutons à ce propos ce que qu’écrivait sainte Thérèse de Lisieux à propos de sa première communion et de l’absence de sa mère décédée quelques années plus tôt : « Oh ! non, l’absence de maman ne me faisait pas de peine le jour de ma première communion, le ciel n’était-il pas dans mon âme, et maman n’y avait-elle pas pris place depuis longtemps ? Ainsi, en recevant la visite de Jésus, je recevais aussi celle de ma mère chérie qui me bénissait, se réjouissant de mon bonheur » (Manuscrit A 35).

Se souvenir de nos bienfaiteurs à la table eucharistique
La messe est principe d’unité des croyants avec Jésus, d’unité les uns avec les autres, et ainsi principe d’unité avec la Trinité, parce qu’on ne peut pas faire un avec le Fils sans faire un, aussi, avec le Père et l’Esprit qui sont tous les Trois un seul Dieu. En communiant, nous recevons en plénitude l’Esprit saint qui est à la fois le baiser d’amour du Père et du Fils et l’âme de l’Église. Rien de moins « privé » que la communion ! En créant le monde, Dieu avait pour but de rassembler l’humanité en son Fils. Si bien qu’en Jésus ressuscité subsistent les fidèles défunts qui nous ont précédés, tous ceux que nous avons aimés, qui nous ont aimés et nous ont portés d’une façon ou d’une autre. De plus, comme l’amour concerne aussi les vivants, il nous est également loisible, à la messe, de prendre spirituellement avec nous les êtres que nous affectionnions mais qui ne fréquentent pas l’Église ou qui ne croient pas. Eux aussi nous constituent d’une certaine façon et font partie de notre être parce que l’homme est un être relationnel, une personne. Or, l’Église est la communauté au sein de laquelle cet amour pour nos frères et sœurs est appelé à grandir et à se manifester.

"Uni à Jésus, non seulement nous serons en mesure de présenter nos prières à Dieu en faveur de nos amis, mais nous pourrons demander également que les mérites du Christ leur soient appliqués".

S’il n’est pas question de baptiser nos frères contre leur gré, il n’est pas interdit en revanche de s’avancer vers la table eucharistique avec la louable intention de les « représenter », de les rendre présents en notre personne, devant l’autel de Dieu. Uni à Jésus, non seulement nous serons en mesure de présenter nos prières à Dieu en faveur de nos amis, mais nous pourrons demander également que les mérites du Christ leur soient appliqués. Un peu comme si, en marchant du même pas que nous en direction de la table du festin des noces de l’Agneau, à la rencontre du Christ, nos amis offraient eux-mêmes un sacrifice, ou plutôt LE sacrifice. En effet, nos sacrifices n’ont vraiment de valeur qu’unis à celui de Jésus qui leur ôte ce qu’ils ont d’imparfait en leur conférant la pureté d’amour capable de toucher le Cœur du Père.

Amener avec soi les absents à la table eucharistique
Si nous le voulons, il nous est possible de ne pas communier seuls. Dieu a créé le monde afin de réaliser cette communion universelle des hommes entre eux et de nous rendre capables, ainsi unis entre nous et avec son Fils, de Lui offrir notre amour mutuel comme sacrifice et hommage à Sa bonté. Car le meilleur hommage que nous puissions Lui rendre consiste à Le louer en Le remerciant de nous avoir donné la capacité de L’adorer mais aussi celle de nous aimer les uns les autres. Et quel plus cadeau pourrait-on offrir à un ami que celui de l’amener avec soi au banquet des noces de l’Agneau, en le prenant spirituellement avec nous au moment de communier au Corps eucharistique ?

Il ne dépend que de nous d’inviter tous les absents, décédés ou encore vivants, à la table eucharistique où nous nous rendons, pour notre part, en chair et en os lorsque nous participons à la messe. Jésus se fera un plaisir de les recevoir. Parfois, ce sont même nos chers défunts qui nous y accueilleront, comme ce fut le cas pour la maman de Thérèse de Lisieux le jour de sa première communion. Non, décidément, l’Eucharistie n’est pas une dévotion individuelle mais plutôt un mystère éminemment communautaire !

Jean-Michel Castaing 

21. sept., 2022

À l'occasion de la Journée internationale de la paix le 21 septembre, découvrez ces conseils de grands saints remplis de justesse et d'actualité, pour faire avancer un peu plus chaque jour vers le bien et la paix.

Si le souhait de contribuer à la paix dans le monde paraît pour la majorité une évidence, il n’est pas toujours facile d’imaginer comment manifester dans nos propres vies que l’amour est l’unique force capable de conduire vers la paix. Parce qu’ils n’ont de cesse de chercher des pistes pour trouver de nouveaux chemins vers la paix, on ne peut être que frappé par l’incroyable justesse des conseils donnés par les grands saints.

Saint Thomas d’Aquin, saint Augustin, Mère Teresa, Jean XXIII, Pier Giorgio Frassati ou encore Jean Paul II, qui avait confié son secret pour la paix dans ce message à l’occasion de la Journée mondiale de la Paix en 2005 : « Quand le bien l’emporte sur le mal, l’amour règne ; et là où règne l’amour, règne aussi la paix ».

Marzena Devoud

"Lorsque nous prions pour la Paix dans le monde,
il suffit de dire : « Que ton règne vienne » !
Car seul le règne de Dieu peut apporter la Paix sur la terre !"

Françoise

19. sept., 2022

Devant la « corruption » ou bien les « politiques injustes » qui persistent dans ce monde, les chrétiens ne doivent ni y prendre part, ni se décourager, ni rester indifférents, a insisté le pape François lors de l’Angélus, le 18 septembre 2022. Les disciples du Christ doivent utiliser avec habileté les biens et l’argent de ce monde, non pour eux-mêmes, mais pour générer "l’amour fraternel" et "l’amitié sociale".

Trois jours après son retour du Kazakhstan, le pape François est apparu ce dimanche 18 septembre à la fenêtre du Palais apostolique à l’occasion de l’Angélus lors duquel il a commenté la parabole de l’intendant malhonnête, cet homme corrupteur qui finit par rétablir sa situation avec ruse et qui reçoit finalement l’éloge de son maître. Il s’agit là d’une parabole « un peu difficile à comprendre », a reconnu le pontife argentin.

Pour le Pape, Jésus souhaite par ce récit provoquer ses disciples en leur enseignant que « ceux qui se déplacent dans l’obscurité, selon certains critères mondains, savent comment se sortir des difficultés [et] être plus malins que les autres ». Et de constater que les chrétiens, eux, sont « parfois endormis » ou bien « naïfs » et ne savent pas prendre l’initiative pour trouver les moyens de s’extraire de difficultés.

"Pour hériter de la vie éternelle, il n’est pas nécessaire d’accumuler les biens."

« Parfois, nous nous laissons gagner par le découragement, ou nous tombons dans la complainte et la victimisation », a-t-il alors déploré. Au contraire, il s’agit d’être « rusés selon l’Evangile », d’être « alertes et attentifs » pour discerner la réalité, d’être « créatifs pour chercher de bonnes solutions ».

Le pape François a alors précisé la façon dont un chrétien pouvait se servir de la richesse du monde. « Pour hériter de la vie éternelle, il n’est pas nécessaire d’accumuler les biens », a-t-il confié. Il ne s’agit donc pas d’utiliser ces biens « pour vous-mêmes et votre égoïsme » mais pour « générer des amitiés, pour créer de bonnes relations, pour agir dans la charité, pour promouvoir la fraternité et pour prendre soin des plus faibles ».

I.Media