4. juin, 2020

Comment vivre la sainteté à l’épreuve du quotidien

Tout le monde est appelé à la sainteté. Mais qu’est-ce que cela implique dans notre vie quotidienne ?

Soyons présents au présent. Dieu nous invite à vivre dans la sainteté ici et maintenant, aujourd’hui, tels que nous sommes, là où nous sommes. Bien sûr, il est important de tenir compte du passé, de nous appuyer dessus pour mieux bâtir le présent, mais il ne serait pas sain de nous y complaire avec nostalgie ou de ruminer nos remords. Rendons grâce pour ce qui a été bon, demandons pardon de nos péchés, jetons tout cela dans le feu de la miséricorde, et soyons attentif à ce qui est plutôt qu’à ce qui fut.

 Même chose pour l’avenir.  Nous risquons toujours de nous enfermer dans l’illusion de lendemains qui chantent en oubliant que demain se prépare aujourd’hui, ou de nous épuiser dans l’angoisse en oubliant que la peur de la croix est pire que la croix elle-même. « Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine »(Mt 6, 34). Ne nous laissons pas prendre aux pièges du Malin, qui cherche à nous détourner de l’aujourd’hui de Dieu. Cherchons la sainteté jour après jour dans les moindres petits détails de notre quotidien !

Donnons la priorité à notre devoir d’état

Un père de famille n’a pas le même devoir d’état qu’un moine, un collégien ou une vieille dame, cependant, chacun d’eux est tenu par des responsabilités liées à son état de vie. Le Seigneur nous demandera peut-être des choses exceptionnelles, comme Il en a demandé parfois à telle ou telle grande figure de l’Église. Mais Il nous demande d’abord d’accomplir nos tâches ordinaires, en les remplissant d’amour.

Faire les devoirs, rédiger un rapport, laver la vaisselle, sortir les poubelles… les chemins de la sainteté passent par là. Lorsqu’une mission, si belle et si enthousiasmante soit-elle, nous détourne de notre devoir d’état, en nous incitant à négliger notre conjoint, nos enfants, nos proches, nos études ou nos obligations professionnelles, nous pouvons en déduire qu’elle ne vient pas de l’Esprit Saint.

Vivons dans la miséricorde

Chercher à réaliser la volonté de Dieu sans vivre dans la miséricorde, c’est risquer à coup sûr l’orgueil, ou le désespoir : si je réussis à faire de belles choses, je finirai par croire que je suis capable de sainteté par moi-même ; si, au contraire, je n’arrive pas à tenir mes bonnes résolutions, je tomberai dans le découragement. Mais de toute façon, je serai loin de la pauvreté de cœur qui rend capable d’accueillir l’amour de Dieu.

Même si la sainteté passe par des actes d’amour concrets, ne perdons pas de vue qu’elle n’est pas l’œuvre des hommes, mais un don gratuit qui vient de Dieu. Vivre dans la miséricorde, cela se traduit quotidiennement par notre capacité à pardonner et à demander pardon, par la bienveillance qui nous empêche de juger nos proches, par la manière dont nous savons reconnaître nos limites et demander de l’aide à autrui, par l’humilité de notre prière : «  Seigneur, prends pitié du pécheur que je suis ! »

Cultivons nos talents

Méfions-nous d’une fausse humilité qui ne serait que le déguisement de notre lâcheté et de notre paresse. Certes, « qui s’abaisse sera élevé » (Lc 14, 11), mais il est parfois bien commode d’aspirer à la dernière place pour se dispenser d’exercer des responsabilités exigeantes et de développer ses richesses. L’humilité, c’est la vérité. C’est voir tous les trésors que Dieu a mis en nous, en nous rappelant qu’Il nous les confie afin de les faire fructifier. Et la sainteté, c’est être là où Dieu nous veut : peu importe que ce soit à la tête d’une grande entreprise ou derrière la caisse d’un grand magasin, du moment que c’est bien la place à laquelle nous sommes appelés. Cherchons le Royaume de Dieu, et tout le reste nous sera donné par surcroît. Orientons nos choix en fonction de notre vocation à la sainteté. Établissons des priorités, notamment en matière éducative : si le but de l’éducation, c’est d’aider nos enfants à devenir des saints, bien des préoccupations deviennent secondaires.

Choisissons « la meilleure part », sans nous agiter pour ce qui n’en vaut pas la peine, ne nous inquiétons pas de ce qui passe, ne mettons pas notre énergie dans des ambitions terrestres : la plupart des problèmes prennent une importance relative lorsqu’on les envisage à la lumière de notre vocation éternelle. Simplifions notre vie en ne désirant qu’une chose : faire la volonté de Dieu.

Christine Ponsard