17. juin, 2020

COMMENT ADORER LE SAINT SACREMENT ?

"En entrant dans la chapelle d’adoration, je laisse mes préoccupations, mes soucis, mes tristesses, (mon téléphone) à la porte. Je viens me plonger dans l’amour de Dieu, car Dieu seul suffit !
Commencez toutes vos adorations par un acte d’amour, et vous ouvrirez délicieusement votre âme à son action divine. C’est parce que vous commencez par vous-mêmes que vous vous arrêtez en chemin ; ou bien, si vous commencez par quelque autre vertu que l’amour, vous faites fausse route. Est-ce que l’enfant n’embrasse pas sa mère avant de lui obéir ? L’amour est la seule porte du cœur… Tant que nous n’aurons pas pour Notre Seigneur au Très Saint-Sacrement un amour de passion, nous n’aurons rien fait… On dit : mais c’est de l’exagération, tout cela. Mais l’amour n’est que de l’exagération ! Exagérer, c’est dépasser la loi. Eh bien, l’amour doit dépasser la loi.
Saint Pierre-Julien Eymard

On n’a pas besoin de tant parler pour bien prier. On sait que le bon Dieu est là, dans le saint Tabernacle. On lui ouvre son cœur, on se complaît en sa présence. C’est la meilleure prière, celle-là.
Saint Curé d’Ars

Que fait Jésus au tabernacle ? Il nous attend.
Saint Curé d’Ars

Lorsque nous sommes devant le Saint-Sacrement, au lieu de regarder autour de nous, fermons nos yeux et notre bouche, ouvrons notre cœur, le Bon Dieu ouvrira le sien ; nous irons à lui, il viendra à nous, l’un pour demander et l’autre pour recevoir. Ce sera comme un souffle de l’un à l’autre.
Saint Curé d’Ars

L’adoration eucharistique, c’est être là, comme une fleur devant son Soleil. Si vous saviez quel est celui qui vous regarde à travers ces voiles… Ne faites rien, n’importe ! Une vertu sortira de lui…
Marie-Thérèse Dubouché

UN ‘COLLOQUE’ AVEC JÉSUS PRÉSENT EN PERSONNE

L’adoration eucharistique a pour objet la divine personne de notre Seigneur Jésus-Christ présent au Très Saint-Sacrement. Il est vivant, il veut que nous lui parlions, il nous parlera. Et ce colloque, qui s’établit entre l’âme et notre Seigneur, c’est la vraie méditation eucharistique, c’est l’adoration. Heureuse l’âme qui sait trouver Jésus en l’Eucharistie, et en l’Eucharistie toutes choses.
Saint Pierre-Julien Eymard

Il faut l’humilité de l’homme pour répondre à l’humilité de Dieu.
Benoît XVI, Au monde de la culture, 2008

Regardez l’heure d’adoration qui vous est échue comme une heure du paradis ; allez-y comme on va au ciel, au banquet divin, et cette heure sera désirée, saluée avec bonheur. Entretenez-en suavement le désir dans votre cœur. Dites-vous «Dans quatre heures, dans deux heures, dans une heure, j’irai à l’audience de grâce et d’amour de Notre-Seigneur : il m’a invité, il m’attend, il me désire ».”Le vrai secret de l’amour est donc de s’oublier comme saint Jean-Baptiste pour exalter et glorifier le Seigneur Jésus. Le vrai amour ne regarde pas ce qu’il donne, mais ce que mérite le Bien-Aimé.
Saint Pierre-Julien Eymard

Dans la sainte Hostie, Jésus en personne nous invite à un rendez-vous d’amour. Sans quitter le ciel, il vient à nous sous les apparences du pain. Là il accomplit sa promesse : “Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde” car “je t’aime d’un amour d’éternité, aussi t’ai-je maintenu ma faveur” (Mt 28, 20, Jr 31, 3).

Dans la sainte Hostie, Jésus nous appelle à demeurer auprès de lui, comme il appelait ses apôtres endormis à Gethsémani : “Ne pouvez-vous pas veiller une heure avec moi ? ” (Mt 26, 40).

L’adoration eucharistique nous fait entrer dans une relation personnelle avec le Christ vivant au Saint-Sacrement. Il s’offre sans cesse au Père et veut nous associer à son offrande. Comme le blé est moulu pour devenir du pain, le Corps de Jésus a été battu, écrasé, broyé pendant sa passion pour devenir le pain vivant. D’une part, il se donne en nourriture. D’autre part, il devient notre compagnon de route. Là, il ne nous laisse jamais seuls, quelles que soient les épreuves que nous traversons : “Je ne vous laisserai pas orphelin, je reviens à vous” (Jn 14, 18). L’adoration eucharistique nous permet de lui témoigner notre gratitude pour le don de lui-même dans la sainte Eucharistie. L’adoration devient union avec le Père lorsque nous approchons le Christ dans la foi et qui nous lui rendons amour pour amour.

La relation entre le petit prince et le renard d’Antoine de Saint-Exupéry peut éclairer notre démarche auprès de Seigneur au Saint-Sacrement…
On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
– Que faut-il faire ? dit le petit prince.
– Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près… Le lendemain revint le petit prince.
– Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures, je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. À quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai ; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur… Il faut des rites !
Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry

La célébration et l’adoration de l’Eucharistie nous permettent de nous approcher de l’amour de Dieu et d’y adhérer personnellement jusqu’à l’union avec le Seigneur bien-aimé.
Benoît XVI, “Sacramentum Caritatis”, 2007

Jésus a deux trônes, un de gloire au Ciel, un autre de douceur et de bonté sur la terre ; deux cours : la cour céleste et triomphante, et la cour de ses rachetés ici-bas.
Saint Pierre Julien Eymard

Par l’adoration eucharistique, nous formons la cour de Jésus sur la terre.

ADORER AVEC LA PAROLE DE DIEU
Pour bien adorer, il faut se rappeler que Jésus-Christ, présent dans l’Eucharistie, y glorifie et y continue les mystères de toutes les vertus de sa vie mortelle. Il faut se rappeler que l’Eucharistie, c’est Jésus Christ, passé, présent et futur ; que l’Eucharistie est le dernier développement de l’incarnation et de la vie mortelle du Seigneur; que Jésus Christ nous y donne toutes les grâces; que toutes les vérités aboutissent à l’Eucharistie, et qu’on a tout dit en disant Eucharistie, puisque c’est Jésus Christ. Que la très Sainte Eucharistie soit donc notre point de départ dans la méditation des mystères, des vertus et des vérités de la religion. Elle est le foyer; ses vérités ne sont que des rayons. Partons du foyer et nous rayonnerons. Quoi de plus simple que de trouver le rapprochement de la naissance de Jésus dans l’étable, avec sa naissance sacramentelle sur l’autel et dans nos cœurs ? Qui ne voit que la vie cachée de Nazareth se continue dans la divine Hostie du tabernacle, et que la Passion de l’Homme-Dieu sur le calvaire se renouvelle au saint Sacrifice à chaque moment de la durée et dans tous les lieux du monde ? Notre Seigneur n’est-il pas doux et humble au sacrement comme pendant sa vie mortelle ? N’est-il pas toujours le bon Pasteur, le Consolateur divin, l’Ami du cœur ? Heureuse l’âme qui sait trouver Jésus en l’Eucharistie, et en l’Eucharistie toutes choses !
Saint Pierre-Julien Eymard, chapitre 1, Tome 1, Divine Eucharistie.

Là donc, au Sacrement, Jésus nous offre le modèle de toutes les vertus. Rien n’est beau comme l’Eucharistie ! Mais, seules, les âmes pieuses qui communient, qui réfléchissent, peuvent le comprendre. Les autres ne comprennent rien. Il est peu de personnes qui pensent aux vertus, à la vie, à l’état de Notre-Seigneur au Saint-Sacrement. On le traite comme une statue; on croit qu’il n’est là que pour nous pardonner et recevoir nos prières. C’est faux. Notre-Seigneur vit et agit: regardez-le, étudiez-le, imitez-le… Si vous lisez l’Évangile, transportez-le en l’Eucharistie, et de l’Eucharistie en vous. Vous avez alors une bien plus grande puissance. L’Évangile s’illumine, et vous avez sous les yeux et réellement la continuation de ce que vous y lisez… « Je suis la voie».
Saint Pierre-Julien Eymard

Il reste au Saint-Sacrement pour que nous puissions rendre à sa personne divine, les mêmes hommages, le même service, le même amour que ses parents et amis lui ont rendu dans sa vie terrestre… En méditant comment Marie, Joseph, les Mages, Marie-Madeleine, Jean, etc… l’ont approché et servi dans l’évangile, nous apprenons comment le rencontrer, l’adorer, le servir aujourd’hui au Saint-Sacrement. Imitons-les dans leur posture, leurs dispositions intérieures, leurs démarches en l’approchant au Saint-Sacrement. Il fera pour nous ce qu’il a fait pour eux dans l’Évangile.

L’Eucharistie est véritablement l’extension de son incarnation : il y achève et complète tous les mystères de sa vie terrestre.
Saint Pierre-Julien Eymard

En ce seul mystère (l’Eucharistie) sont renfermées en singulière abondance des merveilles diverses, toutes les réalités surnaturelles… L’Eucharistie, au témoignage des saints Pères, doit être considérée comme une continuation et une extension de l’Incarnation.
Léon XIII, “Mirae Caritatis”, l’admirable trésor, 1902)

Combien disent : je voudrais voir Sa figure, Ses traits, Sa beauté moins que Ses vêtements… Mais, dans l’Eucharistie, c’est lui-même que vous voyez, lui-même que vous touchez, lui-même que vous mangez. Pensez-y et adorez, car c’est le même qui est aux Cieux et que les anges adorent !
Saint Jean Chrysostome (344-407), Homélie sur saint Matthieu, 82, 4"