25. sept., 2020

Le principe de subsidiarité, un remède à la crise selon le pape François

Devant plusieurs centaines de personnes, le pape François a poursuivi son cycle de catéchèses sur les conséquences de la pandémie de la Covid-19 dans la cour Saint-Damase (Vatican), ce mercredi 23 septembre. Après avoir évoqué le thème de la solidarité dans une catéchèse précédente, il a choisi de traiter du principe de subsidiarité.

« Sortir de cette crise ne signifie pas mettre un coup de pinceau à la situation actuelle pour qu’elle soit visible sous un meilleur jour », a insisté le chef de l’Église catholique. « Pour mieux sortir d’une crise, le principe de subsidiarité doit être appliqué », a-t-il ajouté, constatant que le « manque de respect du principe de subsidiarité s’est diffusé comme un virus » lors de la crise de la Covid-19.

Le successeur de Pierre a assuré que « l’autonomie et la capacité d’initiative de tous, en particulier des derniers », doivent être respectées. Sortant de ses notes, il a mis en garde : « ou nous travaillons tous ensemble pour sortir de cette crise à tous les niveaux de la société, ou nous ne sortirons jamais de cette crise ».

Les grandes compagnies davantage écoutées que les agents de santé

Or, le Souverain pontife a par exemple relevé que le monde avait davantage écouté « les grandes compagnies pharmaceutiques » durant la crise que « les soignants, engagés en première ligne dans les hôpitaux ou dans les camps de réfugiés ». Ce sont aussi des personnes à prendre en compte, a affirmé le 266e pape. Cela n’a pas été assez le cas selon lui et « ce n’est pas une bonne voie ».

Se plaçant dans le sillage du pape Pie XI qui « expliqua combien le principe de subsidiarité était important pour une vraie reconstruction » après la grande dépression de 1929, le pape François a rappelé que ce principe avait « un double dynamisme : du haut vers le bas et du bas vers le haut ». « En parlant en langage courant : on entend plus les puissants que les faibles chaque jour. Cela n’est pas le chemin humain, ce n’est pas le chemin que nous a enseigné Jésus ».

Le « double dynamisme » de la subsidiarité

Ainsi l’évêque de Rome a souligné que lorsque « les personnes individuelles, les familles, les petites associations ou les communautés locales ne sont pas en mesure d’atteindre les objectifs primaires, il est alors juste qu’interviennent les niveaux plus élevés du corps social, comme l’État ». Il a appelé à écouter la « sagesse du peuple. »

Mais « les sommets de la société doivent respecter et promouvoir les niveaux intermédiaires ou mineurs », prévient le pape François qui détaille : « la contribution des individus, des familles, des associations, des entreprises, de tous les corps intermédiaires et également des Églises est décisive ».

Riches et pauvres, ensemble

Ceux-ci, avec leurs ressources culturelles, religieuses, économiques ou de participation civique, revitalisent et renforcent le corps social. En clair, pour le Souverain pontife : « chacun doit avoir la possibilité d’assumer sa propre responsabilité dans les processus de guérison de la société dont il fait partie ».

Enfin, le Primat d’Italie a rappelé que le « chemin de solidarité a besoin de la subsidiarité ». « Il n’y a pas de vraie solidarité sans participation sociale, sans la contribution des corps intermédiaires », a-t-il insisté : « Qu’il est beau de voir le travail de tous les volontaires dans cette crise qui viennent de tous les milieux sociaux, des familles les plus aisées comme des familles les plus pauvres, ensemble, qui font preuve de solidarité et de subsidiarité ».