19. oct., 2020

Le combat spirituel, la clef pour obtenir la paix intérieure

L’ouvrage de Joël Guibert, prêtre animant de nombreuses retraites spirituelles, débute par un singulier paradoxe. Suivant l’ancien adage romain « Si vis pacem, para bellum », Si tu veux la paix, prépare la guerrec’est pour lui, avant tout, par le combat spirituel que le fidèle gagnera la paix intérieure. Une guerre sans merci, personnelle et intérieure, menée au doute, à la peur et aux tourbillons infernaux de la dépression. Pour cela, l’auteur engage tout à chacun à se doter d’un véritable arsenal, un arsenal devant être établi par chacun d’entre nous à l’image d’un soldat d’élite, ainsi que le rappelait déjà saint Paul dans sa Lettre aux Éphésiens (6, 11) :

La lutte contre le Tentateur…

Joël Guibert ne livre pas avec cet ouvrage une somme théologique abstraite, mais bien un véritable vade-mecum précieux ou aide-spirituelle plus que nécessaire en ces temps d’incertitudes et de doutes. L’hyperconsommation, les sollicitations continuelles des médias et objets connectés, la dissolution des liens sociaux et familiaux, tout contribue, en effet, en ces derniers temps difficiles à la fragilité par laquelle s’immisce l’action insidieuse de l’Adversaire. Car dans ce livre pratique, Joël Guibert ne tourne pas en rond et nomme un chat, un chat ! C’est bien par le doute que s’introduit le mal. Aussi est-ce contre le Tentateur, Diable et autres dénominations que ce combat doit être mené, la pire victoire de ce dernier étant de persuader tout à chacun qu’il n’existe pas et qu’il s’agit là de peurs de bigotes effarouchées… « Le diable et sa bande sont des êtres réels, des anges créés bons mais devenus mauvais suite à leur révolte définitive contre Dieu », insiste Joël Guibert. Il est vrai que depuis quelques décennies il n’était plus de bon ton d’en parler, laissant au doute une certaine aura de fatalité… L’auteur loin de s’effaroucher entend, pour sa part, l’affronter et fournir aux fidèles un guide intérieur pratique et efficace.

Un guide éclairé pour une croissance intérieure

C’est, en effet, une véritable méthode pratique qui se trouve proposée par l’auteur afin de « mener le bon combat », ainsi que le nomme saint Paul. C’est avant tout par un véritable « Oui à la vie » que toute action doit être menée et commencée, abandonnant toutes les négations qui jalonnent et encombrent notre quotidien. Plus facile à dire qu’à faire, direz-vous ? Joël Guibert n’est pas un prêtre accompagnateur béat, lui qui accompagne au quotidien un grand nombre de personnes blessées dans leur chair ou leur âme, il sait combien la souffrance amène à subir sa vie, et c’est à cette soumission qu’il s’agit pour lui de remédier. Comment ? Grâce à une « mentalité eucharistique » détaillée par l’auteur et qui passe par la gratitude et le pardon. Savoir dire « merci » et « pardon » permet de rompre la spirale infernale, une attitude que l’on retrouve dans un grand nombre de spiritualités millénaires et que notre époque « selfique » a pourtant tendance à oublier…

« L’oubli de soi »…

Se décentrer justement, oublier quelques instants cet éternel reflet de soi dans le miroir, permettra à l’image du Christ sur la Croix de ne plus vivre pour soi-même, mais en une relation aux autres et à Dieu. Lutter contre les pensées toxiques et mener une ascèse en forme de délestage, Joël Guibert propose dans cet ouvrage un véritable arsenal pratique pour purifier son esprit, s’écarter suffisamment de la consommation effrénée afin de retrouver la distinction entre plaisir et bonheur. Mais, pour mener ce combat, il ne faut pas être seul, souligne encore l’auteur, au risque de tomber dans les nombreuses trappes qui jalonnent ce chemin périlleux. Être à l’écoute du l’Esprit saint, redécouvrir la sagesse de l’Église, rechercher un père spirituel, sans oublier l’aide incontournable de Marie et des anges, nombreuses sont les pistes dévoilées par cet ouvrage stimulant qui devrait être en bonne place parmi les livres de chevet du chrétien en recherche de paix spirituelle.