13. sept., 2021

La touchante lettre de la vénérable Maria Cristina Mocellin à son fils

"Il n'est pas de souffrance au monde qui ne vaille la peine d'être endurée pour un enfant". Dans une lettre poignante, Maria Cristina Cella Mocellin, déclarée vénérable le 30 août dernier, affirme son choix de refuser le traitement de chimiothérapie pour ne pas mettre en danger l’enfant qu’elle portait.


Enceinte de son troisième enfant à l’âge de 25 ans, Maria Cristina Cella Mocellin est atteinte d’un sarcome à la jambe, un cancer qui récidive pour la deuxième fois. Afin de préserver la vie de son enfant, en accord avec son époux, elle refuse la chimiothérapie qui pourrait la sauver. Elle décède le 22 octobre 1995, à 26 ans, après avoir donné naissance à Riccardo en juillet 1994. La lettre qu’elle écrit à l’attention de son troisième fils témoigne de l’exercice des vertus de manière héroïque :

Cher Riccardo,

Sache que tu n’es pas ici par hasard. Le Seigneur voulait que tu naisses malgré tous les problèmes qu’il y avait. Papa et maman, comme tu peux le comprendre, n’étaient pas très heureux à l’idée d’attendre un autre enfant, car Francesco et Lucia étaient encore très jeunes. Mais quand nous avons su que tu étais là, nous t’avons aimé et nous te souhaitions de toutes nos forces. Je me souviens du jour où le médecin a diagnostiqué une nouvelle tumeur à l’aine. Ma réaction a été de répéter plusieurs fois : « Je suis enceinte ! Je suis enceinte! Mais je suis enceinte, docteur! »


Pour faire face à la peur qui nous a étreints à ce moment-là, on nous a donné une volonté illimitée de t’avoir. J’ai résisté à t’abandonner de toutes mes forces, à tel point que le médecin a compris et n’a rien dit de plus. Riccardo, tu es un cadeau pour nous. C’est cette nuit-là, dans la voiture de retour de l’hôpital, que tu as bougé pour la première fois. J’avais l’impression que tu disais « Merci maman de m’aimer ! » Et comment ne pas t’aimer ? Tu es précieux, et quand je te regarde et te vois si beau, éveillé, gentil, je pense qu’il n’est pas de souffrance au monde qui ne vaille la peine d’être endurée pour un enfant.
Le Seigneur a voulu nous combler de joie : nous avons trois merveilleux enfants, qui, s’il le veut, avec sa grâce, pourront grandir comme il le veut. Je ne peux que remercier Dieu, car il a voulu nous faire ce grand cadeau que sont nos enfants. Lui seul sait comment nous les aimerions davantage, mais pour l’instant c’est vraiment impossible. Merci mon Seigneur.

 Mathilde de Robien