15. sept., 2021

Les sept grâces à recueillir des sept douleurs de Notre-Dame

La fête de Notre-Dame des Douleurs, le 15 septembre, nous invite à méditer les sept douleurs de la Vierge et les fruits que nous pouvons tirer de chacune d'entre elles.


Au lendemain de la fête de la Croix glorieuse, l’Église célèbre la compassion de Marie au pied de la croix : Notre Dame des sept douleurs. Marie ne souffrit pas seulement avec son fils crucifié, mais tout au long de sa vie, elle s’unit avec lui à la peine des hommes pour leur rédemption. Les « sept douleurs » font référence à sept événements particuliers, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus.

1- La prophétie de Syméon : le courage
Le jour de la présentation de Jésus au temple de Jérusalem, le vieillard qui le reçut dans ses bras prophétisa à sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction — et toi même, un glaive te transpercera l’âme ! » Par cette première douleur, le chrétien demande à Dieu la force de regarder la réalité en face sans perdre courage et de conserver la paix de l’âme dans les moments critiques.

2- La fuite en Égypte : le désir du Ciel
Marie et Joseph sont obligés de s’exiler en toute hâte pour échapper aux tueurs d’Hérode qui recherchent l’Enfant. Le fruit à demander à l’Esprit, par cette seconde douleur, est de comprendre que nous n’avons pas ici-bas de demeure permanente et que notre patrie définitive est aux cieux (Ph 3,20).

3- La perte de Jésus au Temple : la consolation
Jésus est resté à Jérusalem lors de la fête de Pâques, tandis que ses parents rentraient à Nazareth. S’apercevant de son absence dans le caravansérail des pèlerins, ils se mettent à le chercher avec une angoisse mortelle. La grâce liée à cette troisième douleur consiste dans le réconfort à demander à Marie quand notre âme est désolée de ne plus sentir la présence de Jésus en elle. La Vierge nous enseigne alors que la nuit de la foi n’est pas la perte de la grâce.

4- La rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire : la patience dans les épreuves
Le fruit de cette douleur est la patience dans les épreuves, ainsi que la pleine compréhension de notre coopération à la Rédemption du monde lorsque nous portons nos croix, grandes ou petites, héroïques ou plus ternes, en union avec Jésus.

5- La mort de Jésus : le renoncement au péché
Sur le Calvaire, Marie est clouée spirituellement à la croix avec Jésus. En la contemplant dans cet état, le croyant est appelé à s’ausculter lui-même afin de renoncer au péché qui a conduit à ce résultat paradoxal : les deux êtres les plus aimants qui parurent jamais sur terre furent aussi ceux qui souffrirent le plus de la main des hommes ! Et de cet effet pitoyable, nul ne peut se déclarer quitte.

6- Le coup de lance et la descente de la croix : l’entrée dans le cœur de Jésus
Jésus est mort. C’est donc sa mère qui reçoit le coup de lance du soldat qui ouvre le cœur de son Fils. La douleur est pour elle. Puis, elle recueille le corps inerte de son Fils supplicié. Par cette douleur, la grâce à demander à la Vierge est de pouvoir entrer dans le Cœur de Jésus que la lance a ouvert, mais aussi la résolution de ne plus la faire souffrir par nos péchés, causes de la mort de Celui qu’elle aime plus qu’elle-même. À cet égard, on se souviendra avec profit que le Père ne refuse aucune prière formulée par la mère de son Fils au nom des douleurs qu’elle endura durant la Passion.

7- L’ensevelissement de Jésus : la force de pardonner
Jésus était toute la vie de Marie. Elle le perd. La grâce à demander par cette ultime douleur est de quitter les fausses lumières du monde pour être caché avec le Christ en Dieu. Accompagnée de Jean, Marie rentre chez elle. Là, tout lui parle de Jésus. Cependant, elle n’a pas renoncé à aimer les hommes. Dans la septième douleur, le croyant puise la foi dans le pardon de ses fautes de la part de Dieu, mais aussi la force de pardonner à son tour comme le Fils et la Mère pardonnèrent aux bourreaux du Golgotha, la force de rendre le bien pour le mal. Et enfin la certitude que la Vierge l’invite dorénavant à se confier à elle pour le conduire à son Fils, comme saint Jean la reçut pour sa mère et confidente au Calvaire.

Jean-Michel Castaing