20. oct., 2021

Les questions du Pape pour mesurer son espérance

« Soyez des disciples missionnaires », exhorte le Pape en vue de la journée mondiale des missions le 24 octobre prochain. Pour le Saint Père, l’évangélisation passe par cinq dispositions du cœur : la compassion, l’espérance, la fraternité, la rencontre et la joie. En cette semaine missionnaire, Aleteia propose de courts examens de conscience, à l’aune des réflexions du Pape, afin d’évaluer son ardeur missionnaire. Aujourd’hui, l’espérance. (2/5)

Après la compassion, la deuxième « marque de fabrique » du disciple missionnaire, selon le pape François, est l’espérance. Etre missionnaire d’espérance, c’est rappeler que personne ne se sauve tout seul. « Dans le contexte actuel, il y a un besoin urgent de missionnaires d’espérance qui, oints par le Seigneur, soient capables de rappeler prophétiquement que personne ne se sauve tout seul », exhorte le Pape dans son message pour la journée mondiale des missions 2021. En effet, pour les chrétiens, le salut vient de Dieu. « Le début de la foi, c’est de savoir qu’on a besoin de salut », avait-il déclaré avant la bénédiction « Urbi et Orbi » le 27 mars 2020. « Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons naufrage : nous avons besoin du Seigneur, comme les anciens navigateurs, des étoiles. Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais. »

L’apôtre missionnaire se doit de faire connaître au monde entier ce Christ qui sauve et qui apaise. « Nous devons à nos frères l’annonce du Christ », précise en ce sens Mgr  Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes et directeur national des OPM France. « Si nous avons reçu gratuitement et abondamment la foi, le pardon et l’espérance comment ne pas, à notre tour, nous faire missionnaires de cette foi, de ce pardon, de cette espérance ? ». Une espérance qui « vient de Dieu » et « place dans nos cœurs la certitude que Dieu sait tout transformer en bien, car même du tombeau il fait sortir la vie », dit le Pape.

Ai-je invité Jésus dans la barque de ma vie ?

Ai-je la certitude que Dieu sait tirer un bien de tout mal ?

La Bible est remplie d’espoir. Lors d’une audience générale en décembre 2018, le Pape donne l’exemple d’Abraham. Abraham « espérait contre toute espérance » (Rm 4, 18). Au lieu de demander le fils promis qui n’est pas venu, Abraham « se tourne vers Dieu pour l’aider à continuer à espérer ». C’est curieux, remarque le Saint Père, il n’a pas demandé un fils ! Il a demandé : « Aidez-moi à continuer d’espérer, la prière de l’espoir… Il n’y a rien de plus beau. L’espoir ne déçoit pas ». L’espérance est « un don de Dieu, nous devons la demander. Tout seul, nous n’y arriverons pas », précise-t-il encore dans son livre Vices et vertus.

A l’instar d’Abraham, est-ce que j’espère contre toute espérance ?

Au lieu de désespérer, de me morfondre, ai-je pensé à demander au Seigneur de m’aider à continuer à espérer ?

À l’opposé de l’espérance se trouve le désespoir. « Le désespoir tue tout, tout… Il est en soi un suicide », affirme encore le Pape dans son ouvrage. « La personne désespérée va jusqu’à remettre Dieu en question ». Le désespoir peut prendre plusieurs formes, dont celle du besoin matériel et celle de la résignation. L’espérance sauve dans la mesure où elle donne un sens à la vie. « C’est un cadeau pour aller de l’avant, pour regarder, pour faire tout fructifier, pour agir, pour tolérer, pour savoir souffrir ».

En quoi mon espérance me fait-elle aller de l’avant ?

En quoi donne-t-elle un sens à ma vie ?

Mathilde de Robien