20. nov., 2021

Peut-on bénir tout et n’importe quoi ?

Les bénédictions font partie de la vie de l’Église, elles sont un rappel des bienfaits de Dieu. Les prêtres bénissent des personnes, des lieux, des objets... Tour d’horizon des « règles » à respecter.

Peut-être portez-vous la médaille qui a été bénie le jour de votre baptême. Ou avez-vous un chapelet ou dizenier qui a été béni lors d’un pèlerinage… Peut-être encore avez-vous fait bénir votre voiture ou votre maison. Mais qu’est-ce que cela signifie vraiment ?

La bénédiction, un rappel des bienfaits de Dieu

Bénir vient du latin bene dicere, « dire du bien ». On peut donc dire qu’aux premiers jours de la création, quand « Dieu vit que cela était bon », Dieu dit du bien de sa création, et donc, il la bénit. Dans l’Ancien Testament, Dieu bénit Abraham par l’intermédiaire de Melchisédech (Gn 14-19-20) et au Livre des Nombres (Nb 6, 24-26) Dieu confie à Aaron la bénédiction des Lévites, que les Juifs et les Chrétiens ont conservée. La bénédiction n’est pas non plus réservée aux prêtres : ainsi, Isaac donne sa bénédiction paternelle (Gn 27, 27). Dans les évangiles, Jésus prononce une bénédiction avant les repas, selon la tradition juive (Mt 14, 19, 26, 26, Lc 9, 16).

Cette bénédiction, Dieu ne l’a pas retirée à l’homme, même après le péché originel. Jésus-Christ, par sa mort et sa résurrection, a détruit la malédiction que l’homme s’était attirée par sa faute au jardin d’Éden. Il a répandu sur nous une bénédiction qui nous sanctifie. Ainsi a commencé notre « justification » : grâce au Christ, nous devenons des saints.

Mais notre sanctification n’est pas acquise : c’est l’Esprit saint qui agit en nous pour nous rendre de plus en plus saints. Il le fait grâce aux sacrements, mais aussi par les sacramentaux, c’est-à-dire « les signes sacrés institués par l’Église dont le but est de préparer les hommes à recevoir le fruit des sacrements et de sanctifier les différentes circonstances de la vie » (Catéchisme de l’Église catholique n°1677). Les bénédictions font partie de ces sacramentaux. Concrètement, la bénédiction est un rappel des bienfaits de Dieu : c’est pourquoi elle comporte toujours « la louange de Dieu pour ses œuvres et ses dons, et l’intercession de l’Église afin que les hommes puissent faire usage des dons de Dieu selon l’esprit de l’Évangile ».

Que peut-on bénir ?

L’Église peut bénir des personnes (familles, malades, missionnaires, catéchistes, associations, pèlerins…), des animaux, des lieux (lieux de travail, champs, locaux d’associations, séminaires…) et des objets (instruments de travail, véhicules, installations techniques, objets de piété…). Attention, un lieu ou un objet bénit ne doit pas faire objet de superstition : l’Église rappelle que ces bénédictions ont pour but la sanctification des personnes qui en feront usage. Ainsi, on ne peut bénir un objet qui aura pour but de désobéir aux commandements de Dieu (par exemple une arme à feu, ou leurs cartouches).

Qui peut bénir ?

La bénédiction relève du sacerdoce commun des baptisés : c’est-à-dire qu’en l’absence d’un prêtre, certaines bénédictions (qui ne concernent ni le diocèse, ni la paroisse, ni la communauté, ni les objets) peuvent être prononcées par des laïcs. Mais quand un prêtre est présent, c’est lui qui doit présider la cérémonie. Dans ce cas, lui seul est autorisé à faire un signe de croix au-dessus des objets ou des personnes, à imposer les mains, et à étendre les mains pendant la prière. Si c’est un laïc qui préside, il garde les mains jointes pendant la cérémonie.

Avec qui ?

Puisque la bénédiction est une action liturgique, il est préférable qu’elle ait lieu dans un cadre communautaire : dans certains cas, c’est même requis. L’Église recommande qu’elle ait lieu en présence d’au moins un fidèle.

Quelle est la structure ?

Une bénédiction commence traditionnellement par une lecture de la parole de Dieu. Elle se poursuit par une prière de louange et une demande d’intercession. Chaque bénédiction comporte un rite long et un rite bref, que l’on peut employer selon la solennité qu’on désire donner à la cérémonie.

Isabelle Cousturié - Foucauld Boutte