14. nov., 2022

Le Pape met en garde contre la tentation de s'adresser à "des gourous" pour trouver "des réponses”

 Le pape François a exhorté le chrétien à ne pas "se laisser paralyser par la peur" et à ne pas "céder au défaitisme", en célébrant la messe pour la 6e Journée mondiale des pauvres ce dimanche. Dans une basilique Saint-Pierre pleine de personnes démunies invitées par le Vatican pour l’occasion, il a aussi enjoint à ne pas "gâcher" le "sens de sa vie" face à la misère du monde.

Dans son homélie, le Pape a mis en garde contre la tentation de lire les faits "dramatiques" de l’histoire "de manière superstitieuse ou catastrophique, comme si nous étions désormais proches de la fin du monde et qu’il ne valait plus la peine de nous engager dans rien de bon".

"N’affrontez pas les événements en étant mus par la peur", a martelé le chef de l’Église catholique, en tançant la "curiosité maladive" qui pousse à chercher des réponses "dans les sornettes des mages ou des horoscopes […] comme si c’était la voix de Dieu". Il a appelé à s’éloigner des "prophètes de malheur", des "sirènes du populisme" et des "des théories fantaisistes avancées par quelque “messie“ de la dernière heure, en général toujours défaitiste et complotiste". "L’Esprit du Seigneur ne se trouve pas là", a prévenu le 266e pape.

S’attristant à plusieurs reprises de la "Troisième Guerre mondiale si cruelle" perpétrée sur le sol ukrainien, ainsi que des "famines et pestes", le pontife a assuré que "tout cela n’est pas la fin". Et de proposer un "art typiquement chrétien" : "ne pas rester victimes de ce qui arrive", mais saisir "l’opportunité" des crises. Dans la vie, a-t-il fait remarquer, les "pas en avant les plus importants" se font dans "des situations d’épreuve, de perte de contrôle, d’insécurité".

Rompre la "surdité intérieure"

Au fil de sa méditation, le pontife, qui était entouré de personnes démunies pour cette célébration qui leur était dédiée, a encouragé le chrétien à "rompre cette surdité intérieure qui nous empêche d’écouter le cri de douleur étouffé des plus faibles". "Combien de solitude et d’angoisse se cachent même dans les coins oubliés de nos villes", a-t-il déploré.

"Ne fuyons pas pour nous défendre de l’histoire, mais luttons pour donner à cette histoire que nous vivons un visage différent", a encouragé le pape François, partageant sa conviction qu’avec Dieu "on peut toujours lever le regard, recommencer et repartir".

Le Pape de bientôt 86 ans a laissé à l’assemblée une série de questions à se poser devant le malheur : "Toi, que fais-tu? Tu te distrais pour ne pas y penser? Tu t’amuses pour ne pas t’impliquer? [….] Tu te détournes pour ne pas voir? Tu t’adaptes, soumis et résigné, à ce qui arrive ? Ou ces situations deviennent-elles des occasions pour témoigner de l’Évangile ?" Citant une tradition de Noël, il a suggéré de laisser "une place libre pour les gens" dans son cœur.

La Journée mondiale des pauvres a été lancée par le pape François après le Jubilé des sans-abri organisé par l’association Fratello, au cours de l’Année de la miséricorde. Dans sa lettre de conclusion de l’année sainte, Misericordia et misera, le 21 novembre 2016, le pontife avait institué une journée dédiée uniquement aux pauvres, fixée au 33ème dimanche du temps ordinaire.

 Anna Kurian