Antoinette à Lancieux

PROMESSES

Dans le matin joyeux de la campagne verte
Endormie tout l'hiver dans une terre inerte
Le mystère troublant des êtres et des choses
S'éveille en inventant des bouquets blancs et roses
Ils reçoivent avec la chanson du ruisseau
Une douce musique aux gazouillis d'oiseaux !
Les chemins se parfument de senteurs nouvelles
alors que sous la mousse embaumée se révèle
En naissance discrète
Une humble violette...
Dans les champs lumineux peuplés de boutons d'or
Un rayon de soleil caresse de son or
La goutte de rosée qui mouille l'herbe tendre
Où le pas du rêveur se fait à peine entendre...
La vie éclate enfin en bourgeons qui s'affichent
En robes étalées aux teintes immortelles
Et l'été sera riche !
Car la grappe fleurie festonnant chaque branche
Libérera le fruit quand viendra le dimanche
D'une saison nouvelle !

LE JARDIN FLEURI

Dans la terre attendrie d'un jardin d'espérance
Une églantine éclose à l'aurore de mai
A fleuri le parterre à jamais embaumé
De la joie dont Françoise entourait sa naissance !
Puis un matin frileux d'une journée d'automne
La douce Véronique a tourné vers le ciel
Ses pétales ouverts de "rose de Noël"
Qui tour à tour paraît, se cache, nous étonne
Plus tard lorsque revint le vol de l'hirondelle
Un oiseau s'est posé au milieu du buisson
Et de Marie-Christine apportant la chanson
Il dansait aux accords d'un doux bruissement d'ailes !
Quelques années encore après la longue attente
Un rayon de soleil à l'heure de midi
Illumina le ciel d'un certain vendredi
Et déposa Vincent sur la route montante !
Depuis lors, le soleil, l'églantine et la rose
Accompagnant le chant d'un oiseau de printemps
Ont porté tour à tour, en parcourant le temps
Le sourire et les pleurs purifiant toute chose !
Et l'amour de chacun plus fort que toute épreuve
a sauvé la tendresse au long de ce chemin
Où les cheveux blanchis, mais la main dans la main,
Papy et Mamita refont la route neuve !

LE CHANT D'UN OISEAU

Je vois sur la fragile branche
L'oiseau qui balance son aile
Et la longue tige se penche
Sous la caresse d'Ezéchielle !
Chante l'oiseau ! Dis la jeunesse !
Chante l'amour ! Dis la tendresse !
Dis aussi le rêve qui passe !
Dis la beauté ! Chante la grâce
Et l'éclat de l'adolescence !
Dis la musique d'espérance
Ouvrant la porte sur demain !...
L'enfant c'était hier, aujourd'hui naît la femme
Elle ouvre de grands yeux sur un monde inconnu.
Il y a tant et tant de merveilles à voir,
Tant de riches couleurs pour effacer le noir !...
Et tant de nouveautés sur mille et un chemins
Où soleil et clarté seraient les bienvenus
Que l'on passe à côté du bonheur quotidien
Fait de tendres rayons qui réchauffent la flamme
De l'amour silencieux né de tout "petits riens" !
Toi, l'oiseau de printemps, porte lui ma tendresse
Annonce un clair matin tout rempli de promesses.
Dis-lui que tout près d'elle et souvent en silence
Le coeur de tous les siens, éternelle présence,
Est là pour deviner tout ce qu'on ne dit pas
Et dis-lui que chacun attache tant de prix
A ce qui fait sa vie
Que le bonheur est là !Tout près !...
Si près !...
Que parfois on ne l'entend pas !