Aujourd'hui l'Actu

2. nov., 2020

Dans ce passage de la saga de Don Camillo, le célèbre prêtre en soutane réconforte comme il le peut ses paroissiens, privés de messes à cause des inondations. Au-delà de la performance cinématographique, le message plein d’espérance de l’acteur est un joli clin d’œil à notre temps.
« Mes bien chers frères. Puisque l’office divin ne nous est pas permis dans les circonstances actuelles, laissons une prière d’espérance s’élever vers le Ciel ! » s’exclame Fernandel au début de l’une des scènes les plus émouvantes du film Le Retour de Don Camillo. Devant le maître-autel de son église, avec de l’eau jusqu’aux genoux, au milieu de l’édifice totalement inondé, Don Camillo interpelle les habitants désespérés par la montée des eaux. « L’Homme a connu d’autre déluges. Mais un jour, les eaux se retirent, le soleil revient, les fleurs refleurissent, et l’Homme recommence ! » proclame-t-il.

Oui, un jour prochain vous reviendrez, et nous recommencerons tous ensemble !

A l’heure où les catholiques doivent de nouveau être privés de l’Eucharistie pendant plusieurs semaines, comment ne pas apprécier d’autant plus le passage de ce film culte ? Si la situation ne prête pas à rire, les mots de Don Camillo sont très bien trouvés et peuvent être source de réconfort en ces temps troublés… « Oui, un jour prochain vous reviendrez, et nous recommencerons tous ensemble ! (…) Nous nous souviendrons de la fraternité qui nous a unis dans ces heures terribles (…) Nous oublierons nos discordes, et quand nous aurons envie de mordre, nous tâcherons de sourire ! »
La scène se déroule en 1951 lorsque les régions de Bassa, au nord de l’Italie, furent inondées. Mais le message de saint prêtre s’avère plus que jamais actuel… !

30. oct., 2020

"Seigneur,
Nous te confions notre pays alors qu’il vient de connaitre un nouvel événement dramatique à travers l’assassinat de plusieurs personnes dans la basilique Notre Dame de Nice.
Ton Fils, sur la Croix, a crié le désespoir de notre humanité. Entends notre cri. Il nous entraine aussi dans sa résurrection. Qu’il nous enracine dans une authentique espérance.
Nous te prions pour les défunts et leur famille. Nous te confions leur douleur.
Nous te prions pour la communauté chrétienne et tous les habitants de la ville de Nice. Donne tout particulièrement aux catholiques d’être confortés et renouvelés dans leur témoignage évangélique.
A la veille de la Toussaint, que l’Esprit saint fasse plus que jamais de nous des artisans de paix, dans la justice et la vérité.
Par l’intercession de Notre Dame, nous te prions."

La basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice a été le théâtre, ce jeudi 29 octobre au matin, d’une tragique attaque terroriste. Un homme armé d’un couteau a tué trois personnes, deux femmes et un homme, et fait plusieurs blessés. Les victimes, le sacristain, une septuagénaire et une femme d’une quarantaine d’années, étaient certainement de ces fidèles ordinaires et discrets mais ô combien essentiels aux communautés chrétiennes d’aujourd’hui. Deux personnes sont mortes à l’intérieur de la basilique de la façon la plus « horrible » qui soit a expliqué Christian Estrosi, lors d’une conférence de presse improvisée près de l’édifice.
20. oct., 2020

Alors que la France est encore sous le choc de la mort d’un professeur d’histoire-géographie, Samuel Paty, décapité le 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par un islamiste pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression, les questions se bousculent, y compris en matière éducative : un tel drame aurait-il pu être évité ? Les enseignants sont-ils suffisamment formés ? Les familles doivent-elles être davantage impliquées ? « Cet assassinat pose beaucoup de de questions sur le rôle de l’école, sur sa mission », reconnaît auprès d’Aleteia Marc Vannesson, délégué général du think tank éducatif « Vers le haut ». Entretien.

Aleteia : Pouvait-on imaginer un tel acte en France aujourd’hui ?
Marc Vannesson : Il y a d’abord l’effroi devant une nouvelle aussi abominable, la condamnation de ce geste horrible, les condoléances à la famille de ce professeur, à ses collègues, ses élèves… et l’envie de ne pas s’en tenir là. Le fait que des pressions fortes pèsent sur l’école et les enseignant était connu. Sous-estimé hélas, mais connu et dénoncé. L’école est devenu un lieu potentiellement dangereux ou l’on peut être victime de sa liberté de propos. Mais que ça aille jusque-là a été un choc pour moi. On ne parle pas de simple violence là, mais d’une décapitation.

La liberté d’expression peut-elle encore être vraiment enseignée à l’école ?

Ce drame pose beaucoup de questions sur le rôle de l’école, sur sa mission. Comment apprend-t-on la liberté d’expression à l’école ? D’abord en apprenant l’expression. Nous sommes dans un système scolaire qui fait que beaucoup de jeunes ne maîtrisent pas l’expression ce qui entraîne déjà des difficultés pour parler de liberté d’expression. La langue nous permet d’entrer en relation avec les autres et nous permet de résoudre des conflits sans entrer dans la violence, elle permet de laisser parler les mots avant les coups. On le sait d’ailleurs par des travaux de linguistes : c’est par la langue que l’on construit un raisonnement. Dans un système éducatif où une part importante de jeunes ne la maîtrise pas, comment enseigner la liberté d’expression ? Apprendre l’expression doit être une ambition extrêmement forte.

Les professeurs sont-ils suffisamment formés pour enseigner des sujets désormais considérés comme sensibles tels que la liberté d’expression ou le fait religieux ?

D’après les différentes études que nous avons pu mener, les enseignants en France se considèrent globalement bien formés d’un point de vue disciplinaire (connaissance de la matière enseignée, ndlr) mais beaucoup d’entre eux témoignent qu’ils ne se sentent pas assez formés d’un point de vue pédagogique, c’est-à-dire sur la manière de transmettre et sur des sujets plus sensibles dont les sujets liés à la liberté d’expression. Il y a des manques de formation. Faire sortir des élèves musulmans par peur de les choquer en montrant des caricatures de Mahomet dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression est-ce la méthode la plus pédagogique pour faire comprendre ce que c’est à l’ensemble des élèves ? En 2015 nous avions réalisé une enquête sur l’enseignement du fait religieux au primaire. 87% des enseignants considéraient déjà que la formation continue n’était pas adaptée et plus de 80% estimaient que la formation initiale ne l’était pas non plus. Nous nous retrouvons donc aujourd’hui avec deux options : soient ils abordent ces sujets mais ne le font pas de manière optimale donc cela devient des sujets explosifs qui peuvent avoir de graves répercussion, soient ils s’autocensurent, ne les enseignent pas et l’école ne remplit pas sa mission.

Les enseignants sont-ils suffisamment soutenus ?

Beaucoup d’enseignants se sentent très seuls quand ils se retrouvent en prise avec un problème disciplinaire ou une difficulté pédagogique. Pour certains le fait d’en parler peut apparaître comme un aveu de faiblesse, pour d’autres ce sera la peur d’être sanctionné… Dans le système éducatif français actuel, il y a une infantilisation des enseignants qui ne facilitent pas toujours le travail avec les instances de direction ou l’académie. Trop souvent les enseignants se plaignent de leur solitude ou ont peur d’être mis en cause quand ils rencontrent une difficulté. C’était d’ailleurs le sens du #pasdevague qui avait émergé sur les réseaux sociaux il y a quelques mois : beaucoup d’enseignants avaient témoigné de leur solitude et du manque de soutien de leur hiérarchie. Un bon enseignant est un enseignant qui ne fait pas de vague. Ceci pose un problème délicat : comment, quand quelque chose mérite d’être amélioré dans la manière d’enseigner d’un professeur, peut-on le faire sans être dans la stigmatisation, la culpabilisation ou la sanction ?

La place à accorder – ou pas – aux parents et aux familles des élèves est également un sujet qui fait souvent débat…

C’est effectivement un sujet contesté. La première approche est de dire que ce qui se passe à l’école est sous la responsabilité de l’école et donc qu’il existe une coupure très nette entre le monde de l’école et le monde des parents. Dans cette optique, si les parents ne sont pas contents et bien tant pis, il faut les renvoyer à leur rôle dans la sphère familiale. La deuxième approche consiste à s’interroger sur la meilleure manière de créer une continuité éducative entre l’école et la famille. Les parents sont les premiers responsables de l’éducation des enfants donc les exclure complètement est problématique. L’efficacité de l’école est d’autant plus forte quand les parents sont alignés avec l’enseignement de l’école.

Aujourd’hui sur certaines thématiques il y a cette séparation. Hors si on n’essaye pas de les réconcilier, on met l’enfant dans un conflit de loyauté, il se retrouve dans une situation où il est piégé. En travaillant davantage avec les familles on peut déminer des conflits. Pas tous, bien sûr, mais beaucoup. Il est nécessaire de trouver un lieu d’écoute non pas pour que les familles fassent pression sur le programme mais pour qu’elles comprennent que l’école a aussi son mot à dire sur tel ou tel sujet. En abordant le sujet en amont on peut déminer une partie des problèmes qui se trouvent par la suite moins susceptibles d’être instrumentalisés.

Agnès Pinard Legry - Publié le 19/10/20 (ALETEIA)

18. oct., 2020

Certaines phrases malvenues peuvent déstabiliser. Des moments de fatigue, des divergences dans les appréciations d’une situation, un humour d’un goût un peu douteux, peuvent générer, avec votre entourage, des propos acides qui font souvent très mal. Toutefois, si les critiques vous font partir au quart de tour, il importe de vous interroger sur votre propre fonctionnement. De chercher la cause de cette hypersensibilité.

Qu’une phrase désagréable, voire méchante, vous fasse mal, c’est normal ! Mais qu’elle vous fasse bondir et qu’elle vous blesse jusqu’à ce vous pousser à réagir brutalement, n’est-ce pas le signe que vous possédez à la fois un détecteur puissant et un petit amplificateur de la moindre faute de non-respect ou d’incompréhension ? C’est un peu comme si vous étiez une plaie vive, qui ressent profondément le moindre dérapage de langage de ceux que vous aimez. Alors, d’où peut venir cette capacité d’être si facilement et si profondément blessé ?

Apprendre à rester zen grâce à une auto-analyse

Sans aller forcément rechercher dans une lointaine petite enfance, essayez une simple auto-analyse. Demandez-vous, par exemple, si vous avez une réelle estime de vous-même… si vous doutez de l’amour qui vous est porté… si vous pensez ne compter pour rien… si vous avez horreur du non-respect ou de la vulgarité, etc. Et de toute façon, prenez conscience qu’en étant si affecté par des paroles malheureuses, vous donnez aux autres un pouvoir exorbitant sur vous : le pouvoir de vous déstabiliser, pour ne pas dire de vous détruire. Dès lors, apprenez à rester zen : ce qui désarme inévitablement celui qui a pensé un instant vous agresser. Ainsi, non seulement vous calmez le jeu, mais vous le menez. Faites l’expérience de la douceur désarmante, et vous l’adopterez !

Comprendre l’autre, sans le juger trop vite, peut également vous aider à maîtriser vos réactions. Que de fois la parole a dépassé la pensée ! Mais que de fois un conjoint ou un ado qui a subi une vexation revient à la maison avec sa rancœur et s’en prend au premier venu. Il est souvent le premier à reconnaître qu’il ne pensait pas un mot de ce qu’il a dit de blessant, et à demander pardon… même s’il le fait maladroitement. En revanche, si ces phrases blessantes reviennent, peut-être faut-il chercher la lame de fond, le grief important que l’agresseur vous reproche ; se demander : « A-t-il une raison grave de m’en vouloir si fréquemment ? »

Face à la critique en famille, adopter la bonne attitude

Au sein de la famille, il existe un moyen de tuer dans l’œuf ces blessures malheureuses. Un couple doit passer un contrat clairement exprimé, voire par écrit : « Ma chérie (mon chéri), il m’arrivera inévitablement de te dire des phrases qui te feront de la peine, de poser des gestes qui te blesseront, mais sache bien qu’alors je ne l’aurai pas voulu vraiment. Si ça devait arriver, ce serait pure maladresse ou sottise incontrôlée de ma part, et non pas méchanceté, car je n’ai pas du tout l’intention de te faire souffrir ».

De même avec votre enfant, surtout un adolescent, ne prenez pas ce qu’il dit au premier degré. Voyez s’il n’y a pas en lui une souffrance qui expliquerait cette agressivité. Et au besoin, s’il est constamment désagréable, qu’il puisse s’exprimer dans un conseil de famille, où il est entendu que chacun, y compris la maman, a le droit de dire son ressenti, sans être jugé, ni recevoir le moindre reproche.

On pourrait dire tout simplement : gardons-nous de dramatiser trop vite, au risque d’entrer dans le cercle vicieux d’une agressivité qui monte en puissance. Et que celui qui a conscience de faire de la peine s’empresse de reconnaître son erreur et de demander sans tarder un pardon clairement exprimé. Enfin, de grâce, sachons aussi, au nom de l’amour, faire preuve d’un peu d’humour !

12. oct., 2020


Un petit groupuscule de députés qui cherche à mettre en difficulté le gouvernement mais surtout à faire parler de lui, entre un projet d’abaisser la majorité légale à 16 ans et un autre interdisant la chasse à courre, trouve enfin la gloire médiatique en faisant adopter un texte proposant de prolonger la durée légale de l’avortement à seize semaines et, entre autres atteintes aux libertés fondamentales, de supprimer la clause de conscience pour les médecins et le personnel médical.

Très probablement, ni le Sénat ni l’exécutif ne se presseront de donner suite à ces idées délirantes. Mais le mal est fait. Pour des petits enjeux de politicailleries, certains n’hésitent pas, au prétexte que « cela se fait ailleurs », de trahir et l’esprit de la loi Veil à laquelle ils se réfèrent sans jamais l’avoir lue probablement, et le droit fondamental d’obéir à sa conscience.

Il n’y a plus de débat

De nombreux gynécologues, parmi d’autres, s’en sont émus : là encore, aucun comité d’éthique digne de ce nom ne pourrait autoriser à ce qu’on aille jusqu’à briser la boîte crânienne d’un petit d’homme dans le ventre de sa mère pour l’en extraire, puisqu’entre quatorze et seize semaines sa tête est ossifiée. C’est ce qu’écrit le Collège national des gynécologues obstétriciens français, relayé par Israël Nisand.

Les choses pourraient donc en rester là. Il est à craindre qu’il n’en soit rien et que parmi les pasionarias qui s’agitent pour promouvoir le texte, une fois assurés qu’ils ont trouvé un créneau médiatique confortable, certains soient tentés de continuer de l’agiter. Et qu’une forme d’indifférence, comme d’habitude, alliée à une émotion mise en scène et répétée autour de quelques situations tragiques ne finisse par l’emporter sur la raison. C’est qu’en fait, de débat, il n’y en a plus jamais. Les lieux de confrontations d’idées ont disparu pour laisser place aux scènes où chacun fait son one man show et ne prête aucune attention à une autre pensée que la sienne. Et, dans ces flots de monologues, on ne retient du coup plus qu’une forme de silence. Silence de la pensée, silence de l’intelligence.

L’arme du silence

Sur tous les sujets essentiels qui touchent à la vie et à son sens, à la dignité de l’homme, plus d’argument, plus de discussion. Chacun est abandonné à lui-même et prié de se contenter des concepts creux de la civilisation de l’entertainment. Dès que le sujet peut devenir source de tensions, on préfère le taire.

Le silence est finalement l’arme par excellence. L’Église le sait bien puisqu’elle l’a utilisée, et plaise à Dieu que cela soit terminé, jusqu’à ce que Benoît XVI et François, notamment, le brisent (et à quel prix !). « Il faut toujours parler »» disent les psys qui, sur ce coup, sont de bon conseil ! Oui, le meilleur moyen de répondre à la bêtise ou à la méchanceté quand elle s’exprime, n’est pas de se taire mais de parler, argumenter, réfléchir, dialoguer…

La vérité de la vie

Parce que le Verbe s’est fait chair, et non pas pur esprit, les baptisés ne peuvent pas avoir peur de la parole. Ils doivent l’utiliser, fécondée par la charité, sans se lasser ni se décourager. Que ce soit pour répondre aux projets de loi mortifères au sujet de l’avortement, ou aux propos délirants sur les mineurs isolés : rappeler la vérité de la vie, qu’elle est toujours sacrée car d’origine divine. En parler, non pas entre nous, ronchons grommelant ou éternels râleurs devant ce monde qui ne tourne pas rond. Mais, en se gardant des folies de l’excès, sans colère ni désir de vengeance, redire par nos bouches et par nos vies que la barbarie ne sera jamais l’avenir de notre humanité.