9. mai, 2020

« Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? » (Lc

Le confinement a fait son œuvre, insidieusement, pernicieusement, lentement – mais sûrement. À l’excitation, à l’euphorie et à la confiance des débuts (largement propulsées par notre Traversée) ont succédé chez moi l’inertie, la langueur et l’angoisse – de vieilles compagnes…
Le monde ne sera plus jamais vraiment comme avant, c’est une certitude. Notre rapport à la vie et à la mort, notre relation aux autres et à nous-mêmes, notre conscience de la fragilité des choses qui comptent et de la futilité de celles dont on croyait, à tort, qu’elles prévalaient sur tout : les cartes sont rebattues.
Je bataillais déjà avant, alors quid de l’après – surtout lorsqu’il se trouve encore nimbé de trop d’incertitudes ? Voilà que rejaillit la tentation de m’isoler, de m’arrêter, d’attendre – après tout, on verra bien… Et toutes mes faiblesses, toutes mes pauvretés, tous mes démons se projettent parfaitement dans ce scénario-là, conscients qu’ils y trouveront un terrain propice.
Et puis vient cette parole, qui soudain m’interpelle : Dieu connaît les projets qu’Il a formés sur moi afin de me donner un avenir et de l’espérance…
Si j’ai toutes les raisons de douter de moi-même, je n’en ai aucune pour Lui retirer ma confiance. Alors demain, je reprends le chemin. Et on verra bien – Lui et moi – où il nous mènera.

David