14. mai, 2020

LA TRAVERSEE « Vous êtes tous frères ! » (Mt 23,8)

Fils unique, né d’un père fils unique et père d’une fille unique aussi (vous suivez ?), ma notion de la fraternité est forcément très détachée de son acception familiale. Et voilà que dans mon édito précédent, sans même m’en rendre compte, je vous ai appelés « frères et sœurs »… Qu’il en soit ainsi : après tout, nous avons tous le même Père.
Depuis les premiers temps, la fraternité est le socle de la vie chrétienne. Dans notre modernité, nous l’avions peut-être un peu oubliée, négligée, délaissée. Bien sûr, on connaissait l’adage : « un chrétien isolé est un chrétien en danger » ; mais il aura quand même fallu attendre que l’épreuve nous ébranle, nous sépare, nous isole, pour comprendre à quel point nous avons besoin de faire corps.
Imaginez-vous : des milliers, des millions, même, qui, partout, clament d’une seule voix leur impatience de retrouver la « vraie » messe, trépignent de goûter à nouveau la grâce des sacrements, se languissent de « faire église » ailleurs que dans leur salon ou dans le secret de leurs cœurs… Il y a encore 6 mois, cela nous aurait paru extraordinaire (dans tous les sens du terme) !
Nous avons tous besoin des autres. Sans l’autre, je n’existe pas. Sans me donner à l’autre, je ne peux rien recevoir. Sans m’ouvrir à l’autre, je me renferme, et je meurs.

Il nous incombe dès lors une grande responsabilité : que cette fraternité que nous louons aujourd’hui ne soit pas éphémère, qu’elle s'ancre dans nos actes, durablement, et qu’elle rayonne ainsi jusqu’à tous les confins. Alors nous serons réellement frères et sœurs en Christ.

David