12. oct., 2020

Délai de l’IVG, clause de conscience… Face à la bêtise ou la méchanceté, il faut toujours parler


Un petit groupuscule de députés qui cherche à mettre en difficulté le gouvernement mais surtout à faire parler de lui, entre un projet d’abaisser la majorité légale à 16 ans et un autre interdisant la chasse à courre, trouve enfin la gloire médiatique en faisant adopter un texte proposant de prolonger la durée légale de l’avortement à seize semaines et, entre autres atteintes aux libertés fondamentales, de supprimer la clause de conscience pour les médecins et le personnel médical.

Très probablement, ni le Sénat ni l’exécutif ne se presseront de donner suite à ces idées délirantes. Mais le mal est fait. Pour des petits enjeux de politicailleries, certains n’hésitent pas, au prétexte que « cela se fait ailleurs », de trahir et l’esprit de la loi Veil à laquelle ils se réfèrent sans jamais l’avoir lue probablement, et le droit fondamental d’obéir à sa conscience.

Il n’y a plus de débat

De nombreux gynécologues, parmi d’autres, s’en sont émus : là encore, aucun comité d’éthique digne de ce nom ne pourrait autoriser à ce qu’on aille jusqu’à briser la boîte crânienne d’un petit d’homme dans le ventre de sa mère pour l’en extraire, puisqu’entre quatorze et seize semaines sa tête est ossifiée. C’est ce qu’écrit le Collège national des gynécologues obstétriciens français, relayé par Israël Nisand.

Les choses pourraient donc en rester là. Il est à craindre qu’il n’en soit rien et que parmi les pasionarias qui s’agitent pour promouvoir le texte, une fois assurés qu’ils ont trouvé un créneau médiatique confortable, certains soient tentés de continuer de l’agiter. Et qu’une forme d’indifférence, comme d’habitude, alliée à une émotion mise en scène et répétée autour de quelques situations tragiques ne finisse par l’emporter sur la raison. C’est qu’en fait, de débat, il n’y en a plus jamais. Les lieux de confrontations d’idées ont disparu pour laisser place aux scènes où chacun fait son one man show et ne prête aucune attention à une autre pensée que la sienne. Et, dans ces flots de monologues, on ne retient du coup plus qu’une forme de silence. Silence de la pensée, silence de l’intelligence.

L’arme du silence

Sur tous les sujets essentiels qui touchent à la vie et à son sens, à la dignité de l’homme, plus d’argument, plus de discussion. Chacun est abandonné à lui-même et prié de se contenter des concepts creux de la civilisation de l’entertainment. Dès que le sujet peut devenir source de tensions, on préfère le taire.

Le silence est finalement l’arme par excellence. L’Église le sait bien puisqu’elle l’a utilisée, et plaise à Dieu que cela soit terminé, jusqu’à ce que Benoît XVI et François, notamment, le brisent (et à quel prix !). « Il faut toujours parler »» disent les psys qui, sur ce coup, sont de bon conseil ! Oui, le meilleur moyen de répondre à la bêtise ou à la méchanceté quand elle s’exprime, n’est pas de se taire mais de parler, argumenter, réfléchir, dialoguer…

La vérité de la vie

Parce que le Verbe s’est fait chair, et non pas pur esprit, les baptisés ne peuvent pas avoir peur de la parole. Ils doivent l’utiliser, fécondée par la charité, sans se lasser ni se décourager. Que ce soit pour répondre aux projets de loi mortifères au sujet de l’avortement, ou aux propos délirants sur les mineurs isolés : rappeler la vérité de la vie, qu’elle est toujours sacrée car d’origine divine. En parler, non pas entre nous, ronchons grommelant ou éternels râleurs devant ce monde qui ne tourne pas rond. Mais, en se gardant des folies de l’excès, sans colère ni désir de vengeance, redire par nos bouches et par nos vies que la barbarie ne sera jamais l’avenir de notre humanité.