1. avr., 2021

Texte1er avril : ces saints farceurs ont su mêler gaieté et sainteté

« Dieu est humour », se plaît-on parfois à lancer non sans malice. Tout particulièrement mis à l’honneur le 1er avril, l’humour, quand il rime avec gentillesse, permet de ne pas se prendre au sérieux et donne du sel à la vie quotidienne. « Si l’on n’a pas le sens de l’humour, il est très difficile d’être heureux ;

Il faut savoir ne pas se prendre trop au sérieux », explique le pape François dans le livre-entretien Dieu est jeune.

« Un saint triste est un triste saint »

« L’humour est comme l’eau qui jaillit naturellement gazeuse de la source ; il a quelque chose de plus : on perçoit la vie, le mouvement », ajoute-t-il. L’écrivain anglais Chesterton l’a lui-même bien formulé : « La vie est une affaire trop sérieuse pour être vécue sérieusement ». « Un saint triste est un triste saint », aurait quant à lui dit saint François de Sales. Aleteia vous propose de découvrir quelques saints qui ont fait rimer sainteté et sens de l’humour.

Saint Thomas More

Humaniste, homme d’État, père de famille, il est connu pour sa bonne humeur et son sens de l’humour. « On me reproche de mêler boutades, facéties et joyeux propos aux sujets les plus graves. Avec Horace, j’estime qu’on peut dire la vérité en riant », écrit-il. Chancelier du roi d’Angleterre Henri VIII, il refuse de cautionner son divorce, ce qui lui vaut d’être condamné à mort. On raconte qu’en montant à l’échafaud, il aurait eu ces mots : « Aidez-moi à monter : pour descendre, je m’en tirerais bien tout seul », puis qu’il aurait demandé au bourreau de bien viser : « Du courage, mon garçon, et n'aie pas peur de faire ton office. Mon cou n'est pas bien épais. Aussi, prends bien garde de frapper au bon endroit, si tu veux conserver ta réputation ».

Saint Laurent

Dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, ce diacre a un grand sens de la répartie. Lorsque le préfet de Rome exige qu’il lui apporte les richesses de l’Église, il présente une cohorte de malades, de vieillards et d’étrangers. Il est finalement condamné à être brûlé à petit feu sur un gril. On raconte qu'avec un sens de l’humour et un courage extraordinaire, il aurait dit au bourreau : « C'est bien grillé de ce côté, tu peux retourner ».

Saint Philippe Néri

Il est connu comme le saint de la joie, des pitres et des humoristes. Sa gaieté est contagieuse et il n'hésite pas à mêler humour et sacerdoce. Il tombe souvent dans l’extase, mais effrayé à l’idée qu’on puisse le prendre pour un saint, il use de stratagèmes pour que cela ne puisse pas se voir, sortant un livre d’histoires drôles de sous l’autel, tirant la barbe d’un garde suisse lors d'une procession du Saint-Sacrement pour éviter de léviter ou se lançant dans des danses ridicules devant les cardinaux.

Saint Jean Paul II

Le Pape polonais a un humour fin qu’il accompagne d’une certaine forme de panache. Archevêque de Cracovie, il fascine les séminaristes de Tuchow par sa manière bien à lui de descendre les étages en se laissant glisser sur la rampe. Une fois pape, un jour qu’on l’interroge sur sa santé, il répond : « Quand je veux savoir comment va ma santé, je lis les journaux ». Après l'attentat de 1981, on lui demande de circuler en papamobile. Mais cette prison vitrée semble l’agacer. « Elle limite les risques. On n'y peut rien si on s'inquiète pour vous, Votre Sainteté », lui explique-t-on. Ce à quoi il répond avec un sens de la répartie incontestable : « Moi aussi, je m'inquiète pour ma sainteté ».

Saint Jean XXIII

De nombreuses anecdotes témoignent du sens de l’humour désopilant du « bon pape Jean », reflet de sa profonde humilité et de son humanité. Au cours d’une visite l'hôpital romain du Saint-Esprit, une religieuse se présente, manifestement bouleversée : « Très Saint-Père, je suis la Supérieure du Saint-Esprit ». « Vous en avez de la chance, je ne suis que le Vicaire du Christ », lui répond-il. Il disait souvent : « Tout le monde peut être pape. La preuve, c’est que je le suis ».

Bienheureux Pier Giorgio Frassati

Joyeux et plein d’énergie, on le surnomme « le fils de la Fête ». Pier Giorgio a de l’humour à revendre. Avec ses amis, il fonde une petite société, baptisée la « Compagnie des types louches » dont le mot d’ordre est : « Nous sommes peu nombreux mais délicieux comme des pâtes" . Ensemble, ils gravissent les sommets alpins. Il écrit un jour à sa sœur : « Tu me demandes si je suis joyeux, mais comment ne pas l’être, tant que la foi me donne de la force. Je suis toujours joyeux ! La tristesse ne devrait pas exister dans l’âme des catholiques ! ».

Saint Padre Pio

Si ce moine capucin est connu pour les grâces spéciales qu’il a reçues, on connaît un peu moins son sens de l’humour impayable. En voici un exemple : Une femme souffrait de terribles migraines, à tel point qu’elle dépose une photo du padre sous son oreiller pour que sa douleur disparaisse. Après plusieurs semaines, comme celle-ci persiste, elle s’exclame : « Puisque tu n’as pas voulu me délivrer de ce mal, je vais te mettre sous le matelas ». Quelques mois plus tard, alors qu’elle vient se confesser au prêtre, il la regarde fixement et claque le portillon du confessionnal d’un coup sec. Pétrifiée, elle ne peut articuler un mot. Quelques instants plus tard, le portillon se rouvre à nouveau et le père lui dit en souriant : « Cela ne t’a pas plu, n’est-ce pas ? Hé bien moi non plus je n’ai pas apprécié que tu me mettes sous le matelas ! ».

Vénérable Claire de Castelbajac

Avec sa coupe à la garçonne, cette jeune sainte du XXe siècle respire la joie de vivre. Certains l’appellent « la demoiselle qui rit tout le temps » en raison de sa joie contagieuse. Elle a du recul sur elle-même, comme en témoigne cette lettre à une amie : « L'autre jour, une cousine déclare (heureusement sans témoin) qu'elle m'admire beaucoup et cherche en tout à me copier. Non seulement je n'en ai été aucunement flattée, mais je l'ai franchement engueulée d'avoir si mauvais goût et je lui ai dit que si elle ne rétractait pas ses paroles, je me sentirais obligée d'être quelqu'un de bien devant elle. Elle ne s'est pas rétractée, hélas ! ».