3. août, 2021

Redécouvrir la foi grâce aux tiers-lieux chrétiens

Ces nouveaux lieux qui montent dans l'Église

Bars, maisons d’Église, espaces de travail, de culture ou de solidarité... Ces lieux atypiques, animés par des chrétiens, poussent sans bruit partout en France. Des lieux inspirants où se vit l’Évangile. On peut y partager un verre avec des personnes de son quartier, mener des actions de solidarité, voire même... rencontrer Dieu au détour d’une conversation. Car pour les chrétiens, à l’heure où les églises se vident, ces espaces permettent d'évangéliser d'une nouvelle manière. Les diocèses s'emparent d'ailleurs du mouvement.

« Des projets peuvent naître très facilement. Il est simple de faire le bien. »

 Rejoindre ceux qui se trouvent aux « périphéries » ; devenir « une Église en sortie » ; être des « disciples missionnaires »… À l’heure où les églises se vident et où les forces vives s’amenuisent, de plus en plus de diocèses répondent à cet appel du pape François avec une autre proposition de tiers-lieu, tout aussi audacieuse : les maisons d’Église. Nées il y a une vingtaine d’années dans le diocèse de Nanterre, ces dernières essaiment aujourd’hui partout en France, à côté des paroisses traditionnelles.

Sous l’impulsion de Mgr Brunin, le diocèse du Havre s’est fixé l’objectif d’ouvrir une maison d’Église dans chaque unité pastorale ! En cinq ans, cinq d’entre elles ont vu le jour (le Sacré-Cœur, le Centre marial et la Maison des familles au Havre ; Sainte-Anne à Bolbec ;

l’Oasis à Fécamp) et plusieurs autres sont en projet. « Chacune a sa spécificité, note Dominique Lemétais, délégué diocésain aux maisons d’Église du diocèse du Havre. Ce sont des lieux de belle facture où l’on a plaisir à se réunir. Les personnes en situation de fragilité peuvent venir s’y ressourcer, comme à une oasis. Je suis frappé par la diversité de ceux qui s’y retrouvent, et l’importance de la fréquentation de certains rendez-vous très simples, comme les déjeuners “pain poisson” à Fécamp. »

La prière tient dans les tiers-lieux chrétiens une place particulière. « Certaines personnes y redécouvrent la foi, et demandent parfois le baptême », se réjouit Dominique Lemétais, citant le cheminement d’une mère célibataire. Loin d’être concurrencées, les paroisses s’en trouvent redynamisées : « Un prêtre me disait : “J’ai retrouvé du sens à mon sacerdoce.” Et pour nous, laïcs, cela donne vie à notre baptême. »

AGNÈS CHARETON, Le Pèlerin