16. août, 2021

« Mon handicap est un appel à aller vers l’autre »

Privée de l’usage de ses bras et de ses jambes depuis sa naissance, Marie-Caroline Schürr croque la vie à pleines dents. Grâce à une foi solidement ancrée et à une épatante force de caractère, elle fait du handicap la clé de sa rencontre avec l’autre.

Faire de la vulnérabilité une force. C’est le credo de Marie-Caroline Schūrr, handicapée moteur de naissance et néanmoins professeur d’anglais dans des collèges et lycées des Yvelines. Chaque jour, elle se déplace grâce à « Chérubin », son fauteuil roulant, et à « Victorine », son véhicule aménagé. Mais son vrai moteur, c’est sa surprenante capacité à l’émerveillement. « Ce qui me fait vibrer, c’est l’amour de la vie », souffle-t-elle à Aleteia.

Chaque soir, le « relais du cœur »
Souriante et animée d’une joie profonde, Marie-Caroline ne cherche pas à être prise en pitié. Bien au contraire. « Je suis sur quatre roulettes, donc je vais encore plus vite au quotidien ! » s’exclame-t-elle. Dans son appartement versaillais où elle habite, tout un réseau d’amis se relayent chaque soir pour l’aider à se coucher. Elle l’a baptisé « le relais du cœur ». « Mes amis m’apportent une aide physique pour tous les gestes les plus simples du quotidien, comme sortir de mon lit ou m’habiller. Pour moi, c’est une invitation à accueillir chaque personne, et cela m’aide à être pleinement vivante », raconte-t-elle.

Je me sens infiniment aimée du Christ.

Dans la rencontre avec les autres, Marie-Caroline puise la force qui fait sa joie de vivre et son dynamisme. Elle raconte : « Ma dépendance est toujours un appel à aller rencontrer l’autre. Il approche ma fragilité et fait tomber certaines peurs. Finalement, nous sommes deux enfants de Dieu qui cheminons ensemble, chacun avec ses petites béquilles ».

Éduquée dans un milieu catholique, Marie-Caroline n’a pas perdu la foi malgré son handicap, bien au contraire. « Dans les moments de gros découragement, je demande à Jésus pourquoi je traverse cette épreuve. Le coup de pouce arrive toujours, parce que je me sens infiniment aimée du Christ. C’est une consolation telle qu’à chaque fois, la vie repart avec une saveur mille fois décuplée ! » confie-t-elle. Si le handicap n’empêche pas la souffrance, le vivre dans la foi « lui donne tout son sens ». Marie-Caroline en est la preuve.

Timothée Dhellemmes