6. nov., 2021

Lettre de saint Pierre, apôtre, aux évêques de Gaules réunis à Lourdes

Le président des Entretiens de Valpré imagine l’exhortation du chef des apôtres aux évêques de Gaule réunis à Lourdes pour leur adresser un message de confiance fraternelle. Son message est un appel à la prière, à l’unité et à la vérité.

Syméon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi d’aussi grand prix que la nôtre, par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus Christ. Que la grâce et la paix vous soient accordées en abondance par la vraie connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur, spécialement lors de votre réunion des prochains jours au pied de la Grotte de Lourdes.

Le fléau du Mauvais

J’ai appris le grand fléau qui frappe vos communautés, en mettant à jour les exactions criminelles commises dans le passé par des prêtres, des religieux, et des laïcs sur des enfants et des adolescents. Je peux témoigner que Jésus-Christ nous a souvent enseignés sur la place que les tout-petits devaient prendre dans notre cœur, afin que nous les imitions pour connaître la grandeur du Royaume. Un seul de ces actes est odieux devant Dieu et scandale pour les hommes. Et ceux qui les ont commis, comme ceux qui les ont tus en répondront au grand jour de la Résurrection des morts. J’ai vécu moi-même ces moments de trahison. Quand notre frère Judas Iscariote a vendu le Seigneur pour quelques pièces d’argent, notre cœur a été transpercé de douleur et de colère. Vous savez que moi-même, j’ai renié mon Seigneur. C’est Marie la première qui m’a pardonnée et qui m’a permis d’aller avec Jean courir dans les rues de Jérusalem et découvrir le tombeau vide au matin de Pâques.

Allez donc aux pieds de Marie, pleurez, et cachez-vous dans son manteau.

Puisque vous êtes à Lourdes, allez donc aux pieds de Marie, pleurez, et cachez-vous dans son manteau. C’est d’abord dans le silence de la prière que vous trouverez la paix, puis les inspirations pour agir. Jeûnez aussi, car cela est agréable aux yeux du Seigneur. Et faites faire de même à vos petits troupeaux de fidèle. Pourquoi ne pas déclarer le 8 décembre prochain comme un jour de jeune dans toute la Gaule ? Pour nettoyer les cœurs afin de recevoir la magnifique annonce de la naissance de notre Sauveur. Réfléchissez aussi à lancer une journée de grands pèlerinages dans tout le pays vers des sanctuaires mariaux. Ils ont lieu d’habitude pendant les belles saisons des moissons. Organisez-les dans le froid et la pluie. Ainsi vous serez un peu plus unis au Christ souffrant, et vous mènerez vos communautés au pied de la Croix, là où tant de ses petits Gaulois ont été emmenés par des traîtres infâmes.

La vérité vous rendra libres

Je me soucie de votre unité, car le diable va maintenant tout faire pour être votre diviseur. Là aussi, regardez comme notre petit troupeau s’est reconstitué dès le soir de la Pâques dans la chambre haute. Suivez notre exemple. À l’inverse, vos frères de Germanie ont malheureusement pris un autre chemin qui met à mal leur cohésion, et qui inquiète tant mon successeur. Rejetez donc toute méchanceté, toute ruse, les hypocrisies, les jalousies et toutes les médisances. Fuyez les idéologies et les calculs partisans. Comme des enfants nouveau-nés, soyez avides du lait non dénaturé de la Parole qui vous fera grandir pour arriver au salut.

Vous avez eu le courage de vous faire aider par des avis extérieurs à votre communauté pour comprendre le fléau des abus sexuels. Vous avez été sages de le faire, car vous êtes maintenant totalement libres d’agir. Ne prenez rien au pied de la lettre, car ce n’est pas ce document qui vous sauvera, mais la prière, le jeune, l’écoute de la Parole, un profond examen de conscience personnel, et votre esprit de décision ! N’ayez pas peur ! La Vérité vous rendra libre. En obéissant à la vérité, vous aller purifier vos âmes pour vous aimer sincèrement comme des frères ; aussi, d’un cœur pur, aimez-vous intensément les uns les autres comme dit le psaume. Votre exigence doit être celle de la justice pour tant de victimes innocentes martyrisées, car c’est seulement à ce prix que reviendra la paix dans leurs âmes. Vous devez connaitre par cœur les noms des victimes de votre diocèse qui ont été recensées, prier pour eux chaque jour, chercher à les rencontrer ou les revoir, et leur apporter une écoute attentive, comme un pasteur connait chacune de ses brebis.

Pas de dispute sur les chiffres

À propos de Vérité, et comme l’a fait courageusement votre frère de Limonum [Poitiers, ndlr], menez un travail d’examen critique de ce qui a été écrit dans ce rapport. À titre d’exemple, un sondage téléphonique extrapolé ne peut être la base d’une analyse raisonnable face à ces sujets intimement personnels. Il vous laisse incrédule, mais ne vous disputez pas trop cependant sur les chiffres. Le Mal a été fait et en abondance. De la même façon, on vous met au défi de suivre 45 impératifs ; Faites preuve de discernement et prenez d’abord comme impératifs l’enseignement de notre Seigneur Jésus, la tradition de nos pères et le travail théologique. Donnez-vous le temps de la réflexion car il est une chose qui ne doit pas vous échapper : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Et ne confiez pas à d’autres le suivi de ce que vous pensez juste de faire. C’est votre fardeau et votre tâche. Le Christ a porté la Croix. Faites de même.

Des prophètes numériques autoproclamés vous prennent à partie parfois sur un ton de procureur, en vous prenant soit pour des enfants, soit pour des peureux. Ne les écoutez pas ! D’autres — ultra-minoritaires — veulent profiter de l’aubaine pour asséner leurs théories subversives et imposer l’agenda de leurs réformes ! Méfiez-vous de ces faux prophètes qui raisonnent comme des hommes de pouvoir alors que c’est le service et l’humilité qui doivent guider les pasteurs du troupeau. À cause d’eux, suivre le chemin de la vérité fera l’objet d’outrages, et dans leurs ambitions, ils vous exploiteront par des discours factices.

J’entends vos cœurs qui saignent

L’Église est sainte par la volonté de Dieu, mais souillée par des individus qui contreviennent personnellement et gravement aux principes de bon gouvernement et abusent de l’ascendant moral que leur confère leur ministère. J’entends vos cœurs qui saignent face au sentiment d’injustice, tant vous faites depuis plus de vingt ans pour mieux traiter et éradiquer ce fléau. Soyez confiant en Jésus-Christ qui voit tout et sait tout.

Bien-aimés, ne trouvez pas étrange le brasier allumé parmi vous pour vous mettre à l’épreuve ; ce qui vous arrive n’a rien d’étrange. Dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Et si vous souffrez, souffrez avec ceux qui ont été blessés par ceux qui devaient les protéger. Je vous écris ces quelques mots pour vous exhorter, et pour attester que c’est vraiment dans la grâce de Dieu que vous tenez ferme. Saluez-vous les uns les autres par un baiser fraternel. Paix à vous tous, qui êtes dans le Christ.

François Morinière