17. nov., 2021

Pologne : des « tentes de l’espoir » à la frontière biélorusse

Caritas Pologne installe depuis quelques jours des "tentes de l’espoir" dans les églises de l'archidiocèse de Bialystok, région frontalière avec la Biélorussie où la crise migratoire atteint son paroxysme. Ces tentes sont destinées à apporter à tous ceux qui en ont besoin une aide matérielle et spirituelle.

Alors que le 15 novembre le gouvernement polonais a annoncé qu’il comptait installer un mur de 180 kilomètres de long à la frontière avec la Biélorussie pour empêcher l’entrée de migrants sur son territoire, la branche polonaise de Caritas (Caritas Polska) installe depuis quelques jours des « tentes de l’espoir » afin d’aider tous ceux qui ont un besoin d’aide matérielle, psychologique ou spirituelle : des migrants, mais aussi les habitants dépassés par la situation.

« Nous voulons qu’il y ait plusieurs Tentes de l’espoir, a expliqué Maciej Dubicki, directeur de Caritas Polska, dans une interview à l’agence de presse polonaise KAI. Elles seront groupées dans les paroisses frontalières de l’archidiocèse de Bialystok, là, où la crise des migrants est actuellement la plus aiguë. Nous nous engageons à fournir une aide concrète. Les chrétiens en particulier, les catholiques, sont tenus d’apporter leur aide. Nous devons être attentifs aux besoins de chacun. Une « tente de l’espoir » est censée être un lieu où l’on peut se rencontrer et obtenir l’aide nécessaire »

Les signaux de bonté

Envoyé sur place, le père Kordian Szwarc, directeur adjoint de Caritas Polska, a déjà engagé des échanges avec les prêtres et les paroissiens du diocèse afin de les encourager à s’impliquer dans ce bénévolat d’urgence. Pour le religieux, il s’agit d’un état d’urgence sans précédent : « Les habitants des zones frontalières ne luttent pas seulement contre la peur, mais aussi contre des dilemmes très difficiles. D’une part, le sentiment de leur propre sécurité, de prendre soin de leur famille et de leurs proches, et d’autre part, un fort sentiment d’obligation morale de venir en aide auprès des migrants dans le besoin. Nous sentons que notre présence ici est destinée à renforcer toutes les manifestations et les signaux de bonté déjà présents dans les communautés paroissiales. Nos tentes sont également un espace où les personnes engagées peuvent se rencontrer, se soutenir mutuellement, parler de ce qui les préoccupe et chercher ensemble des moyens par lesquels elles peuvent, en tant que chrétiens, répondre aux difficultés actuelles », explique-t-il à KAI.

« Quelles que soient les circonstances de l’arrivée des migrants, ils ont certainement besoin de notre soutien spirituel et matériel », a déclaré le président de l’Episcopat polonais.

De son côté, le président de la Conférence épiscopale polonaise, Mgr Stanisław Gądecki, a lancé le 8 novembre un appel pour aider les migrants en demandant, entre autres, d’organiser une collecte de fonds dans tout le pays le 21 novembre, à la sortie de toutes les messes célébrées ce jour-là. Les fonds collectés seront utilisés – par l’intermédiaire de Caritas Polska – pour financer des activités d’aide dans les zones frontalières durant la crise migratoire et pour le processus d’intégration à long terme des réfugiés qui décident de rester en Pologne. « Quelles que soient les circonstances de l’arrivée des migrants, ils ont certainement besoin de notre soutien spirituel et matériel », a-t-il souligné.

Le message du pape François

Son appel était attendu avec impatience, depuis le début de la crise, par de nombreux catholiques polonais. Certainement, le message du pape envoyé le 16 novembre 2021 aux membres du Centre Astalli, un centre d’accueil pour les migrants situé à Rome, a trouvé chez eux également un écho : « L’histoire de ces dernières décennies a montré des signes d’un retour vers le passé », a-t-il notamment affirmé, déplorant une nouvelle fois les nombreux conflits, la montée des populismes et des nationalismes et la « construction de murs ».

Marzena Devoud