18. nov., 2021

La précarité alimentaire s’aggrave en France

Dans son rapport annuel sur l’état de la pauvreté en France en 2020 publié ce jeudi 18 novembre, le Secours catholique met en lumière une progression de la demande d’aide alimentaire, pourtant en baisse depuis quelques années.

Les files d’attente s’allongeant devant les centres de distribution alimentaire fait partie des images marquantes de la pandémie de Covid-19. Loin d’être anecdotique, cette image traduit une réalité douloureuse : la précarité alimentaire existe en France et pour la première fois depuis plusieurs années, elle progresse. En 2020, en France, entre 5 et 7 millions de personnes ont eu besoin de se rendre dans des centres de distribution alimentaire.

Aucun repas dans la journée

« La demande d’aide alimentaire, légèrement à la baisse ces dernières années, est repartie à la hausse en 2020 pour concerner 54% des ménages rencontrés », souligne le rapport annuel du Secours catholique sur l’état de la pauvreté en France publié ce jeudi 18 novembre. « Sans surprise, les ménages aux plus faibles ressources – notamment quand le niveau de vie mensuel est inférieur à 600 euros – formulent plus fréquemment une demande d’aide alimentaire, souvent couplée à d’autres demandes. » Avec la crise, les demandes d’aide alimentaire ont augmenté, en particulier dans les familles avec enfants et chez les jeunes de moins de 25 ans (+ 6 points entre 2019 et 2020). La présence d’enfants, la monoparentalité et l’existence d’impayés sont des facteurs de fragilité importants.

Autre fait particulièrement alarmant, 27% des ménages auxquels le Secours catholique a remis des chèques-services subissent une insécurité alimentaire grave. Autrement dit, il leur arrive régulièrement de ne prendre aucun repas de la journée. « Quand les revenus suffisent à peine à régler le loyer, la santé, les dettes, la pension… ou quand il faut faire face à un imprévu (comme l’arrêt des cantines en 2020), on rogne sur la partie variable des dépenses », détaille le Secours catholique. « À commencer par l’alimentation et le chauffage. »

Agnès Pinard Legry