12. juin, 2022

Le pape se dresse contre « le mythe de l’éternelle jeunesse »

"Le mythe de l’éternelle jeunesse" nous cause "une certaine confusion mentale", s’est alarmé le pape François lors de l’audience générale du 8 juin 2022, tenue sur la Place Saint-Pierre.

Le pape François a poursuivi ce mercredi 8 juin sa série d’enseignement sur la vieillesse. En s’appuyant cette semaine sur l’exemple du personnage de Nicodème, un notable juif qui a rendu visite à Jésus, le pape a montré que la vieillesse est un temps de préparation à « la naissance d’en haut » et une manifestation de « la tendresse de Dieu ».

L’attention de Jésus à Nicodème, dans le dialogue relaté par l’Évangile de Jean, montre que « toute vie est précieuse aux yeux de Dieu : elle nous identifie comme des créatures aimées par Lui avec tendresse », a indiqué le pape. Pourtant Nicodème émet une objection : « l’être humain vieillit inévitablement, le rêve d’une jeunesse éternelle s’éloigne définitivement, l’usure est le port d’arrivée de toute naissance dans le temps ». Mais à la lumière de la relation avec Jésus, la vieillesse « devient le moment opportun pour l’illuminer, en la libérant du malentendu d’une espérance perdue », a souligné le pontife de 85 ans.

"La vieillesse est donc un moment privilégié […] parce qu’elle ouvre à la tendresse du sein créateur et générateur de Dieu."

« Notre époque et notre culture, qui révèlent une tendance inquiétante à considérer la naissance d’un enfant comme une simple question de production et de reproduction biologique de l’être humain, cultivent ensuite le mythe de l’éternelle jeunesse comme l’obsession – désespérée – d’une chair incorruptible », a dénoncé le pape François, avertissant sur le danger spirituel que la chirurgie esthétique comporte.

« En attendant de vaincre la mort, nous pouvons maintenir le corps en vie grâce aux médicaments et aux cosmétiques, qui ralentissent, cachent, annulent la vieillesse », a remarqué le pape, tout en soulignant qu’il vaut mieux assumer son âge. Il a évoqué la réaction de l’actrice italienne Anna Magnani (1908-1973), à qui quelqu’un avait conseillé une intervention de chirurgie esthétique pour effacer ses rides : « Mais j’ai mis tellement de temps pour les avoir ! Ne me les enlevez pas ! », avait-elle répondu avec humour. « Les rides sont un signe d’avoir fait tout un cheminement de vie », a expliqué le pape, soulignant que la jeunesse est d’abord « une affaire de cœur ».

La vieillesse, une étape vers l’Éternité
« La vie dans la chair mortelle est une très belle chose »inachevée » : comme certaines œuvres d’art qui, précisément dans leur incomplétude, ont un charme unique », a souligné le pape François, en remarquant que la foi, doit nous aider à identifier « ce qui, dans notre vie, porte le signe de la destination pour l’éternité de Dieu ».

« Dans cette perspective, la vieillesse a une beauté unique : nous marchons vers l’Éternité », a-t-il remarqué. « La vieillesse est donc un moment privilégié pour libérer le futur de l’illusion technocratique d’une survie biologique et robotique, mais surtout parce qu’elle ouvre à la tendresse du sein créateur et générateur de Dieu », a expliqué le pape François en insistant sur « la tendresse des vieux ».

Il a expliqué, en sortant de son texte, que le regard des grands-parents sur leurs petits-enfants est une démonstration de « la tendresse de Dieu ». Comme une antidote de la « la culture du déchet », les vieux, « messagers de la tendresse, messagers de la sagesse d’un vie vécue », après avoir surmonté de nombreuses épreuves, sont ainsi « les messagers du futur ».

I.Media