29. sept., 2022

« Reste un peu », le film très personnel de Gad Elmaleh sur sa foi

Après s'être éloigné un certain temps du grand écran, l’humoriste et acteur Gad Elmaleh revient au cinéma le 16 novembre avec un film très personnel, "Reste un peu". Une comédie aux élans autobiographiques fondée sur sa propre vie et son cheminement spirituel. On rit, bien sûr, mais on s’interroge aussi. Et ça fait toute la différence.

L’insaisissable Gad Elmaleh a-t-il enfin accepté de lever le voile sur sa foi ? Oui, mais à sa manière et selon ses conditions, à savoir une comédie aux élans autobiographiques, en salles le 16 novembre. « Reste un peu » est son deuxième film en tant que réalisateur après Coco (2008). On le voit débarquer soudainement en France chez ses parents – qui jouent leurs propres rôles – après trois années aux États-Unis. Branle-bas de combat chez ces derniers qui lui réservent un accueil digne du fils prodigue. Bien que tout à sa joie de les revoir, c’est pourtant pour une tout autre raison que Gad est revenu : son baptême.

Un sacrement dont il n’a pas osé parler à sa famille, juive séfarade, qui vivrait ça comme un échec, un coup porté à leur histoire et une profonde déception. Ce flou volontairement entretenu – parce que vécu – donne lieu à de savoureux quiproquos comme cette scène où Gad, logé chez ses parents, regarde le soir dans son lit une procession mariale… et ferme brutalement l’écran de son ordinateur en entendant sa mère rentrer dans sa chambre. Et cette dernière de lui rappeler qu’il est grand et qu’il fait bien ce qu’il veut. Mais elle ne va pourtant pas tarder à découvrir la vraie raison du retour de son fils en rangeant ses affaires et en découvrant, dans sa valise, une statue de la Vierge Marie.

À ces scènes humoristiques en succèdent d’autres, où l’on découvre son parcours de catéchumène à la paroisse Sainte-Cécile de Boulogne, les discussions qu’il a pu avoir avec l’une de ses accompagnatrices, une religieuse de la communauté des Béatitudes, ainsi que le père Barthélémy, curé de Sainte-Cécile, qui joue d’ailleurs son « vrai » rôle dans le film. Il y a aussi cette touchante rencontre avec une jeune étudiante prénommée Agnès qui l’aborde afin de le remercier pour le bonheur qu’il procure aux gens et l’assurer de sa prière.

Mais le plus dur demeure ce tiraillement, du début à la fin du film, chez Gad Elmaleh, entre la foi juive de son héritage familial et sa mystérieuse attirance pour la Vierge Marie depuis son plus jeune âge lorsqu’il a franchi, malgré l’interdiction de ses parents, les portes de l’église de Casablanca où il a grandi, et qu’il est tombé nez à nez avec une statue de la mère de Jésus. Une scène que décrit très bien sa sœur, qui joue également son propre rôle dans le film.

Alors, quelle est la part de vérité et de fiction ? Gad Elmaleh finit-il par se faire baptiser ? Ses parents l’accepteront-ils ? Depuis quelques années déjà, l’humoriste envoie de discrets signaux en se rendant au sanctuaire de Paray-le-Monial, en rencontrant le cardinal Sarah ou encore, plus récemment, en suivant des cours de théologie au collège des Bernardins. Alors, converti et baptisé, Gad ?

Ce ne sont, finalement, peut-être pas là les « bonnes » questions. « Reste un peu », ces mots prononcés dès le début du film par les parents de Gad Elmaleh, retrace un itinéraire tout personnel, celui de l’humoriste, qui ne manque pas, par définition, d’humour. Mais qui cache plus encore une certaine profondeur quant aux questionnements qui habitent celles et ceux qui cheminent. Pour les croyants, la fin du film est aussi une invitation à poursuivre ce chemin de la foi, qu’il s’agisse pour certains d’un retour aux fondamentaux et, pour d’autres, d’une nécessaire mise en mouvement.

Agnès Pinard Legry