MAGNIFICAT !

Marie ! O ! toute belle ! Sainte mère de Dieu,
Je viens te rendre grâces et te dire en ce lieu,
Où je t'ai suppliée,
Merci pour les merveilles dont tu m'as comblée !

Marie ! O ! toute belle ! En regardant ma vie,
Je te vois au détour de tous mes longs chemins,
Tu présentes l'amour entre tes mains bénies,
Sous les traits de ton fils dont l'éternelle offrande
Interpelle à jamais mon coeur de pèlerin,
Et me pousse à crier ma Foi toujours plus grande.

Marie ! O ! toute belle ! Aux heures de souffrance
Alors que la tristesse éclate dans les pleurs,
Tu poses ton regard, tu souris en silence,
Tu mets sur le chemin des signes d'espérance,
Arrachant une épine et posant une fleur.
Ainsi d'épine en fleur et de fleur en épine,
A travers les cailloux, on marche sur tes pas,
On trébuche parfois, on se retrouve en bas,
Mais ta main nous relève, O ! tendresse divine !
Et pour chaque faiblesse et pour chaque douleur,
Tu nous fais faire un pas de plus vers le Seigneur.
Dans un "MAGNIFICAT" s'élève ma prière
A ton fils bien-aimé, pour glorifier son nom,
Car il a fait pour moi resplendir sa lumière
Il a comblé mon coeur, et posé sur mon front
Le rayon plein d'espoir de la grande promesse.


Marie ! O ! toute belle ! En un chant d'allégresse
Humblement, je me dis, Servante du Seigneur,
Et je passe par toi, pour lui donner mon coeur !

Antoinette Gendron-Pinçon

 

TOUT VIENT DE TOI Ô PÈRE TRÈS BON !

Je me croyais utile et je voulais ma place

Au milieu de l’arène où combattent pour Toi

Les athlètes « debout » qui reçoivent ta Grâce

Et par elle deviennent « Témoins de ta foi »

 

Je comptais sur moi-même et je rêvais d’action

Jurant de parcourir un terrain sans limite

Où j’aurais satisfait ma faim de relation

En voulant « avoir l’air » de marcher à Ta suite…

 

Je voulais en criant proclamer ta Parole

Dire au monde ma foi, par des chemins à moi

Et pour te révéler j’avais choisi mon rôle

Sans penser que l’Amour ne passe que par Toi !

 

En vain, je t’ai cherché où je voulais Seigneur

Et, lorsque je t’ai vu sous un autre visage

J’ai reconnu pourquoi tu m’attendais ailleurs

Et dans l’événement, j’ai compris ton message !

 

Pardonne-moi, Seigneur, révolte et lâcheté

Si tu m’as révélé toute ma petitesse

C’est pour mieux me combler car dans ma pauvreté

Toi seul peut soutenir le poids de ma faiblesse…

 

A partir de l’instant où je ne suis plus rien

La Paix revient en moi, et aussi l’espérance

Puisque tu donnes Tout, en détachant le lien

Qui me faisait esclave de ma suffisance….

 

Je te rends Grâces enfin, du Don de ton Amour

Sans jamais pénétrer l’insondable mystère

De ta bonté sans fin, acquise pour toujours

Je veux vivre avec Toi, l’épreuve salutaire !

Ô SEIGNEUR APPRENDS - MOI !

Ô Seigneur ! Apprends-moi la tendresse
Apprends-moi la douceur !
Apprends-moi le sourire jusqu'au fond du coeur !
Apprends-moi le secret de donner du bonheur !
Ô Seigneur, apprends-moi !

Apprends-moi tous les mots et place sur mes lèvres
Les paroles de Paix qui calment toute fièvre.
Donne-moi d'écouter le battement du coeur
De tout être blessé qui souffre et qui a peur !

Apprends-moi ton regard
Pour qu'il passe en mes yeux
Au cours de ma "Rencontre" avec un frère anxieux
Apprends-moi l'offertoire
Apprends-moi la lumière
Qui jaillit de l'amour quand tout homme est mon frère

Lorsque je n'ai pas faim, que ma bouche est amère,
Ô Seigneur apprends-moi à consommer le pain
Pour que chaque bouchée offerte à ma manière
Devienne "Acte d'amour"
Pour tous ceux qui ont faim !

Apprends-moi à grandir tout acte "terre à terre"
En passant par ton coeur
En passant par ta voix !
Apprends-moi à changer l'aspect de ma misère
En te la présentant sur le bois de Ta Croix.

Ô Seigneur ! Apprends-moi le parfum du silence
Apprends-moi dans la nuit le prix de ta présence
Apprends-moi la façon de répandre la Paix !
Par le plus petit geste, même sans importance
Qui devient créateur si je veux désormais
Accepter, Ô Seigneur que rien ne m'appartienne
Te laisser "agir" en moi quoiqu'il advienne !

Ô Seigneur ! Apprends-moi
A n'aimer que par Toi !
Amen   

Antoinette Gendron-Pinçon

RIEN QUE POUR AUJOURD’HUI

Je t’ai dit « Oui » Seigneur, je veux bien n’être rien
Reconnaître aujourd’hui le néant de moi-même
Et te laisser agir en moi puisque tu m’aimes
Et que sans Toi, de moi il ne sort aucun bien.

Fais-moi vivre par Toi pour le moment présent
Que pour chaque minute qui peuple cette heure
Tu fasses de mon cœur Ô Maître ta demeure
Où règne ta tendresse en se réalisant

Rien que pour aujourd’hui, instant après instant
Je m’abandonne à Toi, je me tais, je t’écoute
Je reçois ton amour qui m’enveloppe toute
Et me fait rencontrer le frère qui m’attend

Tu le sais mieux que moi, il se peut que demain
La révolte à nouveau m’éloigne de ta route
Et que dans ma réponse il n’y ait que le doute
Parce que mon orgueil aura lâché ta main

Alors je redirai avec ta voix, Seigneur
Avec ton cœur aussi la sublime prière
Que tu as prononcée en disant « Notre Père »
Rien que pour aujourd’hui, sois Maître de mon cœur !

Amen !

Antoinette Gendron-Pinçon

JE T'AI AIMEE D'UN AMOUR ETERNEL !

. Père !
 Si c'est possible, éloigne ce calice !
Pourtant, qu'il me soit fait selon ta volonté...
C'est bien dans ce jardin, celui du sacrifice
Que tu m'attends, Seigneur, de toute éternité.

Tu dis :"Je t'ai aimée d'un amour éternel !"
Oui Seigneur, Tu as fait "Alliance" avec moi
Comme avec Israël !
Et tu m'as relevée au son des tambourins,
Changeant mon deuil en joie
Consolant mes chagrins.

Mais je n'ai pas fini de "gravir la hauteur"
De ta Bonté Seigneur !
Tu dis à ceux qui veulent venir à ta suite
"Chargez-vous de la Croix !"
Bien souvent j'ai dit "OUI" et puis j'ai pris la fuite
Terrassée par l'effroi !

Car la Croix était lourde, et si long le chemin
Que désespérément, j'avais lâché ta main...
Mais je pensais alors à la Cananéenne
qui reçut, non les miettes, mais le "pain" tout entier
Comme elle j'ai osé longtemps te supplier
Jusqu'à ce que Tu viennes...

C'est pourquoi je m'installe au creux de ton Pardon
Car tu as effacé mes heures d'abandon.                                                                                                                            Je voudrais te louer pour tant d'années d'amour
Où j'ai vu s'effeuiller dans le même jardin
D'abord timidement la rose du matin
Puis celle de midi, colorée de souffrance
Et pourtant devenue, rose de l'espérance !

Maintenant voici l'heure où le soleil descend
Et la rose est tâchée par des "gouttes de sang"...
Par des "larmes cachées" je te bénis Seigneur !
Je veux bien continuer avec Toi le voyage
En vraie fille de Dieu, en enfant d'Israël.
Je puiserai ma force au coeur de ton Message
Qui dit : "Je t'ai aimée d'un amour éternel !"

Antoinette Gendron-Pinçon

INVITATION A LA RENCONTRE

Comme une goutte d'eau
Glissant légèrement sur les frêles cailloux
Rejoint ici ou là dans les creux de chez nous
Une autre goutte d'eau...

Comme le long ruban
Enlaçant nos prairies devient une rivière
En mouillant notre terre
Avant d'aller rejoindre l'infiniment grand
Ainsi le "grain" d'amour en ce temps de Carême
Suscite la "Rencontre" pour tous ceux qui "aiment"

Ami ! si tu voulais être la goutte d'eau
Qui murmure sans fin, au-dessus des fontaines
Chaque heure de ta vie se ferait plus active
Et, cherchant l'essentiel, à la source d'eau vive,

Les autres avec toi, trouveraient la manière
De bâtir un royaume où les hommes sont frères
Chacun viendrait alors pour oublier sa peine
Se rafraîchir au puits de la "Samaritaine".
 
Antoinette Gendron-Pinçon

PRIÈRE D'UNE GRAND MÈRE

Prière à Sainte Anne
Et Saint Joachim

Parce que tu étais la maman de Marie
Un jour aussi tu fus choisie
Pour accueillir l'honneur d'être appelée "Grand-mère"
Par celui qui se fit l'un de nous : notre frère,
Et l'Infiniment Grand.
Sainte Anne, en ta tendresse, écoute ma prière,
Elle exprime le voeu de toutes les grands-mères.
Je te confie ce jour l'enfant de mon enfant
Pour que tu le présentes à l'Infiniment Grand,
Comme tu conduisais la Vierge par la main,
Si la lampe s'éteint, montre-lui le chemin !
Toi qui portas Marie dans ton sein maternel,
Toi qui berças Jésus dans la joie de Noël,
Accepte de porter l'enfant de mon enfant,
Sois-pour lui, Grand Maman !

Avant de terminer ma fervente prière,
Je veux parler aussi dans le nom des grands pères,
a ton fidèle compagnon,
Saint Joachim était son nom !
L'un et l'autre penchés sur l'Infiniment Grand,
Vous aviez le regard de tous les grands parents.
Que ce regard d'amour
Eclaire pour toujours
L'enfant de mon enfant !

 

Antoinette Gendron-Pinçon, 26 juillet 1991

NOTRE PERE

Père, qui es aux Cieux
C'est-à-dire en tous lieux
Où l'amour est présent, où la vie se partage
Que ton Nom soit béni !
Qu'on lui donne un visage
En contemplant le geste des plus démunis
Qui portent le fardeau du frère malheureux !
Agis dans notre coeur pour que ton règne vienne,
Fais de nous tes "témoins" partout quoiqu'il advienne,
Là où tu nous envoies bâtir communauté
Pour y réaliser ta sainte Volonté,
Là où tu fais le ciel, là où s'ouvre la terre,
Là où ton Divin Fils accomplit le mystère...
Pour chaque jour, Ô Père, donne-nous ta grâce
Afin que nous vivions en toi l'instant présent,
Et que chaque minute ou chaque instant qui passe
Soit vécu dans le "OUI" d'un éternel présent...
Et s'il nous arrivait d'oublier ta tendresse,
Et si notre égoïsme fuyait la détresse
Du frère douloureux qui attend notre amour,
Pardonne Ô Notre Père !
Et s'il arrive un jour
Que nous ayons très mal d'avoir été blessés,
Si nous avons cru être parfois offensés,
Pour que dans notre coeur la rancune s'efface,
Accepte d'occuper en nous toute la place,
Et qu'avec tous nos frères
Nous disions :"Notre Père"
Délivre-nous du mal et garde en nous l'Amour !
Amen !

Antoinette Gendron-Pinçon

PRIERE POUR LE SACREMENT DE RECONCILIATION

Pour n'avoir pas ouvert les yeux
sur le prochain
Ce frère malheureux
Assoiffé de douceur d'amour et de tendresse,
Et pour n'avoir pas su, pour apaiser sa faim
prendre avec moi parfois, un peu de sa tristesse
et de mon amitié lui partager le pain
Je te demande pardon !...

Pour avoir oublié de vivre le partage
en acceptant que l'autre apporte son savoir
si différent du mien !
Pour avoir refusé la joie de recevoir,
pour avoir évité de rendre cet hommage
d'avoir tout reçu de celui qui n'a rien,
je te demande pardon !

Pour n'avoir pas voulu que trop de "moi" s'efface
Afin que l'autre un jour prenne toute sa place,
Et pour n'avoir pas su remarquer Ta présence
dans notre relation et par nos différences...
Enfin, pour n'avoir pas "aimé" avec ton coeur
Seigneur !
Je te demande pardon !

Alors, si tu le veux, je reprends le chemin,
Il n'y a plus d'hier et plus de lendemain
car avec ton pardon, toute crainte s'efface...
Rien que pour aujourd'hui en recevant ta grâce
Je veux vivre avec Toi, cette heure du présent,
Présent dont chaque instant
par Toi se renouvelle
et me conduit déjà sur la route éternelle !...

 Antoinette Gendron-Pinçon

PRIERE D'UNE AIDE SOIGNANTE

Seigneur ! je te connais un peu...
Peut-être pas du tout...
Ou bien je te connais beaucoup...
Mais, Toi, ce que tu veux
c'est que je te rencontre au cours d'une journée.

Moi, je n'ai pas souvent le temps d'une prière,
Mes heures de travail sont toutes occupées,
Alors dès ce matin, je te donne mes pas
Qui vont marcher, courir pour servir les souffrants,
ceux que tu m'as donnés
Parce qu'ils sont mes frères
Et que je vais aimer par chacun de mes pas
qui finiront un jour par me conduire à Toi !

Je te donne mes bras, je te donne mes mains,
Ils ont pour chaque jour à suivre ton chemin,
Ils vont lever, porter, redresser, retenir
Les frères douloureux que je dois soutenir.

Donne à ces mains, ces bras, une infinie douceur
Donne leur la fraîcheur
Qui transforme le feu d'une longue souffrance
En un souffle léger qui chante l'espérance !
Je te donne ma voix, qu'elle soit réconfort,
Musique de tendresse, berceuse qui endort
Au moins pour un instant, mon frère douloureux.

Alors si je n'ai pas le temps de te prier,
Si j'ai pu t'oublier
A travers tous ces gestes vécus chaque jour
Que mes frères souffrants redécouvrent l'amour.

Et si je n'ai pas su, dans mon indifférence
Me rappeler ton Nom,                                            
Je les regarderai pour trouver ta Présence             

Car ton Nom C'est l'Amour !   

Antoinette Gendron-Pinçon (Hôpital d'Evron 1988)                           

CHEMIN D'ABRAHAM, ROUTE DE DIEU...

Laissons donc à l'enfant le temps d'être un enfant.
Laissons-lui les questions, les pourquoi ? les comment ?

Laissons-le découvrir la teinte des saisons,
Laissons-le se griser de rires et de chansons !
L'enfant est disponible à l'appel du Divin
Pourquoi vouloir risquer que cet appel soit vain ?

Son coeur tout neuf attend le message chrétien
Mais il lui faut un rythme, un repère, un soutien
Il lui faut un modèle, il lui faut un témoin
Qui rapproche de lui ce qui paraît trop loin.

La Bible est aujourd'hui le témoin de l'histoire
Notre Dieu l'a écrite avec la vie des hommes,
Avec leurs sentiments qui font ce que nous sommes.
Cette vie tour à tour, médiocre ou méritoire,
Avance vers son Dieu au rythme des saisons :
De nouveaux "Abraham" perpétuent sa maison !

N'empêchons pas l'enfant d'entendre ce message
Sur la route de Dieu, nous sommes en voyage
Ensemble nous allons où nous conduit la vie
Avec le handicap, avec la maladie.

Voyageurs, engagés sur les pas des ancêtres
C'est nous qui écrivons la Bible aujourd'hui
En cherchant dans nos vies ce qui fait reconnaître
La présence Divine qui fait notre appui,

Et révèle à nos yeux
Le chemin d'Abraham qui est "route de Dieu".

Antoinette Gendron-Pinçon "Au temps de la Profession  de foi" (1992)

 

AMOUR SI J’ETAIS TOI !

J'allumerais la joie dans tous les yeux éteints...
Je sèmerais des fleurs au milieu des jardins
Je jouerais des musiques aux notes d'espérance
J'ouvrirais la clarté dans le brouillard immense
J'écrirais des chansons qui parleraient d'amour
Je mettrais des senteurs au creux de chaque jour
Je verserais la paix au cœur de la violence
Et je réchaufferais la froideur du silence

En ranimant la cendre au matin du réveil !
J'habillerais ma voix d'une infinie douceur
Pour murmurer les mots qui disent la tendresse
Et je m'efforcerais d'essuyer chaque pleur
Effaçant du visage un sillon de tristesse
J'inventerais des gestes de sollicitude
En me faisant présente à toute solitude.
J’arrêterais le temps sur un instant de Paix

Pour qu’une aube d’espoir se lève désormais…

Pour l'enfant sans parents je me ferais "maman"
Et je recueillerais les "paumés" du moment
Je ne forcerais pas le mur de leur silence
J'attendrais leur retour, laissant la porte ouverte
Et la lampe allumée sur la table de fête...
Je compterais tout bas les heures de l'absence
J'accepterais de vivre près du téléphone
Pour répondre à l'appel des plus infortunés
Ma parole serait le timbre qui résonne
Et plonge jusqu'au fond des cœurs abandonnés
AMOUR ! Si j'étais toi ! dépassant la pitié
Je me ferais "partage, écoute, amitié"
Et je suis sûre alors, qu'au fond de leur folie
Dans les cœurs presque morts, rejaillirait la vie !

Antoinette Gendron-Pinçon

APPEL A TOI SEIGNEUR DU FOND DE MA MISERE !

Ô Père bien-aimé, je n’ai que pauvreté
Dans ce cœur replié que l’égoïsme blesse
Et dont Toi seul connaît la constante faiblesse
Ecoute mon appel, guéris ma lâcheté

Tu m’as donné ce cœur mais le mode d’emploi
N’a pu franchir encore le mur inaccessible
Des barrières du « Moi » qui rendent impossible
Cet élan attendu qui ne conduit qu’à Toi !

Chaque jour, je reprends un douloureux combat
Je marche sur mon cœur, j’avance vers mon frère
Et, dans l’instant qui suit, l’échelle tombe à terre
Et, sans savoir comment, je me retrouve en bas…

C’est l’heure difficile où l’homme tour à tour
Accuse injustement, blesse l’autre et s’enlise
Aveuglé par le mal dont il subit l’emprise
Il cherche en vain la porte qui mène au retour !

Ô Père, je t’en prie, apprends-moi à aimer
J’attends de ton Esprit une force nouvelle
Qui me libère enfin, et qui me renouvelle
Et, prête-moi le cœur de ton Fils bien-aimé…

Donne aussi ta tendresse à ceux que j’ai blessés
Dis-leur qu’après le vent violent de la tempête
Le vieil homme mourra, sans redresser la tête
Vaincu par Ton Amour, il sera terrassé !

Antoinette Gendron-Pinçon

 

TOUT VIENT DE TOI Ô PERE TRES BON !

Je me croyais utile et je voulais ma place
Au milieu de l’arène où combattent pour Toi
Les athlètes « debout » qui reçoivent ta Grâce
Et par elle deviennent « Témoins de ta foi »

Je comptais sur moi-même et je rêvais d’action
Jurant de parcourir un terrain sans limite
Où j’aurais satisfait ma faim de relation
En voulant « avoir l’air » de marcher à Ta suite…

Je voulais en criant proclamer ta Parole
Dire au monde ma foi, par des chemins à moi
Et pour te révéler j’avais choisi mon rôle
Sans penser que l’Amour ne passe que par Toi !

En vain, je t’ai cherché où je voulais Seigneur
Et, lorsque je t’ai vu sous un autre visage
J’ai reconnu pourquoi tu m’attendais ailleurs
Et dans l’événement, j’ai compris ton message !

Pardonne-moi, Seigneur, révolte et lâcheté
Si tu m’as révélé toute ma petitesse
C’est pour mieux me combler car dans ma pauvreté
Toi seul peut soutenir le poids de ma faiblesse…

A partir de l’instant où je ne suis plus rien
La Paix revient en moi, et aussi l’espérance
Puisque tu donnes Tout, en détachant le lien
Qui me faisait esclave de ma suffisance….

Je te rends Grâces enfin, du Don de ton Amour
Sans jamais pénétrer l’insondable mystère
De ta bonté sans fin, acquise pour toujours
Je veux vivre avec Toi, l’épreuve salutaire !

Antoinette Gendron-Pinçon

 

DIEU EST LA !

Dieu est là dans le coeur où l'argent n'est pas roi.
Là, où les plus petits reçoivent la tendresse,
Là où toute amitié chasse le désarroi.
Partout quand un sourire efface la tristesse
Dieu est là !

Dieu est là, dans la barque où s'endorment parfois
Des hommes fatigués par une longue route.
Il suffit que vers eux un témoin de la Foi
S'avance et les regarde en apaisant le doute,
Dieu est là !

Dieu est là, mais toujours il faut qu'on le découvre.
Il faut quelqu'un qui passe et qui parfois s'arrête,
Si la porte est fermée, il faut qu'une main l'ouvre
Et que pour le partage une amitié soit prête !

Il faut toujours quelqu'un qui regarde l'enfant,
Qui sache partager son émerveillement
Et qui fasse le lien entre l'enfant et Dieu
Entre Dieu et l'enfant !
Serons-nous ce "quelqu'un" qui relie Dieu à Dieu ?
 

  Antoinette Gendron-Pinçon, 1993
  Au temps de la Profession de Foi