Prières sur mes chemins de femme

La Samaritaine et Sentiers d'Evangile

- Antoinette Gendron-Pinçon -

 

TOUT VIENT DE TOI Ô PERE TRES BON !

Je me croyais utile et je voulais ma place
Au milieu de l’arène où combattent pour Toi
Les athlètes « debout » qui reçoivent ta Grâce
Et par elle deviennent « Témoins de ta foi »

Je comptais sur moi-même et je rêvais d’action
Jurant de parcourir un terrain sans limite
Où j’aurais satisfait ma faim de relation
En voulant « avoir l’air » de marcher à Ta suite…

Je voulais en criant proclamer ta Parole
Dire au monde ma foi, par des chemins à moi
Et pour te révéler j’avais choisi mon rôle
Sans penser que l’Amour ne passe que par Toi !

En vain, je t’ai cherché où je voulais Seigneur
Et, lorsque je t’ai vu sous un autre visage
J’ai reconnu pourquoi tu m’attendais ailleurs
Et dans l’événement, j’ai compris ton message !

Pardonne-moi, Seigneur, révolte et lâcheté
Si tu m’as révélé toute ma petitesse
C’est pour mieux me combler car dans ma pauvreté
Toi seul peut soutenir le poids de ma faiblesse…

A partir de l’instant où je ne suis plus rien
La Paix revient en moi, et aussi l’espérance
Puisque tu donnes Tout, en détachant le lien
Qui me faisait esclave de ma suffisance….

Je te rends Grâces enfin, du Don de ton Amour
Sans jamais pénétrer l’insondable mystère
De ta bonté sans fin, acquise pour toujours
Je veux vivre avec Toi, l’épreuve salutaire !

Antoinette Gendron-Pinçon

 

GETHSÉMANI !

 

En te cherchant Jésus, j'entrais dans le jardin,
Tu étais à genoux, la tête dans tes mains
Dans ta longue prière
Tu rencontrais le Père !
Ô ! Jésus bien-aimé , laisse-moi écouter
Ce que dans ta souffrance, l'amour t'a dicté,
"Père ! Si c'est possible éloigne ce calice...
Et pourtant je le veux, j'offre ce sacrifice..."
Qui voyais-tu Jésus dans le regard du Père ?
Tu voyais son "amour" enveloppant la terre,
Et dès ce moment-là, Jésus, j'étais présente
En ton coeur douloureux...
Et sur ton front mouillé ruisselait le pardon
Fait de gouttes d'amour,
Comme une source lente
Effaçant doucement mes heures d'abandon...
Regarde la douleur
De ce corps labouré, j'ose te la donner
Dans ta passion d'amour, Ô Jésus bien-aimé
Je te donne mes pleurs !
J'ose être un peu présente et te dire à jamais
Que c'est dans ce jardin que je t'ai rencontré.
Ce corps anéanti, tout brisé, et détruit
Fais-le revivre encore au souffle de l'Esprit
Jusqu'à l'heure bénie de la "Résurrection"
Couronnant à jamais le chemin de "Passion" !
Amen !

Antoinette Gendron-Pinçon

Ô SEIGNEUR APPRENDS - MOI !

 

Ô Seigneur ! Apprends-moi la tendresse
Apprends-moi la douceur !
Apprends-moi le sourire jusqu'au fond du coeur !
Apprends-moi le secret de donner du bonheur !
Ô Seigneur, apprends-moi !

Apprends-moi tous les mots et place sur mes lèvres
Les paroles de Paix qui calment toute fièvre.
Donne-moi d'écouter le battement du coeur
De tout être blessé qui souffre et qui a peur !

Apprends-moi ton regard
Pour qu'il passe en mes yeux
Au cours de ma "Rencontre" avec un frère anxieux
Apprends-moi l'offertoire
Apprends-moi la lumière
Qui jaillit de l'amour quand tout homme est mon frère

Lorsque je n'ai pas faim, que ma bouche est amère,
Ô Seigneur apprends-moi à consommer le pain
Pour que chaque bouchée offerte à ma manière
Devienne "Acte d'amour"
Pour tous ceux qui ont faim !

Apprends-moi à grandir tout acte "terre à terre"
En passant par ton coeur
En passant par ta voix !
Apprends-moi à changer l'aspect de ma misère
En te la présentant sur le bois de Ta Croix.

Ô Seigneur ! Apprends-moi le parfum du silence
Apprends-moi dans la nuit le prix de ta présence
Apprends-moi la façon de répandre la Paix !
Par le plus petit geste, même sans importance
Qui devient créateur si je veux désormais
Accepter, Ô Seigneur que rien ne m'appartienne
Et te laisser "agir" en moi quoiqu'il advienne !

Ô Seigneur ! Apprends-moi
A n'aimer que par Toi !
Amen   

Antoinette Gendron-Pinçon

APPEL A TOI SEIGNEUR DU FOND DE MA MISERE !

Ô Père bien-aimé, je n’ai que pauvreté
Dans ce cœur replié que l’égoïsme blesse
Et dont Toi seul connaît la constante faiblesse
Ecoute mon appel, guéris ma lâcheté

Tu m’as donné ce cœur mais le mode d’emploi
N’a pu franchir encore le mur inaccessible
Des barrières du « Moi » qui rendent impossible
Cet élan attendu qui ne conduit qu’à Toi !

Chaque jour, je reprends un douloureux combat
Je marche sur mon cœur, j’avance vers mon frère
Et, dans l’instant qui suit, l’échelle tombe à terre
Et, sans savoir comment, je me retrouve en bas…

C’est l’heure difficile où l’homme tour à tour
Accuse injustement, blesse l’autre et s’enlise
Aveuglé par le mal dont il subit l’emprise
Il cherche en vain la porte qui mène au retour !

Ô Père, je t’en prie, apprends-moi à aimer
J’attends de ton Esprit une force nouvelle
Qui me libère enfin, et qui me renouvelle
Et, prête-moi le cœur de ton Fils bien-aimé…

Donne aussi ta tendresse à ceux que j’ai blessés
Dis-leur qu’après le vent violent de la tempête
Le vieil homme mourra, sans redresser la tête
Vaincu par Ton Amour, il sera terrassé !

Antoinette Gendron-Pinçon

 

Jésus je te regarde prier

 

Pendant quarante jours au milieu du désert
Tu partages, Seigneur, toutes nos solitudes
Désert de nos cœurs vides, angoisses de nos doutes
Trouble de nos errances
Et poids de nos déroutes
Et tu vas jusqu’au fond de nos incertitudes
Pour entendre le cri au creux de la souffrance
Où tout homme se perd !

Et voici que l’Amour répond à ta prière
Avec Pierre, Jacques et Jean tu nous fais compagnons
Renouvelés au Feu de « Transfiguration »
Grâces te soient rendues pour ce chemin Lumière !
Et merci pour Moïse et merci pour Elie
Merci pour l’immensité de nos vies
Qui jaillit désormais en actes radieux
Pour effectuer le « Tour de Dieu »

Donne à nos amitiés d’être comme la tienne
Une terre fertile, un levain d’espérance
Un germe qui grandit, soulève et nous entraîne
Vers le destin de tous nos frères
Pour qu’ils existent pleinement.
Quand tu auras pétri le Pain de ta Présence
A travers notre Amour
Quand tu auras pressé le Vin de l’Abondance
Devenu sang de Vie des nouvelles naissances
A l’aurore de chaque jour
Consacrant tous nos mouvements
En un geste d’offrande tournée vers le Père !

Alors nous répondrons à tes riches desseins
Et dans ton livre ouvert
Où le monde est marqué aux axes de ta Croix
La page de la Paix effacera l’effroi
La foule de l’Amour peuplera tes Hauts-Lieux
Où tu feras de nous des saints
Lorsque nous « entrerons en Dieu » !
Amen !

 Antoinette Gendron-Pinçon

LE BUISSON ARDENT

Seigneur ! Envoie ton souffle brûlant sur ma vie
Quand parfois, tristement, sans élan, je me traîne...
Le "Chemin de la Foi" est sans doute folie !
Mais redis-moi Seigneur, que l'amour nous emmène
A travers la chaleur de "Ton buisson ardent"
Vers la terre inconnue de "notre Chanaan" !
J'ai essayé de faire en passant le détour
Pour apprendre de Toi, la mission de l'amour
Alors tu m'as montré tout un peuple en souffrance :
Des hommes sans travail, et des enfants sans pain,
Des "oubliés" blessés par des indifférences...
Des "être marginaux" qui vivent en prison
Des foyers malheureux sans espoir pour demain...
Tu m'as parlé des pauvres et de la solitude
De ceux qui sont forcés de quitter leur maison
Pour aller se soumettre à d'autres habitudes !...
Tu m'as fait "écouter" ce cri de la douleur
Des "êtres" brusquement séparés par la mort...
Et puis, j'ai reconnu la souffrance des corps
Lorsque la maladie dévore lentement
Les possibilités de vivre pleinement.
Tu m'as "crié" enfin, ce "peuple de souffrance"
A besoin de trouver des signes d'espérance.
Va ! Dis-lui que je viens et dis-lui que "Je Suis" !
Aime sans te lasser ! Ouvre et change ton coeur !
Invente des chemins et des routes nouvelles
Habille tes pensées de douceur fraternelle.
Alors je te le dis :
"Aujourd'hui comme hier", si l'amour est présent
C'est le "Buisson Ardent" !
C'est là que je t'attends !

Antoinette Gendron-Pinçon

TRANSFIGURATION !

J'avais soif, Seigneur !
Et je suis allée boire à ta fontaine,
A ta source d'amour qui lave toute peine
En effaçant la peur !

J'avais la fièvre, Seigneur !
Alors sous le manteau de ton feuillage
Je suis allée m'asseoir sur le rivage
De ton lac sans fin,
De ton Tibériade
Et le matin
Tu m'es apparu, Seigneur !
M'enveloppant de ta fraîcheur !...
J'étais bien, Seigneur !
Tu m'as saisi la main
Et tu m'as fait gravir avec toi le chemin
du Thabor
Je vois encor
Tous tes frères humains rencontrés sur la route
Venus se joindre à nous guidés vers la lumière
Qui reflétait d'en haut la Gloire de ton Père...

Reste avec nous, Seigneur !
Nous sommes bien ici !
Pourtant la route n'est pas finie
Ensemble nous allons continuer le chemin
Jusqu'au jour où l'amour que tu nous as montré
Aura fait de nous tous des transfigurés
qui pourront voir alors dans toute sa clarté
Avec le Père, le Fils et l'Esprit-Saint
Ton admirable Trinité !

Antoinette Gendron-Pinçon

RIEN QU'A FORCE D'AIMER !

Le pauvre a dit : "J'ai faim et je n'ai pas d'amis !"
Un malade a crié dans son lit d'hôpital,
Il n'attendait plus rien que le moment fatal...
Le chômeur a frappé vainement à la porte
Des ateliers murés, des espérances mortes.
La rumeur a blessé, créant des ennemis,
Et dans ce monde fou, peuplé de violence,
On assassine, on tue, on prend des innocents,
Et des milliers d'enfants continuent en silence
A mourir chaque jour,
Tandis que d'autres, ailleurs, perçoivent la souffrance
Des parents déchirés par l'angoisse ou l'absence...
Pourtant dans cette mort, Ô Christ, tu es présent !
Toi qui dis "Bienheureux" !
Et Marie sourira pour essuyer les larmes
Des mères à genoux aux pieds de Notre-Dame...
Alors se lèveront de nouveaux "Abbé Pierre",
Des "Mère Térésa"... plus simplement des frères
Qui te feront Vivant
Rien qu'à force d'Aimer,
D'Aimer au quotidien, partout où tu appelles,
Même quand ça fait mal, Aimer à tout instant
Aimer encor, Aimer toujours, Aimer, Aimer,
Rien qu'à force d'Aimer
Bienheureux nous irons, et la main dans la main
Faisant taire en nos coeurs les méchantes rancunes
En inscrivant la Paix désormais à la "Une"
Nous vivrons avec Toi, la communion des Saints !

Antoinette Gendron-Pinçon

 

 

DIEU EST LA !

Dieu est là dans le coeur où l'argent n'est pas roi.
Là, où les plus petits reçoivent la tendresse,
Là où toute amitié chasse le désarroi.
Partout quand un sourire efface la tristesse
Dieu est là !

Dieu est là, dans la barque où s'endorment parfois
Des hommes fatigués par une longue route.
Il suffit que vers eux un témoin de la Foi
S'avance et les regarde en apaisant le doute,
Dieu est là !

Dieu est là, mais toujours il faut qu'on le découvre.
Il faut quelqu'un qui passe et qui parfois s'arrête,
Si la porte est fermée, il faut qu'une main l'ouvre
Et que pour le partage une amitié soit prête !

Il faut toujours quelqu'un qui regarde l'enfant,
Qui sache partager son émerveillement
Et qui fasse le lien entre l'enfant et Dieu
Entre Dieu et l'enfant !
Serons-nous ce "quelqu'un" qui relie Dieu à Dieu ?
 

  Antoinette Gendron-Pinçon, 1993
  Au temps de la Profession de Foi

RIEN QUE POUR AUJOURD’HUI

 

Je t’ai dit « Oui » Seigneur, je veux bien n’être rien
Reconnaître aujourd’hui le néant de moi-même
Et te laisser agir en moi puisque tu m’aimes
Et que sans Toi, de moi il ne sort aucun bien.

Fais-moi vivre par Toi pour le moment présent
Que pour chaque minute qui peuple cette heure
Tu fasses de mon cœur Ô Maître ta demeure
Où règne ta tendresse en se réalisant

Rien que pour aujourd’hui, instant après instant
Je m’abandonne à Toi, je me tais, je t’écoute
Je reçois ton amour qui m’enveloppe toute
Et me fait rencontrer le frère qui m’attend

Tu le sais mieux que moi, il se peut que demain
La révolte à nouveau m’éloigne de ta route
Et que dans ma réponse il n’y ait que le doute
Parce que mon orgueil aura lâché ta main

Alors je redirai avec ta voix, Seigneur
Avec ton cœur aussi la sublime prière
Que tu as prononcée en disant « Notre Père »
Rien que pour aujourd’hui, sois Maître de mon cœur !

Amen !

Antoinette Gendron-Pinçon

«FAIS CE QU’IL TE DIRA» !

Ô Mère des douleurs !
Du plus profond de moi ma prière t'appelle,
Et si je suis venue prier dans ta chapelle
C'est qu'au fond de mon coeur
Une angoisse nouvelle aujourd'hui se dessine
Et je n'ai plus que Toi, Ô Vierge de l'Epine
Pour essuyer mes pleurs !

Ce soir, je viens à Toi, en ce temps de Noël
Tu regardes l'Enfant que tu as mis au monde...
Que sera-t-il un jour, ce fils, Emmanuel ?
Il te faut Notre-Dame, une Foi si profonde
Pour entendre en ton coeur ces choses que tu gardes,
Qui te font entrevoir au loin déjà la Croix.
Je suis maman aussi, comme toi je regarde
Et plus j'ouvre les yeux, plus ma douleur s'accroît...

Que va-t-il se passer au cours de ce voyage
Où rien n'est programmé, où tout est sans visage ?
Y-a-t-il un chemin traversant le séjour
Où l'Amour triomphant deviendrait le plus fort
Et guiderait les pas vers l'asile du port ?
Est-il un océan au bout de cette plage
Où l'aurore de Paix couronnerait le jour ?

Et voici ta réponse, Ô Vierge de l'Epine
En me montrant ton Fils, tu dis comme à Cana
"Fais ce qu'il te dira"
Alors, ouvrant mon coeur à la grâce divine,
Je fais place au Seigneur pour tous les lendemains
Et je marche avec Lui, sans savoir le chemin !

Antoinette Gendron-Pinçon

SOIS SANS CRAINTE, TU SERAS PÊCHEUR D'HOMMES

Qu'il soit Jude ou Simon, André ou quelqu'un d'autre,
Tu l'as choisi Seigneur pour être ton apôtre,
Et tu l'as envoyé pour être ton témoin
Et porter la nouvelle à tous ceux qui sont loin !
Tu l'as fait "pêcheur d'hommes" et sur tes pas depuis
Conduisant le troupeau, il précède et il suit,
Aujourd'hui, il est là, demain il est ailleurs,
Mais avec Toi, il vit le pire et le meilleur,
Et comme son parcours a des chemins multiples,
Il appelle à son tour pour faire des disciples,
Et mettre sur la route de la sainteté
Tous les enfants de Dieu qui cherchent l'unité.
Que ton Esprit Seigneur, quand l'amour les unit,
Leur apprenne à parler "avec leurs différences",
Que chacun soit reflet, et chacun transparence
De ton visage, O Christ vivant, ressuscité !
Que la tendresse crie, que brille la clarté
De l'espoir et la paix qui font que tous en frères
Ils disent :"Notre Père" !
Que ton nom soit béni !
S'il arrive pourtant que la rumeur les blesse
Et détruise en passant le plan de ta promesse,
Si la peur les éloigne en obstruant leur coeur,
Ouvre-les à l'accueil, agis en eux, Seigneur !
En tous et en chacun rallume la confiance,
Que leur regard découvre à travers ta présence
La richesse qui naît de la diversité...
Que chacun voit en l'autre, possibilité
D'annoncer ton message et de vivre en Eglise
En marchant avec toi vers la terre promise !


Antoinette Gendron Pinçon

JE T'AI AIMÉE D'UN AMOUR ETERNEL !

. Père !
 Si c'est possible, éloigne ce calice !
Pourtant, qu'il me soit fait selon ta volonté...
C'est bien dans ce jardin, celui du sacrifice
Que tu m'attends, Seigneur, de toute éternité.

Tu dis :"Je t'ai aimée d'un amour éternel !"
Oui Seigneur, Tu as fait "Alliance" avec moi
Comme avec Israël !
Et tu m'as relevée au son des tambourins,
Changeant mon deuil en joie
Consolant mes chagrins.

Mais je n'ai pas fini de "gravir la hauteur"
De ta Bonté Seigneur !
Tu dis à ceux qui veulent venir à ta suite
"Chargez-vous de la Croix !"
Bien souvent j'ai dit "OUI" et puis j'ai pris la fuite
Terrassée par l'effroi !

Car la Croix était lourde, et si long le chemin
Que désespérément, j'avais lâché ta main...
Mais je pensais alors à la Cananéenne
qui reçut, non les miettes, mais le "pain" tout entier
Comme elle j'ai osé longtemps te supplier
Jusqu'à ce que Tu viennes...

C'est pourquoi je m'installe au creux de ton Pardon
Car tu as effacé mes heures d'abandon.                                                                                                                            Je voudrais te louer pour tant d'années d'amour
Où j'ai vu s'effeuiller dans le même jardin
D'abord timidement la rose du matin
Puis celle de midi, colorée de souffrance
Et pourtant devenue, rose de l'espérance !

Maintenant voici l'heure où le soleil descend
Et la rose est tâchée par des "gouttes de sang"...
Par des "larmes cachées" je te bénis Seigneur !
Je veux bien continuer avec Toi le voyage
En vraie fille de Dieu, en enfant d'Israël.
Je puiserai ma force au coeur de ton Message
Qui dit : "Je t'ai aimée d'un amour éternel !"

Antoinette Gendron-Pinçon

CHEMIN D'ESPÉRANCE

 

Ô Frère malheureux, isolé dans la nuit,
Sans joie et sans soleil, sans feu et sans ami...
Tu n'as pas rencontré ton Simon de Cyrène
Et tu gis écrasé sous le poids de ta peine !...
Allons, relève-toi, si tu veux prends ma main,
Et nous irons à deux sur le même chemin,
Alors nous atteindrons peut-être le rivage
Où la peine et l'amour ont le même visage,
Et tu n'auras plus peur,
Puisque nous aimerons avec le même coeur.


Ô Frère malheureux ! Si la route a pour toi
Le visage glacé d'agence pour l'emploi,
Si ton espoir déçu par la petite annonce
Attend chaque matin l'impossible réponse,
Ce "Oui" ouvrant la porte vers la liberté
En te donnant ta place dans la société,
Frère ! Tu n'es plus seul dans cette immense ronde
Où des mains vont s'unir pour transformer le monde
Et laisser entrevoir
Dans l'ombre de ta nuit, la minute d'espoir !...


Ô Frère malheureux !
Epuisé par le poids de ton corps douloureux,
Frère immobilisé sur un lit de souffrance,
Frère dont la blessure a besoin d'espérance,
Accepte que je vienne, en souffrant avec toi,
Aimer avec ton coeur et partager ta Croix,
Ô Frère ! Laisse-moi effacer le ravage
Que le mal a écrit sur ton pauvre visage,
Et mettre dans tes yeux
Rien que pour un instant, la joie des jours heureux !...
SUR LA ROUTE PASCAL

Antoinette Gendron Pinçon

PRIÈRE A NOTRE-DAME DES DOULEURS

Mère de toute joie, espoir de toute peine
S'il arrive parfois qu'en pleurant je me traîne
Un long regard vers toi vient réchauffer mon coeur
Et ton sourire alors efface toute peur !
Veux-tu que près de toi, pendant ce temps béni
Où l'amour de ton fils va nous être redit,
Je refasse avec toi, le chemin du calvaire
Pour apprendre de toi l'offrande d'une mère !
Tu me diras, Marie, que le poids de la Croix
Est souvent allégé par un acte de Foi
Puisque par la tendresse infinie de Jésus
L'amour chez le pécheur, a repris le dessus.
Un larron converti accueille l'espérance
Il reçoit le pardon, la paix, la délivrance,
Pendant que toi, Marie, tu deviens notre Mère
Et, par le don de Dieu, nous devenons des frères.
Tout l'amour maternel que tu veux partager
Te rend présente au Monde que tu veux changer.
Change mon coeur aussi Marie je te le donne
En espérant qu'il s'ouvre à ce qui m'environne
Marie, Ô Notre-Dame, Ô Mère des douleurs
Comme au pied de la Croix, tu maîtrisais tes pleurs
Pour tourner ton regard vers l'angoisse du Monde
Enveloppe ma vie dans une paix profonde,
Qui me libère enfin de tout ce qui est "moi"
Pour rencontrer ton fils, et le suivre avec Toi !

Antoinette Gendron-Pinçon
24 février 1987

INVITATION A LA RENCONTRE

Comme une goutte d'eau
Glissant légèrement sur les frêles cailloux
Rejoint ici ou là dans les creux de chez nous
Une autre goutte d'eau...

Comme le long ruban
Enlaçant nos prairies devient une rivière
En mouillant notre terre
Avant d'aller rejoindre l'infiniment grand
Ainsi le "grain" d'amour en ce temps de Carême
Suscite la "Rencontre" pour tous ceux qui "aiment"

Ami ! si tu voulais être la goutte d'eau
Qui murmure sans fin, au-dessus des fontaines
Chaque heure de ta vie se ferait plus active
Et, cherchant l'essentiel, à la source d'eau vive,

Les autres avec toi, trouveraient la manière
De bâtir un royaume où les hommes sont frères
Chacun viendrait alors pour oublier sa peine
Se rafraîchir au puits de la "Samaritaine".
 
Antoinette Gendron-Pinçon

NOTRE PERE

Père, qui es aux Cieux
C'est-à-dire en tous lieux
Où l'amour est présent, où la vie se partage
Que ton Nom soit béni !
Qu'on lui donne un visage
En contemplant le geste des plus démunis
Qui portent le fardeau du frère malheureux !
Agis dans notre coeur pour que ton règne vienne,
Fais de nous tes "témoins" partout quoiqu'il advienne,
Là où tu nous envoies bâtir communauté
Pour y réaliser ta sainte Volonté,
Là où tu fais le ciel, là où s'ouvre la terre,
Là où ton Divin Fils accomplit le mystère...
Pour chaque jour, Ô Père, donne-nous ta grâce
Afin que nous vivions en toi l'instant présent,
Et que chaque minute ou chaque instant qui passe
Soit vécu dans le "OUI" d'un éternel présent...
Et s'il nous arrivait d'oublier ta tendresse,
Et si notre égoïsme fuyait la détresse
Du frère douloureux qui attend notre amour,
Pardonne Ô Notre Père !
Et s'il arrive un jour
Que nous ayons très mal d'avoir été blessés,
Si nous avons cru être parfois offensés,
Pour que dans notre coeur la rancune s'efface,
Accepte d'occuper en nous toute la place,
Et qu'avec tous nos frères
Nous disions :"Notre Père"
Délivre-nous du mal et garde en nous l'Amour !
Amen !

Antoinette Gendron-Pinçon