TRIBUNE LIBRE

27. juil., 2021

Si le désarroi, l’incompréhension et même la colère de certains fidèles de sensibilité traditionaliste peut s’entendre, il revient à tout catholique de chercher à comprendre ce que le Pape veut dire et de tenter de vivre l’unité.


Pour de nombreux catholiques attachés à la forme extraordinaire du rite romain, le motu proprio Traditionis Custodes constitue une épreuve douloureuse. L’usage de la forme liturgique qui a leur préférence est désormais soumis à des règles plus strictes. Comment accepter, comprendre et vivre ce décret pontifical, en demeurant dans la justice et la paix, avec amour de l’Église ? Voici quatre réponses aux questions que l’on se poser pour bien accueillir cette décision du Pape appelant à l’unité.

1 - LE MOTU PROPRIO DU PAPE FRANÇOIS ANNULE-T-ELLE CELUI DE BENOÎT XVI ?
Le motu proprio de 2007 Summorum Pontificum était un acte d’audace, typique de la liberté du pape Benoît. Une main tendue pour l’unité. Le motu proprio de 2021 est un acte d’autorité, typique de la même liberté de François. Une main ferme pour l’unité. Nous voyons dans les deux gestes, et plus encore dans le lien entre eux, ce même désir d’unité. Pour rappel, un motu proprio n’engage pas l’infaillibilité du pape. C’est une orientation pastorale et un exercice d’autorité, pour le temps d’aujourd’hui. François peut donc revenir sur une décision de Benoît XVI. Tout comme un pape reviendra sur certaines directives de François. Il ne s’agit pas de doctrine, mais de discipline. Il est facile d’opposer les deux papes qui, si l’on regarde de plus près, agissent avec une surprenante continuité. Dans la barque de l’Église, Benoît et François n’utilisent pas chacun leur rame pour se taper dessus… mais pour avancer, ensemble, selon ce qui leur paraît bon pour le peuple de Dieu.

2 - QU’A VOULU FAIRE LE PAPE FRANÇOIS AVEC CE MOTU PROPRIO ?
François n’interdit pas la messe en forme extraordinaire. Mais devant un risque de division qu’il pressent (et c’est son rôle que de le voir), il restreint l’usage de cette forme, annonce qu’à terme sa fin est préférable (aura-t-elle lieu, c’est une autre histoire). Pour cela, une fois de plus dans son pontificat et selon la logique de Vatican II, il s’appuie sur le charisme de discernement des pasteurs locaux : les évêques. Le ton sévère, peu employé ces dernières années, surprend mais ne doit pas nous faire oublier ce qu’est un motu proprio : le pape agit ici en chef et pasteur. Que nous dit la fermeté de ce motu proprio ? Que le risque de division paraît important. Pour le pape François, l’unité de l’Église semble nécessiter ce rappel à l’ordre.

3 - COMMENT ACCUEILLIR CET ACTE D’AUTORITÉ APPELANT À L’UNITÉ ?
Si l’on peut reconnaître une rudesse dans le ton choisi (mais depuis quand le prophétisme est-il tendre ?), si l’on peut comprendre l’incompréhension face à un surprenant changement (mais tout observateur de la vie ecclésiale en France comprend les raisons de ces craintes), il revient toujours à tout catholique d’accueillir un texte du pape, selon son degré d’importance. De chercher à le comprendre et tenter de le vivre.

Le temps est un allié, tout comme l’humilité, la prière.

Pour les catholiques attachés à la forme extraordinaire du rite romain, ce texte est clairement une mise à l’épreuve. Il leur est aujourd’hui demandé de choisir l’obéissance. Il leur est demandé d’engager leur confiance dans leurs pasteurs, c’est-à-dire leurs évêques, dont le premier, le successeur de Pierre. Tous sont descendants des apôtres, chargés de la plénitude du sacerdoce, dotés du charisme de discernement… et tout à fait humains ! Il devient alors logique de prier pour son évêque, de l’écouter avec discernement et de le suivre avec confiance. Ou de lui parler fraternellement (ce qui permettrait peut-être d’oublier l’apostolat de la pétition, le sacrement de la calomnie et la béatitude de l’insulte). Et s’il tient une position contraire à la sienne… bienvenue dans l’épreuve de l’amour de l’Église ! La vie communautaire est à ce prix. Chaque chrétien porte en lui des convictions. L’imposer à l’autre ne construit en rien la communauté. Il vaut mieux apporter humblement ce que nous portons, renoncer à l’imposer, accueillir ce que porte l’autre et accepter l’autorité régulatrice. Si l’Église est notre mère, je l’aime même lorsqu’elle me corrige. Il sera bon de redonner sa chance au temps. Ainsi l’obéissance, comme deuil de ma volonté propre, pourra reprendre les étapes du déni, de la colère, du marchandage, de la dépression puis de l’acception. Le temps est un allié, tout comme l’humilité, la prière.

4 - QUELLE PLACE DONNER À LA PRIÈRE DANS L’ÉPREUVE ?
Dans la prière, nous pouvons demander la grâce d’accueillir les grâces nécessaires pour vivre cette épreuve. Aux catholiques attachés à la forme ordinaire du rite, il est aussi donné de prier : prier pour ses frères dans l’épreuve, prier pour l’unité, l’apaisement, la communication et les renoncements. Car l’unité est une vieille dame fragile, qui avance sur ses deux jambes, celle de l’accueil de l’autre et du renoncement à son vouloir-propre. Un bel acte de charité serait aussi d’écouter et ne pas échauffer les esprits. De se taire peut-être à certains dîners. Et puis aussi de se remettre en question (vivons-nous Vatican II ou un pastiche ?) Peut-être le temps est-il venu d’en finir avec nos querelles de rite et que la messe soit dite. Pour aller annoncer l’Évangile aux nations.

 Joseph Challier

26. juil., 2021

 L’art religieux, chrétien en particulier, a moins de limites qu’on pourrait l’imaginer. Les scènes bibliques et la vie des saints s’ouvrent largement sur la création, mettant à l’honneur le règne végétal, de façon parfois inattendue. Découvrez aujourd'hui la symbolique de l'olivier.


Dans la Bible, l’olivier apparaît dès la Genèse dans l’épisode de l’arche de Noé sous la forme d’un rameau. La colombe envoyée par le patriarche revient avec une branche.

« Vers le soir, la colombe revint, et voici qu’il y avait dans son bec un rameau d’olivier tout frais ! Noé comprit ainsi que les eaux avaient baissé sur la terre ». (Gn 8, 11). 

Jean de Dreux, dans cette miniature du XVe siècle, nous montre le vieil olivier torturé qui donne de jeunes branches. Il est le signe du renouveau après le déluge destructeur.

Paradoxalement, les oliviers sont assez peu présents dans les représentations de l’agonie au jardin des oliviers. Leur présence peut, à juste titre, ne pas paraître essentielle par rapport à la scène qui se déroule. Les peintres imaginent ainsi parfois des « oliviers » qui ne ressemblent pas vraiment à des oliviers, comme Duccio dans sa Maesta conservée à Sienne.

Dans l’interprétation qu’il fait de l’épisode de l’agonie pour l’église Sainte-Marie d’Andujar (Espagne) , le Greco montre uniquement quelques branches. L’essentiel est dans la figure du Christ. Le jardin n’est qu’un cadre, et l’olivier, le témoin de la prière du Christ à la veille de sa Passion. Quelle symbolique puisque « Gethsemani » signifie pressoir à huile !

Selon la Tradition, huit des oliviers toujours vivants passent pour avoir été contemporains de Jésus. Même si cette affirmation relève certainement de la légende, le pèlerin se plait à imaginer que cet arbre, qui peut vivre des centaines d’années, a bien été présent auprès de Jésus.

L’olivier apparaît surtout dans les écritures saintes de manière symbolique. Le peuple d’Israël est ainsi comparé à un « olivier toujours vert, orné de fruits superbes » (Jr 11, 16). On le trouve aussi dans les nombreuses images que Jésus utilise dans ses paraboles. L’olivier est aussi présent dans l’usage que l’on fait de ses fruits et de son huile et c’est traditionnellement l’huile d’olive qui sert à la fabrication du Saint Chrême.

Selon la Tradition, la croix du Christ aurait été fabriquée à partir de cèdre et d’olivier. Représenter la crucifixion, c’est ainsi rappeler l’olivier, symbole de vie et signe de l’alliance de Dieu avec les hommes. Car même coupé, l’olivier peut reverdir tant qu’il n’est pas déraciné. Un arbre solide face à l’adversité qui renaît toujours.

Sophie Roubertie 

19. juil., 2021

Quels que soient les mensonges, officiels ou non, il n’est pas raisonnable de penser et d’agir sans être solidaires de tous et protecteurs des plus faibles.

Des inondations effrayantes n’auront pas eu raison de nos polémiques franco-françaises sur les règles de vaccination. Alors que nous nous interrogeons gravement sur la manière de pouvoir prendre nos trois repas par jour au restaurant, des centaines de millions de nos contemporains se demandent simplement avec quoi ils pourraient bien faire bouillir leur marmite. Évidemment, comparaison n’est pas raison, mais tout de même : alors que le tourisme spatial inaugure ses premiers vols pour une poignée de milliardaires qui dépenseront sans compter pour acquérir le ticket vers le septième ciel, des millions de miséreux tentent de mastiquer des racines ou du cuir bouilli pour tromper leur faim.

La force des symboles

Je me souviens, enfant, de me demander ce que cela pourrait bien changer pour les petits enfants d’Éthiopie ou d’ailleurs, que je finisse ou pas mon assiette d’épinards. Les restes du plat n’auraient de toute façon pas fini dans leurs estomacs. Il nous faut parfois des années pour comprendre ce qu’est un symbole. Et pour comprendre aussi combien nos conduites personnelles influent sur la vie des autres.

Nous pouvons certes rêver d’exister comme si nous n’avions de compte à rendre à personne : attachés à nos libertés personnelles en proclamant qu’elles sont garanties par la démocratie, les droits de l’homme ou je ne sais quoi d’autre. Mais il nous faut alors, pour être justes avec cette profession de foi, nous isoler loin de tous et cultiver notre jardin en coupant tout lien avec quiconque d’étranger au petit clan avec lequel nous décidons de vivre. Je ne connais pas grand-chose au foot mais j’entends qu’on y parle beaucoup de « collectif ». Comment ce mot peut-il être si à la mode dans un sport assez futile, et aussi exilé de nos esprits dans nos vies quotidiennes ?

L’inquiétant n’est pas tant que les réflexes de peur se multiplient et entraînent repli sur soi et revendication autonomiste. L’inquiétant est que ces paroles soient aujourd’hui excusées voire justifiées

Que la confiance en la parole publique soit meurtrie par des mensonges — même par omission — de nos responsables politiques, nul ne peut le nier et faire comme si cela n’était pas. Mais cela suffit-il à justifier les comportements privés les plus égoïstes et les plus paranoïaques ? Que des sceptiques aillent fébrilement extirper d’Internet des témoignages qui ne se fondent sur rien de sérieux et de vérifiable pour étayer leurs propres angoisses, cela peut aussi s’expliquer, mais est-ce pour autant raisonnable ?

Que ce serait-il passé si nos grands-parents avaient eu la possibilité de puiser leurs informations sur Internet en 1916 où 1940 ? Ils auraient sans doute compris plus vite qu’un État en temps de crise a recours parfois au mensonge et que la propagande est le mode de communication habituel de tout gouvernement. Mais seraient-ils tombés aussitôt dans les bras d’autres propagandistes au seul prétexte qu’ils s’opposaient au discours officiel ?

Membre d’un seul corps

L’inquiétant n’est pas tant que les réflexes de peur se multiplient et entraînent repli sur soi et revendication autonomiste. L’inquiétant est que ces paroles soient aujourd’hui excusées voire justifiées et même véhiculées par des baptisés. Non que le chrétien doive moutonner, au contraire ! C’est précisément parce qu’il se doit d’être le porteur de la lumière de la Vérité qu’il doit se méfier des discours errants. Nul ne sait ce qu’il adviendra demain. Mais nous savons qu’il nous est donné de bâtir aujourd’hui ce Royaume où les hommes, en Jésus Christ, sont frères, c’est-à-dire solidaires comme les membres d’un même corps, où la puissance des uns ne se justifie que dans le devoir de protéger les plus faibles.

Mgr Benoist de Sinety -

15. juil., 2021

Le Père Pascal Ide, prêtre de la communauté de l’Emmanuel, docteur en médecine, en philosophie et en théologie, explore le concept de gratitude dans son dernier livre, Puissance de la gratitude. Vers la vraie joie, et nous livre les étapes à mettre en pratique pour faire de la gratitude un nouvel art de vivre.

Les recherches en psychologie ont prouvé que la pratique de la gratitude engendrait une multitude de bienfaits, aussi bien sur la personne que sur ses relations à autrui : bienfaits sur le corps, le psychisme, l’esprit, sur la relation à l’autre, et sur la relation à Dieu.

La gratitude est généralement définie comme la réponse à un bienfait. Le Père Pascal Ide va plus loin, et distingue trois phases successives et inhérentes à la gratitude. La phase cognitive : reconnaître un don gratuit, la phase affective : être touché émotionnellement par ce don, et la phase active : poser un acte en retour.

Alors comment, concrètement, pratiquer la gratitude ? Voici la démarche proposée par le Père Pascal Ide, qui, « pour être bénéfique, comme beaucoup d’actes importants de notre vie, doit être quotidienne. »

1. Reconnaissez un bienfait que vous avez reçu aujourd’hui

Cela peut être une parole bienveillante, un service rendu, la beauté d’un paysage, le goût d’un aliment, etc. Ce travail de reconnaissance est rendu difficile par la société d’hyperconsommation dans laquelle nous vivons, qui a tendance à gommer la réalité des choses pour n’en extraire que le plaisir qu’elles procurent. Que ce soit avec la nourriture, les objets matériels, la culture, ou même dans les relations à l’autre, la loi de l’hyperconsommation : « je prends, je consomme, je jette » prédomine.

L’auteur nous invite à passer de la consommation à la contemplation, à être pleinement présents et attentifs aux autres et aux choses. Plusieurs méthodes peuvent nous y aider, la méthode Vittoz, l’horathérapie, ou encore la méditation en pleine conscience. Cela passe, par exemple, par prendre le temps de mastiquer votre repas, manger sans faire autre chose, pour être attentif à l’aliment, l’accueillir pour ce qu’il vous apporte.

2. Prenez conscience de la gratuité du bienfait

Reconnaître un bien ne suffit pas à faire naître la gratitude, encore faut-il y discerner un don gratuit. Rebecca Shankland, chercheuse à l’université de Grenoble, affirme, dans Les pouvoirs de la gratitude : « Plus on perçoit la gratuité du geste, plus cela augmente le sentiment de gratitude ». Face à un même bienfait désintéressé, certains ressentent de la joie, d’autres un sentiment d’inconfort associé à une dette envers le donateur, d’autres de l’humiliation (de ne pas être autonome par exemple), d’autres encore de la méfiance (« S’il m’invite, il a sûrement quelque chose à me demander ! »). Or pour aller vers la vraie joie, soyons conscients que certains bienfaits sont gratuits, sans nulle obligation de retour. Cela induit d’être capable d’empathie, pour reconnaître un don, et d’humilité, pour le recevoir.

3. Détaillez ce don gratuit

Pour le reconnaître et s’en émerveiller, attardez-vous sur le bienfait. Décrivez-en au moins cinq caractéristiques concrètes. Renouvelez votre regard. L’auteur témoigne : « En quelques 8000 trajets accomplis pendant 13 ans, mon émerveillement ne s’est jamais émoussé. J’avais même adopté un rituel. Au lieu de mécaniquement balayer le paysage du regard, je baissais les yeux avant de déboucher sur la via della Conciliazione, puis je les levais doucement et détaillais la vue, comme si la basilique séculaire et son dôme légendaire s’offraient à moi pour la première fois. »

4. Goûtez la paix et la joie, voire l’amour, que cette description du don éveille en vous

« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme perverse. C’est d’avoir une âme habituée », écrit Charles Peguy. L’émerveillement ne s’émousse pas avec le temps, à condition d’apprendre à rendre grâce. Prenons l’exemple des relations conjugales. « Si chaque conjoint pouvait prendre la peine de noter toutes les attentions, tous les efforts que l’autre accomplit chaque semaine pour le bien commun, notre regard changerait » (Hugues Dollié, Femmes, aimez vos maris).

5. Sentez monter en vous le désir de faire de même

Suite à la réception d’un bienfait, a été étudié ce désir de donner en retour, soit à la personne qui a fait don du bienfait, soit à une autre personne. Cette générosité spontanée semble être une loi intérieure qui structure notre être. Elle est à l’origine de comportements altruistes. « La gratitude, écrit Rebecca Shankland, va plus loin que la simple réciprocité du geste, elle génère une émotion agréable qui nous donne envie à notre tour de venir en aide à d’autres, même des personnes qui ne nous ont rien apporté et que nous ne reverrons peut-être jamais. » C’est la cascade du don.

6. Décidez de poser cet acte comme une libre réponse d’amour

Envers autrui, c’est répondre à un bienfait par pure gratitude, sans recherche d’un don en retour, mais par surabondance du bienfait premier que vous avez reçu et reconnu. L’auteur donne en exemple cette scène marquante qui se déroule dans un restaurant de Philadelphie :

« Deux amis viennent de déjeuner. Au moment de payer l’addition, la serveuse leur annonce qu’un couple qui vient juste de sortir l’a déjà réglée. Stupéfaction des amis qui, touchés par ce témoignage de générosité, décident de faire de même pour d’autres clients d’une autre table. Lynn Willard, l’une des serveuses, témoigne de cette épidémie de générosité, les larmes aux yeux : « Cela a continué » pendant les cinq heures qui ont suivi. D’ailleurs, non seulement les personnes payaient pour d’autres, mais elles ne s’inquiétaient pas du prix et ajoutaient souvent un généreux pourboire ! »

Envers Dieu : c’est l’action de grâce, que le Père Patrice Mekana, curé d’Ermont, définit comme « une attitude de reconnaissance envers Dieu, venant du cœur et exprimé en paroles ou en actions. Elle est l’expression de la gratitude de l’homme à l’égard de Dieu qui lui a donné la vie, l’a guéri, l’a sauvé… ».

Mathilde de Robien 

14. juil., 2021

Y a-t-il une différence entre emménager ensemble et se marier religieusement ? Le mariage vaut la peine dans la mesure où il ouvre de nouvelles possibilités d'aimer et d'être aimé.

Bien qu’il n’y ait aucune garantie en amour, le mariage crée un environnement propice à augmenter ses chances de bonheur. Lorsque deux personnes tombent amoureuses, elles ne sont pas appelées à vivre n’importe quelle forme d’union. L’amour invite à une relation où vous aimez et où vous exprimez un don réciproque, un amour engagé, exclusif, permanent, altruiste et fécond.

1-LE MARIAGE AUGMENTE SA CAPACITÉ À AIMER

La différence entre emménager ensemble et se marier n’est pas le nouveau rôle de mari ou femme que l’on revêt, ni la cérémonie, qui consiste simplement à rendre public ce que vit le couple. Elle réside avant tout dans l’accomplissement d’un nouvel acte d’amour par lequel les époux se promettent de s’aimer pour toujours.

Cette mesure de dévouement, d’engagement, de désir d’aimer, génère des énergies, des idées, des efforts et des attitudes qui ne se réalisent pas si la relation est appréhendée pour une courte durée, par exemple, jusqu’à ce que le désir d’être ensemble soit terminé .

Les amants sont ceux qui s’aiment tout simplement, les époux sont ceux qui en plus de s’aimer et parce qu’ils s’aiment, décident de s’engager à s’aimer.

Cet état d’esprit génère du bien pour le couple et élève les capacités du couple à aimer à un niveau qui n’est pas atteint sans cette volonté. Les amants sont ceux qui s’aiment tout simplement, les époux sont ceux qui en plus de s’aimer et parce qu’ils s’aiment, décident de s’engager à s’aimer. C’est la grande différence.

Il y a un acte d’amour, d’abandon total de tout ce que l’on est et de ce que l’on peut être.

2-LE « POUR TOUJOURS » RENFORCE L’ENGAGEMENT ET L’AMOUR

L’amour authentique invite à vivre une union permanente et non temporaire. Le simple désir de vouloir être avec l’autre est quelque chose de simplement affectif. Un amour fragile, qui a une date de péremption très rapide. Se marier est une étape dans la décision de concrétiser cette union en prononçant clairement « toujours avec toi ».

3-LE MARIAGE INVITE À DONNER LE MEILLEUR DE SOI-MÊME

Tomber amoureux invite à l’altruisme, à donner le meilleur de soi à l’autre. Une attitude qui se génère en soi et qui différencie la personne célibataire de la personne mariée : les époux s’enrichissent mutuellement de la diversité de celui ou celle qui partage sa vie.

Le mariage est ce que l’humanité a appelé dans chaque culture et à chaque époque historique une union entre un homme et une femme qui ont toutes les richesses pour se compléter dans leur diversité sensuelle, rationnelle, physiologique, émotionnelle et spirituelle.

4-LE MARIAGE INSTAURE UN ESPRIT DE FÊTE

Dans toute l’histoire de l’humanité, la célébration d’un mariage a toujours été festive. Trouver une personne si précieuse au point de lui donner sa vie mérite en effet que l’on se réjouisse. Les anniversaires sont célébrés pour la même raison. Le motif de leur engagement est renouvelé chaque année. En revanche, ce qui n’est pas célébré, c’est d’emménager ensemble ou vivre une épreuve pour l’autre.

5-LE MARIAGE CONTRIBUE À UNE OUVERTURE D’ESPRIT À LA VIE

L’amour invite à un amour fécond, à tout recréer avec l’autre car tomber amoureux génère de la fertilité à bien des égards, et pas seulement en donnant la vie à un être humain. Se marier incite chez les époux à une attitude d’ouverture envers la vie en général.

Bien qu’avoir des enfants ne soit pas le but du mariage, il y a une aspiration à donner la vie, de la même manière qu’un athlète aspire à accéder à une récompense olympique. Gagner la médaille olympique ne fait pas partie de l’essence même d’un athlète, mais la tendance à y accéder l’est.

La structure solide offerte par le mariage prépare un environnement serein pour accueillir des enfants et crée chez les amoureux une appréciation de la valeur de la vie.

6-LE MARIAGE ENRICHIT SACRAMENTELLEMENT

Le mariage est le patrimoine commun de l’humanité, mais la grande richesse des catholiques est que le mariage a été élevé par le Christ à la dignité de sacrement. Une réalité spirituelle dans laquelle le Christ se joint à la vie des époux pour les aider à vivre.

Grâce au mariage, il y a une plus grande volonté et une plus grande énergie pour s’améliorer. Mais aussi, le lien étant sacramentel, les époux ont le Christ à leurs côtés. L’amour se travaille chaque jour, et là où les efforts humains peinent, Jésus fait sa part.

Cécilia Zinicola