LA JEUNE FILLE ET LE VIOLON

Oh ! C'est une belle histoire !

Si nous savons regarder avec les yeux du coeur, nous pourrons voir au-delà des apparences, et nous émerveiller des belles histoires que nous offre la vie !
Françoise

 

Lorsque j'ai raconté cette histoire à mon amie d'enfance devant son petit-fils de 13 ans, celui-ci s'est exclamé, des larmes dans les yeux : "Oh ! C'est une belle histoire !"

« Vas du côté de Marie ! »

Comme je l’avais écrit au début du confinement : « Le Seigneur a plus d’un tour dans son sac, il a fait un reset et mis le monde entier sur pause pour nous faire revenir à l’essentiel ! » Une pause, ça ne voulait pas dire qu’il ne se passerait rien, mais qu’il nous fallait réfléchir à de nouvelles solutions pour changer notre façon de vivre, en redécouvrant les valeurs de liberté, égalité et fraternité qui avaient pratiquement disparu de notre société et même de notre monde !
 
Je dois reconnaître que notre paroisse de Ploubalay, associée à celle de Dinard-Pleurtuit, a su faire preuve de créativité et d’initiatives qui nous ont permis, dans un contexte particulièrement difficile pour l’Eglise, de bénéficier chaque jour, de la louange, de la messe, des vêpres, topos et témoignages divers qui ont donné envie à ceux qui s’étaient éloignés de Dieu de le redécouvrir ! Contrairement à d’autres paroisses qui n’ont pas eu l’opportunité de créer une chaîne YouTube ou qui ne disposaient pas des compétences, de l’énergie et du dynamisme nécessaires pour réaliser et alimenter les diverses propositions, je dois dire que nous avons été très privilégiés !
 
Jacky et moi, nous sommes beaucoup rapprochés pendant ce confinement, en suivant tous les jours la chaîne YouTube, mais au moment du déconfinement, je me suis sentie perturbée et notre couple a été déstabilisé au point que nous ne nous adressions plus la parole et que n’osant plus sortir, je ne voyais ni n’entendais plus personne ! C’est alors que j’ai prié Jésus de me répondre par une voix humaine et j’ai été exaucée, le 12 août 2020 !
 
Dès le lendemain matin, nous nous sommes demandé pardon et nous nous sommes embrassés. Depuis ce jour, je n’avais plus aucune douleur et j’ai recommencé à marcher dans mon petit chemin, en écoutant ma playlist de louanges ! Ce qui m’a fait écrire le 6 octobre : « Quand je suis dans mon petit chemin, j’ai l’impression d’être aux portes du Paradis, mais je sais que le chemin est encore long car on ne peut aller au Père sans passer par la Croix ! J’ai peur ! Cependant, j’ai bien conscience que cette grâce que j’ai reçue le 12 août n’est pas une récompense mais une force qui m’est donnée pour affronter une épreuve plus grande ! » Et j’ajoutais : « L’épreuve que je redoute le plus de devoir affronter c’est le départ de Jacky ! » Bien sûr, je savais que cela arriverait un jour, mais pas avant 15 ou 20 ans !

Lorsqu’il a été hospitalisé le lundi 9 novembre, je n’imaginais pas une seconde, jusqu’au vendredi 4 décembre à 13 heures, qu’il allait mourir ! Le mercredi 2 décembre, alors qu’il était très faible, je lui ai chanté « Soyons toujours joyeux et prions sans cesse ! … » Il m’a répondu : « Tu me fais trop d’émotion ! » Puis il a mis son portable sur le chapelet de Lourdes et nous avons récité ensemble les deux dernières dizaines ! Il suivait tous les jours, la louange et la messe et quand je lui parlais des personnes qui priaient pour lui, il répondait : « Je les aime tous, et je prie pour tous, tout le temps ! »
 
Si je n’en n’avais aucune idée, il savait lui, qu’il allait mourir et il était particulièrement heureux ! Mais il ne souhaitait pas que je le sache car il n’aurait pas supporté de voir la tristesse dans mes yeux ! Alors, le jeudi, il m’a demandé de ne pas venir le voir, prétextant qu’on devait lui faire subir toute une série d’examens ! Et quand je lui ai dit que j’irai à l’église comme je le faisais chaque jour, il m’a dit : « Oui, c’est ça ! Vas du « côté de Marie ! » Ce furent ses dernières paroles ! Et ce jour-là, j’ai reçu la grâce extraordinaire de m’abandonner à la Volonté de Dieu, ce qui m’a permis de supporter cette terrible épreuve que je redoutais tant !
 
Depuis, je vais chaque jour du « côté de Marie » comme s’il m’avait donné rendez-vous et je sais qu’il est près d’Elle ! J’en vois les signes à travers les grâces reçues et particulièrement ce mois d’août où j’ai vécu une véritable retraite spirituelle ! Je sais maintenant que les grâces que l’on reçoit sont des forces qui nous sont données pour affronter les épreuves et j’ai quelquefois un peu peur car il est dit dans l’Evangile selon St Luc : « Si quelqu’un a beaucoup reçu, on exigera beaucoup de lui ; et plus on vous aura confié, plus on demandera de vous » J’ai bien conscience que j’aurai encore des croix, sans doute proportionnelles aux grâces reçues ! Cependant, j’ai confiance en Jésus et je sais que les grâces, si elles ne suppriment pas les épreuves, elles nous aident à les supporter et à en faire des « Croix Glorieuses »
 
J’ai tellement de Joie en moi que je ne peux m’empêcher de la partager avec les personnes qui sont dans mon cœur et Je peux redire comme Jacky : « Je vous aime tous et je prie pour vous tout le temps ! »

Françoise

Mon Jacky, notre Jacky


Lorsque je t’ai rencontré ce 13 février 1969, je t’ai aimé au premier regard, comme tous ceux qui ont croisé ton chemin ! Tu avais en toi ce petit quelque chose qui faisait qu’on ne pouvait s’empêcher de t’aimer !

Nous avons eu une belle vie, pendant plus de 50 ans et toi qui n’avait pas de parents tu m’as donné la plus belle des familles !

Nos 4 enfants et nos 12 petits-enfants ont hérité de notre potentiel émotionnel et de ta sensibilité artistique dans beaucoup de domaines : le dessin, la peinture, la musique, la poésie, l’amour de la nature !

Même si nous avions un même idéal, nous étions tous les deux très différents dans notre manière de nous exprimer ! Toi, avec tes mains pour travailler le bois, dessiner, jouer de la guitare et moi, par le verbe et l’écriture ! Cependant nous avons su faire de nos différences une complémentarité, comme tu l’as si bien montré dans tes dessins humoristiques du déconfinement : « On s’complète bien tous les deux, chéri ! »

Si cette hypersensibilité qui émane de nous deux peut être source de certains talents, elle peut également être à l’origine de mouvements d’humeur difficiles à gérer et de blessures douloureuses que chacun exprime à sa façon !

Par notre Baptême, nous avons, tous les deux, reçu la grâce de l’Esprit Saint qui nous a permis de vivre l’Evangile, chacun différemment et à son rythme, c’est ainsi qu’aujourd’hui Jésus t’invite à reposer en paix : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et moi, je vous procurerai le repos, car je suis doux et humble de cœur ! » (Mt 11, 28-30)

A voir ton visage aussi apaisé, nous savons, tes enfants, tes petits-enfants et moi-même que tu es bienheureux, tu as trouvé le repos près de Marie que tu aimais tant, et avec elle tu veilles sur nous tous !

Pour tout cela, Jacky, mon mari, je t’aime et je veux te dire « Merci » !

Françoise

 

Un jeune enfant handicapé monte au côté du Pape au début de l’audience

 

Un jeune enfant handicapé est allé rejoindre le pape François au début de l’audience générale du 20 octobre 2021. Le pape François, souriant, l’a invité à s’asseoir à ses côtés et a improvisé un petit enseignement sur ce moment inattendu.

Dans la salle Paul VI du Vatican, avant que le Pape ne prononce sa catéchèse consacrée à la lettre de l’apôtre Paul aux Galates, un jeune enfant handicapé est monté le rejoindre. Le pape François l’a salué et lui a proposé de prendre place à côté de lui. Mgr Leonardo Sapienza a laissé son siège, sous les applaudissements des centaines de fidèles rassemblés dans la salle Paul VI. L’enfant s’est à nouveau levé pour retrouver le Pape, visiblement heureux de ce moment inattendu.

Au début de son enseignement, il a loué la « spontanéité » et la « liberté » de cet enfant, qui s’est senti comme chez lui. « Jésus nous dit, vous aussi, si vous ne faites pas comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu », a rappelé l’évêque de Rome, avançant le fait qu’il fallait avoir ce « courage de s’approcher de Dieu, d’être ouvert au Seigneur, de ne pas avoir peur du Seigneur ».

« Je remercie cet enfant pour la leçon qu’il nous a donné à tous aujourd’hui », a alors déclaré le pontife, demandant au Seigneur de l’aider dans sa croissance, « parce qu’il a fait ce témoignage qui venait du cœur. Les enfants n’ont pas un traducteur automatique ». Et de conclure : « Le cœur va de l’avant ». L’enfant a finalement regagné sa place, avec comme cadeau le zucchetto – calotte que porte le Pape sur sa tête – blanc du pontife argentin.

La rédaction d'Aleteia

Isabelle a mis des couleurs sur le deuil de son bébé

La tombe de Gabriel décorée par les mosaïques avec « la Vierge Marie, qui porte Jésus, comme elle porte Gabriel; la colombe de l’espérance, la croix douloureuse, mais aussi victorieuse et enfin l’ange qui montre le chemin du Ciel », explique Isabelle.

Le petit Gabriel est mort en juin 2018 alors qu'il avait quelques semaines de vie. Mais à son enterrement, Isabelle, sa mère a reçu une grande grâce de foi qui l'a inspiré pour réaliser des mosaïques, pleines de symboles d'espérance chrétienne, afin de décorer la tombe de son fils.

Quand Isabelle, avignonnaise, décroche son téléphone pour raconter son histoire à Aleteia, sa voix très douce est entrecoupée par des petits essoufflements. « Pardonnez-moi, mais je dois accoucher d’un moment à l’autre et j’ai parfois vraiment du mal à respirer, mais surtout ne décalons pas notre rendez-vous ! Je voudrais vous raconter mon histoire justement aujourd’hui. Il y aura alors un lien symbolique entre le deuil de mon fils mort à quelques semaines de vie et la naissance du bébé qui approche à grands pas…. Quelle grâce d’accueillir la vie, quelle grâce que la vie nous soit confiée… décidément elle ne nous appartient pas, et pourtant quel cadeau ! », s’exclame Isabelle émue.

Isabelle a 36 ans quand, en mai 2018, elle accouche de deux jumeaux prématurés Gabriel et Augustin. Très rapidement, Gabriel contracte une infection, il doit partir immédiatement en réanimation. « Pendant les trois semaines qui ont suivi, il était entre la vie et la mort. Avec mon mari Philippe, nos aînés – Raphaël (13 ans), Madeleine et Elisabeth (jumelles, 10 ans) – et nos familles, nous avons prié jour et nuit. Mais fin juin, après quelques semaines de vie, Gabriel est parti… », confie Isabelle en poursuivant : « Il est mort dans nos bras. Nous savions qu’il n’y avait plus rien à faire. Gabriel était retenu en vie par des respirateurs, les médecins nous avaient dit que c’était à nous de choisir le jour pour lui dire au revoir. C’était terrible à vivre, mais on a beaucoup, beaucoup prié. Alors, Gabriel a été baptisé. C’est ensuite que les médecins lui ont enlevé les respirateurs. Il était alors dans les bras de son Papa, puis dans les miens. Et à ce moment précis, alors qu’il était déjà mort, il s’est remis à respirer, juste pour nous dire au revoir », se souvient-elle.

En travaillant la mosaïque pour la tombe de Gabriel, je méditais, je pensais à lui, je n’étais pas triste. J’avais l’impression de toucher un peu le ciel grâce à lui…

Au moment de l’enterrement du bébé, Isabelle reçoit une grande grâce de foi qui n’est jamais partie depuis. « Je n’ai pas été troublée dans ma foi, au contraire, la mort de Gabriel m’a rapproché du Seigneur », souligne-t-elle. Et c’est cette grâce qui lui permet de faire le deuil et qui l’inspire de décorer la tombe de son fils avec des mosaïques. Diplômée des Beaux-arts, elle se lance dans le travail, aidée par une amie mosaïste. Ce n’est pas sa première oeuvre, elle en avait déjà réalisé une quelques années auparavant pour la tombe de sa petite nièce.

Et c’est dans son salon que la jeune femme installe son atelier tout en s’occupant de ses quatre enfants. Le travail lui prend du temps. « Ce n’était pas neutre émotionnellement. Pour quelqu’un d’autre, j’aurais mis 6 mois. Là, j’étais tellement prise par cette triple mosaïque pour mon bébé, cela m’a pris deux ans », avoue-t-elle. Cependant ce temps de travail d’artiste est pour elle un temps de prier. « J’écoutais en travaillant des chants du Chemin Neuf. Ils m’ont permis d’être dans la louange en permanence, près de mon fils qui est près du Seigneur. Je méditais, je pensais à lui, je n’étais pas triste. J’avais l’impression de toucher un peu le ciel grâce à Gabriel », confie-t-elle.

Finalement, les parents de Gabriel ont posé la mosaïque sur sa tombe cette année. Comme le caveau familial est près de Paris, elle permet à Isabelle, qui habite Avignon, de se sentir ainsi plus près de son fils. « C’était aussi mon cadeau pour lui », ajoute-t-elle. Et l’idée de réaliser des mosaïques pour aider les autres à faire le deuil et décorer les tombes de leur proches naît aussitôt. Tout naturellement.

Marzena Devoud

Rapport Sauvé : au cœur de la souffrance, des témoignages chargés d’espérance

 

Parmi les témoignages publiés dans le rapport de la Ciase qui décrivent des vies brisées à jamais par les abus, surgissent aussi des paroles lumineuses de la part des victimes, signes d’une incroyable résilience et empreintes d’espérance.

Les témoignages des victimes, publiés par la commission chargée de faire la lumière sur les abus sexuels commis au sein de l’Église entre 1950 et 2020 (Ciase), révèlent des vies brisées, une confiance trahie et une souffrance enfouie qui ne s’estompe pas. Elles ont vécu l’indicible, ont témoigné de leur douleur, de leur colère, de leur honte aux membres de la Ciase, et pourtant, elles n’ont pas perdu espoir, ni dans le Christ, ni dans l’humanité. Dans le document intitulé De victimes à témoins, annexé à l’accablant rapport, certaines victimes ont des mots bouleversants pour dire ce qui les a sauvées et ce qui leur permet d’avancer.

Certains soulignent le pouvoir libérateur des mots.

« Vous avez su faire renaître la confiance et le dialogue sur une terre desséchée et totalement épuisée, et vous n’imaginez pas le soulagement que cela peut nous procurer. En cela, au milieu des difficultés que la commission doit traverser et dont je n’ose imaginer l’ampleur, vous réussissez l’impossible : transformer la souffrance en espérance. »

« C’est une page qui, dans ma vie, ne pèse plus aussi lourd qu’avant. Parce qu’une fois qu’il y a eu un verdict et qu’on est reconnu victime, il y a déjà une espèce de poids qui s’en va. »

« Heureusement, j’ai découvert assez tôt le pouvoir des mots, des notes, des rythmes et mélodies qui pouvaient me sauver la vie. »

D’autres, aussi fou que cela puisse paraître, ne se sont pas détournés du Seigneur et ont trouvé en lui une consolation et un soutien.

Même en étant une victime d’abus, je fais partie du peuple de Dieu.

« Pourquoi j’ai accepté de faire cette démarche auprès de vous ? (…) Je me place en fait, dans le sillage du texte du pape François au mois d’août dernier, la lettre au peuple de Dieu, et vous avez ces mêmes textes que j’ai pris. Le Pape parle de la manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Église comme le cléricalisme. Qui s’est vérifié dans des abus sexuels, des abus de pouvoir et de conscience. Et quand j’ai lu ce texte, j’ai trouvé confirmation de deux abus que j’ai subis. L’un est d’ordre sexuel et l’autre est d’autorité. Mais pour moi ils ont la même racine. Donc voilà j’étais rassuré. Même en étant une victime d’abus, je fais partie du peuple de Dieu. »

« Je ne sais pas comment vous réagirez à ma lettre, ni ce que vous ferez. Je ne sais pas ce que nous pouvons inventer… Mais il me semble qu’il y a un appel à la fraternité. Sachez que si je vous ai exprimé ma blessure, ce n’est que pour faire la vérité et me libérer avec la grâce de Dieu de ces chaînes qui m’enchaînent si bien. »

« Chemin faisant, je découvre que le Seigneur veut davantage de bien pour moi et qu’il ne se résout pas aux impasses dans lesquelles je me suis trouvé. Comme il m’a fallu du temps pour faire cette découverte ! Comme il m’a fallu du temps pour laisser le Seigneur vaincre mes enfermements. 35 années de cécité et de surdité ! »

Même si les faits les plus importants ont été commis par un membre de l’Église, c’est au sein de cette même Église que j’ai pu y trouver l’écoute qui m’a fait sortir de la honte.

Église maltraitante, Église consolante. Deux facettes de l’Eglise émanent du témoignage suivant. La victime ne cache pas que si c’est un prêtre qui l’a profondément meurtrie, c’est un autre prêtre, un moine, qui a contribué à panser sa blessure.

« Étant en état d’épuisement professionnel assez fort, j’ai choisi de partir quelques jours en retraite dans un monastère. J’ai profité de mon séjour pour y échanger avec un moine, le père ***. Pour la première fois, j’ouvrais ce pan dans un environnement religieux. (…) J’essaie de me rassurer en disant que cela n’était finalement « que des attouchements », au regard de ce que d’autres ont pu subir. Je n’arrive pas à être dans le pardon encore, tout autant que je n’arrive pas être en colère contre ce qui s’est déroulé. (…) C’est la première fois que j’écris les choses, je commence aussi à le décrire en thérapie. De cela je crois qu’on n’en guérit jamais, apprendre à vivre avec en est donc le défi. Enfin, j’ai souhaité témoigner car même si les faits les plus importants ont été commis par un membre de l’Église, c’est au sein de cette même Église que j’ai pu y trouver l’écoute qui m’a fait sortir de la honte. »

Mathilde de Robien

Le miracle qui va faire de Jean Paul Ier un bienheureux

 

La Congrégation pour la cause des saints a publié, mercredi 13 octobre, un décret attribuant un miracle au pape Jean Paul Ier ouvrant ainsi la voie à sa béatification. Il s’agit de la guérison de Candela Giarda, une fillette argentine de 11 ans. Récit.

Ouvert en 1990, abandonné en 2015 et repris un an plus tard, le procès de béatification de Jean Paul Iervient enfin d’aboutir. Le pape François a autorisé, ce mercredi 13 octobre, la Congrégation pour les causes des saints à promulguer un décret concernant la reconnaissance d’un miracle attribué à son intercession. Il s’agit de la guérison de Candela Giarda, une fillette âgée argentine de 11 ans.

Une dégradation extrêmement rapide
Nous sommes le 20 mars 2011. Ce jour-là Candela commence à souffrir d’un violent mal de tête qui persiste pendant une semaine. Le 27 mars, elle franchit une nouvelle étape dans la douleur et de la fièvre, des vomissements, des troubles du comportement et de la parole apparaissent. Transportée d’urgence à l’hôpital de Paraná, elle subit une batterie d’examens afin de découvrir de quoi elle souffre. Le diagnostic tombe, glaçant, Candela Giarda est atteinte d’ « encéphalopathie inflammatoire aiguë sévère, d’une épilepsie réfractaire maligne et d’un choc septique ». Souffrant quotidiennement de crises épileptiques, les médecins décident de l’intuber. « En quelques heures, elle était dans le coma, avec un respirateur », a confié sa mère Roxana, au portail d’information argentin Infobae. « Elle a eu des convulsions et aucun des médicaments testés par les médecins n’a fonctionné. »

Sans aucune amélioration de son état de santé, Candela est transférée le 26 mai 2011 à la fondation Favaloro, à Buenos Aires, dans l’unité de soins intensifs. Le 22 juillet 2011, son pronostic vital est engagé en raison d’une infection des bronches. Face à une telle dégradation de santé, les médecins décident de convoquer la famille afin de les préparer à la possibilité d’une mort imminente. « Nous ne pouvons rien faire d’autre, Candela va mourir ce soir », dit un médecin à la mère de fillette ce soir-là.

Déboussolée, acculée, sa mère décide de s’arrêter à la paroisse Nuestra Señora de la Rabida, située à quelques mètres de la clinique et à laquelle cette dernière est rattachée. Elle y avait déjà rencontré le père José Dabusti, très attaché au « pape au sourire » et qui l’a accompagnée tout au long de cette épreuve. « Cette nuit-là, je suis entrée et lui ai demandé de venir voir ma fille », raconte encore Roxana au média argentin. « Lorsqu’il s’est approché du lit de Candela, il a prié, m’a dit de mettre mes mains sur elle et l’a confiée au pape Jean Paul Ier« . À leurs prières se joignent celles de l’ensemble du personnel soignant présent en réanimation.

Quelques heures après avoir invoqué Jean Paul Ier et quatre mois après l’apparition des premiers symptômes, le 23 juillet 2011, l’état de la jeune fille commence à évoluer favorablement. Le corps médical constate une amélioration rapide du choc septique qui se poursuit avec le rétablissement ultérieur « de la stabilité hémodynamique et respiratoire », précise le décret. Le 8 août, la fillette n’est plus intubée, le 25 août son épilepsie disparaît et le 5 septembre Candela quitte l’hôpital avec une simple ordonnance. Elle est, miraculeusement, guérie.

Agnès Pinard Legry

À l’origine de la clémentine, était frère Clément Rodier

Le saviez-vous ? La clémentine n’existe que depuis la fin du XIXe siècle, et doit sa popularité au frère Clément Rodier (1839-1904). Ce petit frère de l’Annonciation et plus tard spiritain, l’a propagé en Algérie et en est peut-être même le créateur.

Algérie, 1902. Il fait une température douce en ce mois d’octobre. La chaleur est présente mais une agréable brise parcourt Misserghin. Décidément, Louis Trabut (1853-1929) a bien choisi son jour pour visiter les pépinières du frère Clément. Médecin et botaniste de renommée, Louis s’émerveille devant l’œuvre du moine. À l’origine, cet endroit était un petit domaine offert à la communauté des frères de l’Annonciation. Initialement il s’agissait d’accueillir les trop nombreux orphelins de France et d’Algérie. Mais à la venue du frère Clément, Misserghin est devenu une exploitation agricole des plus impressionnantes. C’est à peine si Louis cligne des yeux en suivant son guide à travers les vingt hectares de la pépinière et les trente cinq hectares de vignoble.

L’atmosphère est également des plus utopiques. Les moines et les orphelins du domaine travaillent avec entrain, en chantant pour certains. On y respire la vie et la joie. Cela change de l’image sordide et solennelle que certains se font des orphelinats de France.

– Voici les vergers d’agrumes, docteur Trabut, dit le frère qui le guide.

La remarque de son guide le tire de sa rêverie. Mais il ne lui faut que quelques instants pour s’ébahir à nouveau devant les orangers et mandariniers du père. Alors qu’il admire les magnifiques fruits presque mûrs, un arbre en particulier attire son attention.

– Ce mandarinier est-il malade ?, demande-t-il. Ses fruits sont petits et l’odeur est fade…

Un mandarinier pas comme les autres
En guise de réponse, le guide sourit et cueille l’un des fruits. Il le pèle avec facilité et en offre un quartier à Louis qui le goûte. Une saveur similaire à celle de la mandarine mais infiniment plus douce, éveille ses papilles. Un vrai délice !

– Mais il n’y a pas de pépin, remarque-t-il avec étonnement.

– Vous découvrez la vraie valeur des mandarinettes, répond le guide. Elles sont déjà très appréciées dans la région.

Incroyable ! Ce fruit est non seulement doté d’une saveur exquise mais il est aussi d’une simplicité déconcertante à consommer. Le botaniste s’empresse de déguster le reste en posant des questions entre chaque quartier.

Le guide lui explique les origines de ce fruit. Avec une technique que l’on appelle le greffage, qui consiste à implanter dans les tissus d’une plante le fragment d’une autre, on mélange les espèces pour obtenir un hybride. Dans le cas de la mandarinette, il s’agit d’un croisement entre l’oranger et le mandarinier. C’est avec cette technique que l’orphelinat assure la production de ces fruits.

Et c’est évidemment le frère Clément qui est à l’origine de cette découverte. Cela n’étonne pas le botaniste. Louis sait bien que le frère a également introduit en Algérie des centaines d’espèces d’arbres fruitiers, forestiers et d’ornement. Cette visite enchante tellement Louis que le médecin fera un rapport très élogieux à l’égard du frère Clément et de ses mandarinettes. Si bien qu’il les renommera « clémentines » en l’honneur du frère.

La Société d’Agriculture d’Alger décernera à Clément une médaille d’or pour sa découverte du fruit. Si on ne sait pas vraiment s’il s’agit d’une invention ou d’une découverte, sa propagation est attribuée au frère Clément Rodier.

Aliénor Goudet