BONUS !

Pourquoi allumer une bougie quand on prie ?

Si la prière est d’abord un cœur à cœur avec Dieu, elle peut être facilitée par un cadre propice au recueillement. Les bougies, par l’atmosphère qu’elles créent et le symbole qu’elles incarnent, en font partie.

« Avant d’être une série de pratiques et de formules, la prière est une manière d’être devant Dieu », a écrit Benoît XVI dans son ouvrage L’Âme de la prière. Une attitude intérieure qui oblige à « plonger ses racines au plus profond » de soi-même. Pour créer une atmosphère propice à ce plongeon intérieur, de nombreux croyants allument des bougies. Bien qu’extérieur à soi, cet élément, au même titre que le volume sonore environnant ou la position du corps, a un impact direct sur l’âme.

L’unité entre le corps et l’esprit permet à l’ensemble de nos sens de s’engager dans la prière et aide l’âme à s’élever vers Dieu. Le Catéchisme de l’Église catholique (2562) rappelle que la prière implique notre être dans son ensemble : « Quel que soit le langage de la prière (gestes et paroles), c’est tout l’homme qui prie. » Une pièce uniquement éclairée par la lueur d’une bougie peut ainsi avoir un effet puissant sur l’âme et aider à entrer en prière d’une manière nouvelle. Voici cinq raisons de prier avec une bougie.

MOINS DE DISTRACTIONS
Si certaines personnes arrivent à prier avec leur écran de télévision allumé en arrière-plan, d’autres — la majorité — lumières et bruits trop forts peuvent facilement éloigner de la prière. Même si vous n’allumez pas une bougie, n’hésitez-pas à diminuer l’éclairage de la pièce dans laquelle vous vous trouvez pour créer un climat propice à la méditation.

UNE ATMOSPHÈRE RECUEILLIE

Il y a quelque chose, dans la flamme vacillante d’une bougie, qui apporte à l’âme quiétude et sérénité. Les bougies sont même ainsi utilisées pour des raisons thérapeutiques par certaines personnes et elles peuvent avoir le même effet sur notre vie de prière quotidienne.

UN RAPPEL DES PREMIERS CHRÉTIENS
Dans les premiers temps, bien avant l’apparition de l’électricité, les chrétiens priaient à la lueur des bougies. Ce rappel confère à notre prière une richesse en la plaçant sous le signe de la foi de tous ces chrétiens qui nous ont précédé et à qui continuent d’intercéder pour nous dans la communion des saints.

LA PRÉSENCE DU SEIGNEUR
Par de nombreux aspects on peut voir en la bougie allumée une représentation de Jésus-Christ. La flamme qui vacille au-dessus représente la Divinité du Christ tandis que la bougie à proprement parler symbolise son humanité, la mèche cachée dans la bougie est une figure de son âme. La cire elle-même, qui est le produit de l’abeille, est l’emblème du corps le plus pur du Christ… Par son doux parfum de cire, l’odeur évoque la plénitude de la grâce et de la vertu, l’infinie sainteté du Christ.

LA RECHERCHE DE DIEU
Dans l’Évangile de saint Jean (Jn 8-12), Jésus dit : « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie ». La lumière de la bougie rappelle cette réalité et la manière dont il faut suivre la lumière pour vaincre les ténèbres.

Philip Kosloski 

Les beaux fruits de l’amitié spirituelle

Claire et François, Thérèse et Jean, Élisabeth et Marie... Les amitiés spirituelles sont nombreuses dans l’histoire. Elles ont considérablement rayonné, enrichissant la foi et la vie chrétiennes. Par Jacqueline Kelen, écrivain.

Pour toute la philosophie antique, l’amitié représente une haute vertu, et pas seulement un sentiment tendre, une relation d’agrément. Elle constitue un repère et une émulation sur le chemin qui conduit au souverain bien. De Pythagore à Aristote, de Diogène à Épicure, de Cicéron à Sénèque, tous l’ont célébrée et pratiquée. Au Ier siècle avant J.-C., Cicéron la définit ainsi : « L’amitié est un accord en toutes choses divines et humaines, auquel se joignent la bienveillance et l’affection mutuelles. »

Un reflet de l’amour divin
Cette tradition de l’amitié, reliée à la sphère morale, a continué avec le christianisme, d’autant que Jésus, peu avant son arrestation, avait déclaré à ses disciples : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître ; je vous appelle amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jean 15,15). Ces paroles sont d’une grande exigence, puisque l’amitié requiert la réciprocité et le partage à égalité.
En 1162, un moine cistercien d’origine anglaise, Aelred de Rievaulx, rédige un merveilleux petit traité, intitulé De l’amitié spirituelle, dans lequel il dialogue avec quelques frères du monastère. Aelred énonce que l’amitié spirituelle inclut et atteste la présence de Jésus et qu’elle a pour visée la vie éternelle. « Un ami est le gardien de l’âme », écrit-il. Et aussi : « Dès lors qu’un être humain est l’ami d’un autre, il devient l’ami de Dieu. » En effet, puisqu’une telle amitié doit refléter l’amour que Dieu a pour les hommes.
L’amitié spirituelle est donc une relation d’affinité entre deux êtres humains qui aspirent au Divin et s’encouragent mutuellement à progresser sur le chemin de la sanctification. Recommandée entre religieux, elle fleurit également parmi les laïcs, ou entre un religieux et une personne laïque.
Ce qui caractérise une amitié spirituelle authentique est sa fécondité. On lui doit des traités et des correspondances, des missions et des combats communs qui enrichissent toute l’histoire du christianisme. Voici quelques exemples.

Une émulation intellectuelle
Le premier se situe au IVe siècle, en Gaule. Jean Cassien et son ami Germain ont dix-huit ans et le désir de mener une vie monastique. Ils se rendent en Palestine, visitent les lieux saints, puis rencontrent les ermites qui vivent en ce pays, en Syrie et en Égypte. Les paroles recueillies auprès des Pères du désert composeront les Collations où sont abordées toutes sortes de questions spirituelles.
L’amitié qui lia Bernard de Clairvaux et Guillaume de Saint-Thierry fut intellectuelle autant que spirituelle, et ils étaient si proches d’âme que longtemps on a attribué certains ouvrages de l’un à l’autre. Un jour qu’ils se retrouvent, souffrants, à l’infirmerie du monastère, ils conversent et entreprennent de rédiger chacun un commentaire sur le Cantique des cantiques. Et c’est ensemble qu’ils affûteront leurs arguments théologiques pour lutter contre Abélard.

Des correspondances édifiantes
Traces écrites de profondes amitiés, de très nombreuses lettres sont parvenues jusqu’à nous : celles de saint Bernard, de sainte Claire, sainte Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Ignace de Loyola, Vincent de Paul et François de Sales… Leur contenu nous éclaire et nous édifie. Dans une lettre envoyée en 1149 à un ami, le chanoine Ogier, Bernard de Clairvaux dit tendrement : « Lorsque ta lettre est arrivée dans nos mains, elle t’a déjà trouvé dans notre cœur, toi qui l’avais envoyée ».
Au XXe siècle, réunis par une foi commune autant que par l’amour de la poésie, Charles Péguy et Alain-Fournier partagent conversations, pèlerinages à Chartres, et s’écrivent souvent. Ils marchent aussi longuement en silence dans les rues de Paris. « Heureux deux amis qui s’aiment assez, écrit Péguy, pour savoir se taire ensemble. »
L’amitié entre Élisabeth Leseur (1866-1914), chrétienne fervente et mariée, et sœur Marie Goby, rencontrée à l’Hôtel-Dieu de Beaune, est d’une grande beauté. Elles se sont vues en tout trois ou quatre fois, mais leurs lettres témoignent de la puissance et de la douceur d’un lien vécu en Dieu. En décembre 1911, Élisabeth écrit : « Aimons notre Jésus, si bon et généreux
; aimons-nous, très tendrement, en Lui, et cela pour toujours puisque nous ne voulons plus rien de ce qui passe, de ce qui ne subsistera pas dans l’éternité. » De la forte amitié qui lia la brillante philosophe Simone Weil et le P. Perrin, dominicain, est né l’ouvrage L’Attente de Dieu, où la jeune femme parle de son évolution spirituelle de manière inoubliable. Dans Les Grandes amitiés, qu’elle publie en 1941, Raïssa Maritain rend hommage à l’écrivain Léon Bloy, catholique fulminant, rencontré en juin 1905, qui les a convertis, Jacques et elle, et entourés de sa rude bonté.

À l’origine d’ordres religieux
Ce qui demeure de nos jours avec éclat, ce sont les nombreux ordres religieux qui ont pour origine une amitié spirituelle. Ainsi des Chartreux, lorsqu’en juin 1084, Bruno et six compagnons, ayant décidé de « quitter sans délai le siècle fugitif pour se mettre en quête des réalités éternelles », parviennent à la Chartreuse. Ainsi des Cisterciens, lorsque Robert de Molesme et Étienne Harding s’établissent en 1098 à Cîteaux. Ainsi des Pauvres dames, instituées par François et Claire d’Assise, qui deviennent les Clarisses. Et l’on peut encore citer la Compagnie de Jésus, née de l’amitié entre Ignace de Loyola, François Xavier et Pierre Favre ; le Carmel réformé, dû à l’amitié indéfectible entre Thérèse d’Avila et Jean de la Croix ; les Visitandines, fondées par François de Sales et Jeanne de Chantal ; les Dames de la charité, voulues par Vincent de Paul et Louise de Marillac ; 
On reconnaît l’arbre à ses fruits. Jamais la phrase de l’Évangile n’a été si bien confirmée. Mais il y a aussi les fruits immatériels, tout aussi précieux, puisque l’amitié spirituelle a pour sens de rayonner. Ces fruits se nomment amour, paix, espérance et joie.

Quelques prières et méditations du « livre de Lézard »

Aimée Degallier-Martin (totem Lézard) a été éclaireuse à Genève au tout début du scoutisme (elle est née vers 1905), cheftaine dans les années 1920. Elle est auteure de trois livres de méditations...

LES DEUX JOIES

Il y a la joie qui vient du dehors
Et il y a celle qui vient du dedans.
Je voudrais que les deux soient tiennes.
Qu’elles remplissent les heures de ton jour et les jours de ta vie.
Car lorsque les deux se rencontrent et s’unissent,
Il y a un tel chant d’allégresse que ni le chant de l’alouette
ni celui du rossignol ne peuvent s’y comparer.

Mais si une seule devait t’appartenir,
si pour toi je devais choisir,
je choisirais la joie qui vient du dedans.

Parce que la joie qui vient du dehors
est comme le soleil qui se lève le matin et qui, le soir, se couche.
Comme l’arc-en-ciel qui paraît et disparaît,
comme la chaleur de l’été qui vient et se retire.
Comme le vent qui souffle et passe.
Comme le feu qui brûle puis s’éteint…
Trop éphémère, trop fugitive…

J’aime les joies du dehors.
Je n’en renie aucune.
Toutes, elles sont venues dans ma vie quand il le fallait…
Mais j’ai besoin de quelque chose qui dure,
de quelque chose qui n’a pas de fin, qui ne peut pas finir.
Et la joie du dedans ne peut pas finir.
Elle est comme une rivière tranquille, toujours la même, toujours présente.
Elle est comme le rocher,
comme le ciel et la terre qui ne peuvent ni changer ni passer.
Je la trouve aux heures de silence, aux heures d’abandon.
Son chant m’arrive au travers de ma tristesse et de ma fatigue.
Elle ne m’a jamais quitté.

C’est Dieu – c’est le chant de Dieu en moi,
cette force tranquille qui dirige les mondes et qui conduit les hommes
et qui n’a pas de fin, qui ne peut pas finir.

Il y a la joie qui vient du dedans
Et il y a celle qui vient du dehors.
Je voudrais que les deux soient tiennes.
Qu’elles remplissent les heures de ton jour et les jours de ta vie.
Mais si une seule devait t’appartenir,
si pour toi je devais choisir,
je choisirais la joie qui vient du dedans.

(Extrait du livre de Lézard)

Une prière du patriarche Athénagoras

La guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer.
J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais je suis désarmé.
Je n’ai plus peur de rien, car l’amour chasse la peur.
Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses.
J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets.
Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons, j’accepte sans regrets. J’ai renoncé au comparatif.

Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur. C’est pourquoi je n’ai plus peur. Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur.

Si l’on se désarme, si l’on se dépossède, si l’on s’ouvre au Dieu-Homme qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui, efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible.

le père René Luc

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le frère Benjamin, « prêtre et chanteur », salésien de Don Bosco

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[RECETTE] La délicieuse soupe de saint Joseph

Et si on mijotait la soupe de saint Joseph pour célébrer la fin de son année spéciale décrétée par le pape François, ce 8 décembre ? Voici la recette savoureuse de Marie-France Delpech, fine-bouche du Sud-Ouest, qui cuisine depuis trente ans selon les principes de sainte Hildegarde de Bingen.

Pleine de saveur, la soupe de saint Joseph est un véritable clin d’œil. A commencer par son nom. Comme le décrit Marie-France Delpech, auteur de Cuisiner avec Hildegarde de Bingen (Le Rocher), ce plat traditionnel chez les Provençaux, appelé du nom du père adoptif de Jésus, est désigné quand il faut se contenter d’une cuisine « maigre ». Ensuite, il y a certainement un lien avec l’apparition de saint Joseph dans la région, plus précisément au sanctuaire de Cotignac. Enfin, il s’agit de la soupe aux pois chiches, l’une des soupes préférées du pape François, que la famille Bergoglio aimait beaucoup cuisiner. Bref, au moins trois raisons de découvrir la recette de Marie-France Delpech.

Soupe de saint Joseph
Pour 4 personnes, préparation : 30 min, cuisson : 1 h, 10 min

Ingrédients :

200 g de pois chiches, 1,25 l d’eau, 1 gros oignon, 1 branche de céleri, 2 carottes, 1 feuille de laurier, sel et poivre.

Préparation :

1. La veille, mettre les pois chiches à tremper.

2. Faire bouillir les pois chiches 30 minutes dans une casserole.

3. Pendant ce temps, hacher l’oignon et le céleri, couper les carottes en bâtonnets.

4. Ajouter les légumes et la feuille de laurier aux pois chiches, saler, poivrer.

5. Maintenir la cuisson 40 minutes.

6. Ôter le laurier avant de servir.

7. Servir chaud.