ÉDITO (8 août 2022)

ABANDON
Le 9 novembre 2020, mon époux Jacky a dû être hospitalisé à l’hôpital de Saint Malo pour une leucémie myéloblastique aigüe ! Si la première semaine, je n’avais pas le droit aux visites, à partir de la deuxième, je pouvais m’y rendre, grâce à la chaîne de solidarité mise en place pour m’y conduire une demi-heure chaque jour !

Lorsque j’arrivais dans sa chambre, je le voyais souriant, il était heureux de me voir ! Je crois que c’est là que j’ai commencé à sourire ! Le mercredi 2 décembre, il m’a fait comprendre qu’il était fatigué de tous les examens qu’il devait subir et pour l’encourager à se battre, je lui ai même chanté : « Soyons toujours joyeux et prions sans cesse ! ... » !

Le jeudi, alors que je me préparais pour ma visite quotidienne, il me demanda de ne pas venir, prétextant qu’on devait lui faire des examens et qu’il ne serait peut-être pas dans sa chambre ! Je lui ai dit : « Je vais aller à l’église » et il m’a répondu : « Oui, c’est ça ! Va du côté de Marie ! » C’est bien sûr ce que j’ai fait, mais contrairement à l’habitude, j’ai récité mon chapelet tout entier puis, spontanément, je me suis tournée vers le tabernacle en disant : « Seigneur, que ta Volonté soit la mienne et si ce n’est pas le cas, donne-moi la force de l’accepter ! » Je n’avais alors aucune idée de ce qu’était ma volonté car je n’imaginais pas une seconde que mon mari puisse mourir !

Le lendemain, vendredi 4 décembre, Dieu l’a rappelé à Lui et je me suis abandonnée à sa Volonté !

Depuis, j’ai pris l’habitude de m’abandonner à la Volonté de Dieu en disant : « Jésus, donne-moi la volonté de m’abandonner à la tienne et ôte de mon cœur tout désir qui ne vient pas de toi ! » Puis, je prends le temps de faire les choses comme elles se présentent à moi selon la Volonté de Dieu et je vis l’instant présent ! Je suis toujours surprise et émerveillée de voir comment se déroule ma journée lorsque je laisse mon regard fixé sur Jésus ! Mais s’il m’arrive de détourner les yeux pour les tourner vers moi, alors je m’écroule ! …

S’abandonner à la Volonté de Dieu, ce n’est pas attendre qu’Il agisse pour nous, c’est demander à Marie qui nous dit : « Fais ce qu’Il te dira » ! et ce n’est pas forcément ce que l’on a envie de faire ! C’est pourquoi il faut beaucoup de volonté pour décider de s’abandonner ! Cela demande un effort à renouveler à chaque instant de la journée, ainsi : « Le matin, à l’heure où je m’éveille, lorsque j’ouvre les yeux, je te souris, Jésus et je me donne à Toi ! Jusqu’au soir à l’heure où je m’endors, quand je ferme les yeux, je me blottis, Jésus et m’abandonne en Toi ! »

Cependant si tout semble facile quand on s’abandonne, le plus difficile est justement de s’abandonner surtout quand, dans un moment de faiblesse on se sent abandonné de ceux que l’on croyait ses amis !

Mais « La PRIÈRE est l’arme qui permet de lutter contre le découragement, PRIER c’est
« Persévérer, Résister, Insister, Espérer, Recevoir ! »


LE COMBAT SPIRITUEL
"Comme il est violent le combat spirituel
Quand on détourne son regard du bois de la Croix
Pour le tourner vers soi
Et qu’on a lutté toute la nuit
Dans la douleur et dans les larmes
En se croyant abandonné !
Mais au matin, on s’aperçoit
Que Celui qu’on croyait perdu
A nos côtés s’était battu
Alors on crie : « Pardon Seigneur » !
Et la Paix revient dans nos cœurs !"

Françoise

 

ÉDITO (7 août 2022)

UNE PLUIE DE GRÂCES !
La veille de sa mort, les dernières paroles de mon mari furent : Vas du côté de Marie !" Ces paroles eurent pour moi l'effet d'un testament, comme l'expression de sa dernière volonté ! Il savait, lui, que son heure était venue et que seule, Marie pourrait m'aider à affronter cette épreuve ! Depuis, je vais chaque jour du côté de Marie et je reçois une pluie de grâces qui sont autant de bouquets de roses !

Mais j'avais oublié que les roses avaient aussi des épines pour les protéger des prédateurs, et il n'est pas rare que j'en ressente la blessure, si je ne prends pas garde de les manipuler avec les gants de la prière ! Plus les grâces sont fortes et plus les blessures sont douloureuses ! Mais ne sont-elles pas là pour me rappeler de ne pas entrer en tentation ? Et quand je prie le Seigneur d'éloigner de moi ces souffrances, il me répond comme à Saint Paul : "Ma grâce te suffit car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse" C'est pourquoi maintenant, lorsque je me sens triste et seule, je pense à la réponse que j'aie reçue un jour : " Tu dois apprendre à gérer ta peur et tes angoisses toute seule, tu as les ressources en toi !" Alors je m'adresse directement à Jésus par la prière et il me répond !

Je peux dire maintenant comme Saint Paul : "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi !"

Alors que, en perdant Jacky, je pensais avoir perdu la moitié de ma vie, je réalise que celle-ci est encore plus riche qu'avant ! Je reçois des grâces en abondance ! J'ai la sensation que ses dernières paroles : "Vas du côté de Marie", sont une sorte de fil conducteur qui me relie à lui en passant par Marie dont je le sens proche ! Nous sommes réellement en communion ! Cette surabondance de grâces que j'ai reçues chaque jour de ce mois d'août 2021 ont été pour moi l'occasion de vivre une véritable retraite spirituelle au cours de laquelle j'ai entrepris ma consécration à Jésus par Marie en 30 jours !

J'ai bien conscience que ce n'est pas donné à tout le monde et que j'ai beaucoup reçu ! alors je pense à l'évangile de St Luc (12,48) "Si quelqu'un a beaucoup reçu on exigera beaucoup de lui ; et plus on vous aura confié, plus on demandera de vous" C'est pourquoi je n'ai pas d'autre choix que de faire fructifier toutes les grâces que j'ai reçues !

Pour terminer je voudrais citer quelques passages du "Combat spirituel"

"Jésus aime les cœurs joyeux, il aime une âme toujours souriante !"

"Cultiver la bonne humeur est une école exigeante mais particulièrement efficace pour détruire les racines de la philautie, pour nous décentrer de nous-mêmes"

"La bonne humeur est d'abord une décision avant d'être une envie"

"Un cœur joyeux est le résultat normal d'un cœur brûlant d'amour, car elle donne plus, celle qui donne avec joie, et Dieu aime celui qui donne avec joie ... !"

J'ai bien conscience que ma bonne humeur est un Bien précieux que j'ai reçu de Dieu et que je dois cultiver pour sa plus grande gloire ! Et s'il lui arrive parfois d'être écorchée par quelques épines, il suffit du baume de la prière pour qu'elle retrouve toute sa vigueur !

Françoise

ÉDITO (6 août 2022)

TRANSFIGURATION
Il me semble que notre vie sur terre est semblable à un pèlerinage vers la Cité Céleste ! A l’instar de saint Jacques de Compostelle, nous pouvons choisir des points de départ différents, conduisant à des chemins plus ou moins difficiles d’accès, avant de trouver le seul vrai chemin où tout le monde se retrouve ! Nous pouvons effectuer ce pèlerinage seul ou à plusieurs, sachant que même seul, il peut nous arriver de très belles rencontres avec lesquelles nous pouvons nouer de nombreuses relations d’amitié ! Certains peuvent continuer la route avec nous et d’autres, aller plus vite ou rester en arrière, chacun allant à son rythme !

Le début du chemin semble facile, on est plein d’énergie et de motivation, prêt à affronter les difficultés avec l’enthousiasme des optimistes ! Cependant si celui-ci n’est que l’effet d’une illusion il peut être mis à mal par des obstacles mal évalués qui peuvent conduire au découragement ! En revanche si l’enthousiasme est engendré par la certitude de réussir à franchir les obstacles et la foi de parvenir au bout du voyage, nous pouvons être sûrs d’obtenir le succès d’un bonheur au-delà de nos espérances !

Il peut arriver que certains passages difficiles soient jalonnés de moments de grâce qui peuvent être une force pour affronter ces épreuves ! C’est ainsi qu’au mois d’août 2020, j’ai reçu une grâce qui m’a redonné le goût de vivre et retrouver l’envie de marcher, chaque jour, à travers mon petit chemin, au son de ma playlist de louanges ! Ces balades journalières me procuraient une joie incommensurable qui m’a fait écrire le 6 octobre : « Quand je suis dans mon petit chemin j’ai l’impression d’être aux portes du Paradis, mais je sais que le chemin est encore long, car on ne peut aller au Père sans passer par la Croix ! » J’avais déjà conscience qu’une grande épreuve m’attendait et que je devais passer par là pour atteindre cette Vie nouvelle dont j’avais cru entrevoir les prémices !

Lorsque nous vivons ces moments de grâce, nous sommes tentés de nous installer et de planter notre tente, mais le voyage n’est pas fini ! Il nous faut repartir si nous voulons atteindre définitivement ce bonheur éternel que nous avons entrevu l’espace d’un instant !

N’est-ce pas ce qui s’est passé pour Pierre, Jacques et Jean, lorsqu’ils ont assisté à la Transfiguration de Jésus ! C’était l’étape ultime avant l’épreuve de la crucifixion où Jésus leur est apparu dans sa Gloire, laissant apparaître la beauté de son Royaume !

Je crois que tout au long de notre parcours et principalement avant d’affronter les épreuves, si nous fixons notre regard sur Jésus, nous pourrons voir sa transfiguration, laissant apparaître sa gloire à laquelle nous serons, nous-mêmes, associés lorsque nous franchirons les portes du Royaume Eternel !

« L’Homme vient de Dieu pour retourner à Dieu !
Chacun de nous a un destin bien tracé mais nous sommes libres de le suivre ou d’emprunter un autre chemin ! Si nous choisissons de voler de nos propres ailes,
Nous prenons le risque de nous perdre et d’arriver au bord du précipice !
Mais si nous choisissons le chemin balisé,
Alors nous sommes certains d’arriver à destination ! »

Françoise

 

ÉDITO (5 août 2022)

QUI VEUT SAUVER SA VIE LA PERDRA !
Le 6 octobre 2020, en rentrant de ma marche matinale dans le petit chemin « si cher à mon cœur », j’écrivais de manière intuitive : « Quand je suis dans mon petit chemin, j’ai l’impression d’être aux portes du Paradis, mais je sais que le chemin est encore long car on ne peut aller au Père sans passer par la Croix ! J’ai bien conscience que cette grâce que j’ai reçue, le 12 août, n’est pas une récompense mais une force qui m’est donnée pour affronter une épreuve plus grande ! J’ai peur ! L’épreuve que je redoute le plus de devoir affronter c’est le départ de Jacky ! »

A ce moment-là, il n’était pas malade et si je savais que cela arriverait un jour, dans 15 ou 20 ans, je n’imaginais pas une seconde que cela surviendrait deux mois plus tard ! Ainsi, je ne m’étais pas trompée, c’est bien cette grâce qui m’a permis de supporter cette épreuve et de la rendre féconde puisque depuis ce jour je suis re « née » à une nouvelle vie ! Je suis devenue celle que j’ai toujours rêvé d’être et dont je ne me croyais pas capable !

Le 9 juillet dernier, à la lecture d’Isaïe, « Me voici, envoie-moi », j’ai senti que cet appel s’adressait à moi et j’ai répondu : « Jésus, j’ai confiance en Toi ! Me voici, envoie-moi pour marcher avec Toi sur un chemin de Croix » ! J’avais bien compris que pour suivre Jésus, il fallait que je prenne ma croix ! Cependant, ce n’est pas à nous de choisir notre croix ou de la comparer à celle des autres, il nous faut accepter celle que nous sommes capables de supporter, chacun à sa mesure ! Et le soir-même, je faisais cette chute qui m’a projetée sur le parvis de l’église ! Assommée par la violence du choc, je n'ai ressenti, sur le moment, ni peur, ni douleur ! Ce n’est que plus tard que sont apparues les premières épines, mais les plus grandes souffrances ne sont pas celles du corps, mais les blessures de l’âme qui se sent abandonnée par ceux que l’on croyait ses amis !

Il me semble que cette croix dont la violence du choc a été amortie par la Croix de Jésus était pour me faire comprendre que ce dont Lui-même a le plus souffert, ce ne sont pas les violences physiques qu’il a subies, mais l’abandon de ceux qui avaient promis de le suivre et qui n’ont pas eu le courage de l’accompagner jusqu’à la Croix !

Jésus, par cette chute « providentielle », Tu m’as fait comprendre que ce ne sont pas nos péchés qui te font le plus souffrir mais notre manque d’Amour et de confiance en ton infinie Miséricorde !

Tu as dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera ». (Mat 16)

« C’est parce que j’ai choisi de donner ma préférence à Jésus et de porter ma croix
Que je suis capable d’aimer les autres ! »

Françoise

 

ÉDITO (4 août 2022)

POUR VOUS QUI SUIS-JE ?
Cette question que Jésus a posée à ses disciples, c’est à chacun de nous qu’elle s’adresse encore aujourd’hui ! Si j’ai depuis toujours une foi inébranlable et peut-être un peu naïve sans me poser de questions, depuis quelques années, des témoignages de rencontres avec Jésus, qui avaient eu lieu dans mon entourage, comme celui de ma fille Ezéchielle m’ont amenée à me poser la question : « Pourquoi moi, n’avais-je pas eu cette chance de sentir sa présence de manière concrète, sous forme d’une chaleur intérieure ? J’ai alors réalisé, à la lumière de l’Esprit-Saint, que j’étais un peu comme le frère aîné du fils prodigue et que je n’avais pas moi-même besoin de cette « révélation » extraordinaire puisque depuis toujours je sens sa présence à mes côtés ! Ce qui m’a amenée à me poser cette première question :

« EN QUI JE CROIS ? »
Mon credo : Je crois en Dieu, notre Père, tout-puissant, qui s’est incarné pour s’abaisser jusqu’à nous, par l’intermédiaire de son fils, Jésus, qui a pris chair de la Vierge Marie pour prendre notre condition d’homme afin de nous élever jusqu’à Lui. Il est donc à la fois vrai Dieu et vrai homme ! Vrai Dieu puisque conçu du Saint Esprit et vrai homme puisque né de la Vierge Marie. Si pour moi la création est une preuve incontestable de l’existence de Dieu, il n’existe pas de preuve tangible que Jésus soit fils de Dieu. Pourtant c’est mon intime conviction. En effet, connaissant la nature de l’homme, il me paraît impossible qu’un homme se prétendre fils de Dieu en se laissant humilier et persécuter jusqu’à donner sa vie pour nous. Et je pense que Dieu seul pouvait résister aux tentations de Satan comme ce fut le cas au désert. Cependant, le fait même qu’il ait été tenté de renoncer à sa passion avant de dire : « Père, que ta volonté soit faite et non la mienne » montre qu’il savait ce qui l’attendait et qu’il a accepté de souffrir par amour pour nous !

Ce que Jésus a enseigné à ses disciples, il l’a vécu lui-même, en les invitant à le suivre. Il a dit : « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie, nul ne peut aller vers le Père sans passer par moi ». Cela nous paraît difficile en raison de notre orgueil, pourtant tout serait si simple si nous faisions preuve d’humilité ! Je crois aussi que Dieu seul est Saint, Il est notre créateur et nous a créés à son image, c’est pourquoi nous sommes tous appelés à devenir saints, il suffit de suivre son exemple. Il a dit : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » Cependant il faut toute une vie pour atteindre la perfection et il nous faudra nous dépouiller de notre enveloppe charnelle pour mourir à la vie avant d’entrer dans une vie nouvelle, appelée « La Communion des Saints » !

« POURQUOI JE CROIS ? »
Si nous n’avons pas de preuves tangibles, nous avons des témoignages probants à travers le kérygme des premiers chrétiens affirmant : « Jésus-Christ est le fils de Dieu, mort et ressuscité pour nos péchés, nous en sommes témoins ! » Ce qui, à mon sens, constitue le meilleur témoignage est l’attitude changeante de Pierre avant la crucifixion et après la Résurrection de Jésus. Parmi les disciples, Pierre est le premier qui a su répondre à la question : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » en disant : « Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant » ce à quoi Jésus a répondu : « Ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela mais mon Père qui est dans les cieux ! Pierre ne comprenait pas pourquoi celui qui était son ami devait mourir, et s’il devait en passer par là, il se disait prêt à mourir avec lui. Or, le soir même, après l’arrestation de Jésus, en entendant le coq chanter, Pierre se rappela les paroles de Jésus qui avait affirmé : « Avant que le coq n’ait chanté, tu m’auras renié trois fois ». Il prit alors conscience de sa trahison et pleura amèrement ! Après la mort de Jésus, Pierre et les disciples se sentaient abattus, désespérés, abandonnés par leur Maître qu’ils n’avaient pas eu le courage de suivre jusqu’à la croix, craignant de subir le même sort !

Comment peut-on imaginer que des hommes aussi peu courageux, s’ils ne l’avaient pas vu ressuscité, acceptent de mourir en martyrs pour témoigner que le Christ leur est apparu vivant ?

« La Foi naît dans l’incertitude mais se perd dans les habitudes !
Elle est le fruit de la quête incessante du sens de notre existence ! »

Françoise

 

 

ÉDITO (3 août 2022)

 IL EST GRAND LE MYSTÈRE DE LA FOI !

 Comme il est grand le mystère de la foi ! Je suis bouleversée chaque fois que j’entends cette phrase que prononce le prêtre, juste après la consécration et à laquelle nous répondons :

« Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous PROCLAMONS TA RÉSURRECTION, nous attendons ta venue dans la gloire » !

C’est une véritable profession de foi, de reconnaître que, par les mains du prêtre, prononçant la bénédiction, sous l’action de l’Esprit-Saint, comme Jésus lui-même l’a fait au soir de la Cène, cette petite hostie est réellement devenue le Corps du Christ ! Je ne suis pas certaine que toute l’assemblée ait bien conscience de ce mystère qui dépasse notre intelligence et que l’on ne peut saisir que si nous savons regarder, avec confiance, au-delà des apparences !

Cette foi est un don de Dieu, offert à tous, mais que nous sommes libres d’accepter ou de refuser ! Il s’agit simplement d’accepter de ne pas tout comprendre et de se laisser conduire, avec confiance par l’Eprit-Saint, en toute humilité !

"Le « Savoir » ne laisse pas de place au doute,
Mais la « Foi » est « confiance » dans l’incertitude, parsemée du doute qui la fait grandir !"

 Françoise

 

ÉDITO (2 août 2022)

DOUX MOIS D’AOÛT !

Je fête en ce 2 août le 53ème anniversaire de notre mariage ! Et si mon Jacky n’est plus là aujourd’hui, il est toujours présent au plus profond de mon cœur ! Je rends grâce à Dieu de nous avoir confié l’un à l’autre pour accomplir son projet de fonder une belle famille pleine d’Amour ! Et je veux, à cette occasion, faire mémoire des merveilleuses « douceurs » qu’Il m’a accordées ces derniers mois d’août !

• 10 août 2019
Célébration de nos « Noces d’Or » par le Père Olivier, en présence de toute notre famille, de nos amis et de nombreux membres de notre paroisse !

12 août 2020
Grande grâce reçue de guérison, de mon corps et de mon âme, en retour à ma prière adressée à Jésus de me répondre par une voix humaine ! Cette grâce même qui m’a donné la force d’affronter cette grande épreuve du départ de Jacky, 4 mois plus tard !

• Août 2021
Là, point n’est besoin de préciser la date car chaque jour de ce mois, j’ai reçu une grâce particulière lorsque j’allais du côté de Marie ! Il s’agissait pour la plupart de rencontres éphémères ou d’autres plus durables qui ont marqué le début d’une véritable amitié ! Mais la plus grande bénédiction est, sans nul doute, celle reçue le 3 août vers 11h15, lorsque commençant à prier, seule, du côté de Marie, j’ai éprouvé une irrésistible envie de voir quelqu’un se joindre à ma prière ! Au moment même où je sentais mon cœur « crier » ce besoin, je vis sortir de la sacristie, 3 prêtres : Pierre-Marie, Louis et Olivier venant concélébrer une messe qui m’a paru être une réponse au-delà de mes espérances !

Il me semble que cette grâce reçue est, une « grâce concomitante »
Celle que, Dieu nous accorde au cours de nos actions pour les rendre méritoires !

(Définition théologique)

Françoise

 

ÉDITO (1er août 2022)

 LE MURMURE DU VENT !

J’ai entendu dire et j’en fait moi-même l’expérience, que la mort coupe toute communication mais approfondit la communion !

Il me semble que toute séparation peut être assimilée à une petite mort, surtout quand le robinet de la communication, entre deux âmes sœurs, a été volontairement fermé car la pression était trop forte ! Peu à peu, l’âme blessée, meurtrie par le vide de l’absence, se laisse sombrer jusqu’au plus profond de son cœur !

Et soudain, c’est au sein même de ce silence qu’elle peut saisir le murmure du vent, qui évoque le bruissement d’un souffle et témoigne d’une douce présence, unissant les deux âmes en parfaite communion ! N’est-ce pas là le signe de l’amour inconditionnel d’une véritable amitié spirituelle ? Cette douce quiétude, qui ne peut exister sans le secours de la prière et des sacrements, devient alors une véritable source de fécondité apostolique !

C’est dans le murmure du vent que l’on peut trouver Dieu !
Et pour cela point n’est besoin de parler !
Il suffit juste de savoir se taire ensemble !

Françoise

ÉDITO (31 juillet 2022)

L’ASCÈSE DU SILENCE
QUAND « VACANCE » RIME AVEC « SILENCE » !

« Quand un poste est abandonné
Pour un repos bien mérité
Quelle est lourde cette vacance
Quand dans le vide de l’absence
S’évanouit toute effervescence
Et qu’elle impose le silence ! »

Cette saison de l’été correspond pour beaucoup d’entre nous à ce que l’on appelle « Les grandes vacances » ! Cette évocation me rappelle une époque particulièrement heureuse de mon enfance, puisqu’elle signifiait pour moi la cessation de toute activité scolaire que je vivais comme un véritable cauchemar ! Ces deux longs mois de juillet-août étaient l’occasion de nous retrouver en famille, et de vivre pleinement l’instant présent, en profitant de la nature (mer ou montagne selon les années) ! C’était une période pleine d’effervescence, ou le « supplice » des leçons et des devoirs laissait place à un état d’exaltation recréateur d’énergie !

Plus tard, à l’âge adulte cette période de vacances prend une autre dimension ! Il ne s’agit plus à proprement parler, de grandes vacances mais d’une cessation d’activité professionnelle d’une durée déterminée que chacun peut, selon ses besoins ou ses envies, vivre comme un temps de repos, dans son milieu de vie ou en changeant d’environnement, et pour d’autres comme un temps de voyage, riche de découvertes !

Puis, vient l’âge de la retraite, où toute cessation d’activité professionnelle peut être assimilée à de très grandes vacances ! C’est-à-dire un changement de vie total que l’on peut vivre comme un temps de repos bien mérité, en se retournant sur soi-même, ou en faisant de cette disponibilité, une occasion gratuite de se tourner vers les autres dans une action de bénévolat !

C’est cette dernière solution que mon époux et moi avons choisie, en décidant de faire de notre retraite, une vie offerte, au sein de notre paroisse ! Cette disponibilité gratuite a été pour nous l’occasion de faire de belles rencontres et de nouer de nombreux liens d’amitié qui m’ont permis d’affronter, le 4 décembre 2020, le départ de Jacky vers le Père, après m’avoir confiée à Marie vers qui je me rends tous les jours pour prier le chapelet à l’intention des personnes, de plus en plus nombreuses qui sont dans mon cœur !

Mais aujourd’hui, en ce temps de vacances, dans notre église qui rassemble de très nombreux estivants, je ne reconnais plus les visages familiers de ceux qui « abandonnant » leur poste pour quelques semaines de repos bien mérité, sont partis en vacances vers d’autres lieux !

Cette « vacance » de mes frères est pour moi synonyme de vide et de solitude qui impose le silence ! Un silence du cœur qui ne peut exprimer une souffrance passagère que je ne peux confier qu’à « Marie qui gardait toutes ces choses dans son cœur » !

Mais ne faut-il pas voir cette « ascèse » du silence
Comme un moyen d’avancer sur ce parcours initiatique pour la Vie Eternelle ?

Françoise

ÉDITO (30 juillet 2022)

SAINTETÉ
Il me semble que pour un grand nombre de chrétiens cette qualité de « Sainteté » soit réservée à une élite dont ils se sentent exclus ! Beaucoup se fient à l’exemple de grands saints dont la vie semble avoir atteint la perfection ! Sans doute s’attache-t-on trop à tout ce qui a été dans leur vie des critères de sainteté, en oubliant ou en méconnaissant leurs faiblesses et leurs fragilités ! En effet, un saint quel qu’il soit, est avant tout un homme pécheur ! Seule Marie est née sans péché !

Je suis persuadée que tout chrétien baptisé est appelé à la sainteté et que le Seigneur a un projet pour chacun de nous ! Lorsque nous lisons les écritures, nous voyons que les hommes se sont toujours vu confier une mission qu’ils avaient la liberté d’accepter ou de refuser ! Bien sûr, nous ne connaissons que celles qui ont été consenties par leur interlocuteur et qui ont eu un rôle décisif dans la venue du Christ rédempteur et notre invitation à le suivre pour le salut du monde !

Ainsi le rôle de Judas, qui a trahi Jésus, bien qu’étant un acte mauvais, était nécessaire à la réalisation du projet de Dieu pour sauver l’humanité ! Cependant sa plus grande faute n’a pas été la trahison mais de ne pas croire à la Miséricorde de Dieu qui peut tout pardonner quand on le lui demande avec repentir ! Pierre, lui a aussi en quelque sorte trahi Jésus, quand il l’a renié trois fois alors qu’il avait promis de ne pas l’abandonner ! Mais reconnaissant son péché, il a demandé pardon avec une grande confiance dans l’Amour de Jésus qui, non seulement lui a pardonné mais lui a confié les clefs du Royaume ! Quant à Saint Paul, quel crime plus grand peut-on commettre que de persécuter des chrétiens ? Et pourtant, c’est lui que Dieu a appelé pour être son premier apôtre d’évangélisation !

J’ai personnellement l’exemple de mon grand-père et de ma maman, sa fille qui ont eu, chacun, une vie ordinaire mais vécue dans l’amour de Dieu et du prochain par la prière et la charité, offrant jusqu’à leur mort, leurs souffrances pour participer à celles du Christ ! Je n’ai aucun doute sur leur état de sainteté et j’espère, moi aussi suivre leur exemple ! Depuis la mort de mon mari, Jacky, je me rends tous les jours, à sa demande, du côté de Marie ! Depuis ce temps, toute ma vie est centrée sur Dieu et je demande chaque jour à Jésus de me donner la volonté de m’abandonner à la sienne et d’ôter de mon cœur tout désir qui ne vient pas de Lui ! Je réalise que si je fais les choses comme elles se présentent à moi selon la Volonté de Dieu, en vivant l’instant présent, mes prières sont exaucées et je n’ai plus de souci à me faire ! Pourtant, il m’arrive parfois de douter en pensant que je ne suis pas digne d’être sainte ! Que je ne mérite pas l’honneur d’être appelée à suivre Jésus sur la Croix ! Mais quand je lui dis ce que j’en pense, il me répond : « N’est-ce pas plutôt la peur de la Croix qui te fait hésiter ? Femme de peu de foi ! Ne crains pas, tu as les ressources en toi et je suis avec toi !
Alors, je lui dis :

« Le matin, à l’heure où je m’éveille, dès que j’ouvre les yeux,
Je te souris, Jésus et je me donne à Toi !
Jusqu’au soir à l’heure où je m’endors, quand je ferme les yeux,
Je me blottis, Jésus et m’abandonne en Toi ! »

Françoise

ÉDITO (29 juillet 2022)

AMOUR ET CHARITÉ !
Si tout chrétien baptisé qui se respecte connaît bien sûr ce double commandement de Jésus « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force », puis, « tu aimeras ton prochain comme toi-même », je ne suis pas certaine qu’il soit toujours compris et appliqué comme il devrait l’être !

A en juger le nombre d’associations caritatives qui ont pour objectif de venir en aide aux plus démunis, on pourrait croire que la Charité est une vertu très répandue et que la mise en pratique de l’Evangile est respectée ! Mais qu’en est-il en vérité ?

Si je m’en réfère à la première lettre de saint Paul aux Corinthiens (Chap.13), véritable hymne à l’Amour !

03 J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.
04 L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil
08 L’amour ne passera jamais. [...]

Si l’on croit que Dieu est Amour, on ne peut connaître l’Amour si on ne connaît pas Dieu ! Celui qui n’aime pas, ne connaît pas Dieu ! C’est parce qu’il nous aime d’un Amour infini que nous pouvons aimer à notre tour !

Ainsi lorsque nous nous engageons dans une association dont l’objectif est de venir en aide aux personnes démunis, vulnérables ou en situation de précarité, le faisons-nous au nom d’un état, d’une commune ou d’une paroisse, par souci d’humanité ou pour se donner bonne conscience en faisant œuvre de charité ? ou le faisons-nous au nom de Dieu, mus par l’énergie de son Amour ?

La vraie charité n’est autre que la mise en œuvre, de l’Amour de Dieu en nous, pour l’amour de nos frères, en les aimant d’un amour inconditionnel qui n’attend rien en retour !

Françoise

ÉDITO (28 juillet 2022)

ENGAGEMENT ET DISPONIBILITÉ
Nous vivons dans un monde où chacun rêve de pouvoir faire ce qu’il a envie de faire, et la notion de liberté est considérée comme un droit à pouvoir faire ce que l’on veut ! Il s’agit donc bien d’une façon d’exercer librement sa propre volonté ! Reste à savoir si l’envie résulte d’un acte volontaire ! Ainsi, si nous avons envie de fumer est-ce que cette envie est issue de notre volonté ou n’est-ce pas notre volonté qui est soumise à l’envie ? Il me semble que si nous décidons de faire ce que nous avons envie de faire, nous sommes sous l’emprise de nos envies en pliant notre volonté à nos désirs ! Cela revient à dire que nous ne sommes plus en mesure de décider selon notre volonté ! Notre meilleure garantie de sauvegarder cette liberté est de faire en sorte que notre volonté ne se laisse pas submerger par nos envies mais qu’elle en soit le maître !
Notre société de consommation a pour objectif d’attiser les envies par n’importe quel moyen publicitaire qui, sans que nous en ayons conscience, nous donne l’illusion d’un besoin à satisfaire et fait basculer notre volonté dans l’envie de satisfaire ce besoin, comme d’une impérieuse nécessité ! Et si cela nous est impossible à réaliser nous dénonçons énergiquement cette contrainte comme une atteinte à notre liberté !
Il en résulte donc que tout ce que nous n’avons pas envie de faire nous apparaît comme une contrainte, dès lors que nous ne l’avons pas choisi !
Le fait même de choisir nécessite d’opter pour une chose en renonçant à une autre, ce qui veut dire que si nous hésitons entre plusieurs envies que nous ne pouvons satisfaire, il nous faudra faire appel à notre discernement pour savoir à laquelle renoncer et ceci ne pourra se faire qu’en exerçant librement notre volonté de faire un choix !
Le choix d’opter ou de renoncer ne peut se faire, en toute liberté, qu’à partir de notre volonté !
C’est ainsi qu’il en est de l’engagement ! L’engagement, ce gros mot qui tente de plus en plus à disparaître tant il fait craindre de perdre sa liberté ! On hésite à s’engager dans le mariage car on a peur de ne pas s’aimer toute la vie ! Cela suppose que l’on est esclave de nos désirs et que nous agissons en fonction d’eux, leur laissant la liberté de disparaître pour laisser place à d’autres ! C’est un leurre que de croire garder sa liberté en ne s’engageant pas ! Car si nous nous engageons en toute liberté, il nous appartient de rester maître de cette liberté en décidant librement de respecter notre choix sans se laisser déstabiliser par les aléas de la vie !
Dans le domaine du bénévolat, particulièrement au niveau pastoral ou paroissial, il est reconnu qu’il vaut mieux un maximum de personnes qui en fait le minimum, qu’un minimum qui en fait le maximum ! Hélas, c’est encore la deuxième solution qui prévaut majoritairement ! En effet, là encore c’est la notion d’engagement qui est en cause ! Il y a d’une part, les personnes qui sont engagées depuis toujours et qui se croyant indispensables ne se décident pas à laisser leur place, empêchant certains éventuels volontaires de s’engager ! D’autre part, il y a des nouveaux qui arrivent avec une expérience de bénévolat et de nombreuses propositions pour lesquelles il n’est pas facile de trouver suffisamment de volontaires ! C’est ainsi que plusieurs bénévoles se retrouvent engagés dans plusieurs services en plus de leurs obligations familiales ou professionnelles et ne peuvent être disponibles pour assurer leur tâche comme ils le souhaiteraient !
En ce qui me concerne, j’ai toujours attaché une importance considérable à la notion d’engagement ! Il s’agit pour moi de la plus haute expression de ma liberté ! C’est pourquoi il m’apparaît difficile de m’engager dans plusieurs endroits à la fois au risque de ne pouvoir tout assurer ! contrairement à beaucoup d’autres, j’ai cette particularité de vivre seule, de ne pas avoir d’obligations familiales, ni professionnelles et de ne m’absenter que très rarement, c’est la raison pour laquelle je n’ai aucun autre engagement que celui de me rendre disponible pour ceux qui ne le sont pas ! Je ne suis responsable de rien ! Je suis juste là, où il y a besoin, pour faire ce qu’on attend de moi, comme un serviteur inutile !

Françoise

ÉDITO (27 juillet 2022)

O A S I S
Ces 5 lettres composant à elles seules un nom commun sont également les initiales de 5 verbes qui constituent tout un programme offrant les caractéristiques essentielles de la Mission !

1. Oser
Signifie ne pas avoir peur, sortir de chez soi pour témoigner, aller sur les chemins, sur les places ou sur les parvis ! …

2. Accueillir
C’est s'ouvrir, laisser venir, accepter, accompagner, écouter, recevoir, fêter et bien d’autres synonymes, marquant tous une action bienveillante envers une ou plusieurs personnes !

3. Sourire
C’est en quelque sorte ouvrir la porte de son cœur pour dévoiler sa lumière intérieure !

4. Inviter
Ou encore convier, prier, appeler à entrer dans l’intimité de son cœur pour découvrir le Maître des lieux !

5. Servir
C’est être là, où il y a besoin, pour agir avec l’autre, lui apporter son aide par sa présence, une écoute bienveillante, des paroles de consolation, ou tout simplement savoir se taire ensemble, en toute humilité, comme un serviteur inutile !

Il me semble que ce programme contient là l’essentiel d’une Mission d’Evangélisation, procédant de l’extérieur vers l’intérieur, si j’ai bien compris ce que j’ai retenu du Congrès Mission 2021, accessible et même préconisée à tout chrétien ayant reçu par le baptême la vocation de Prêtre, Prophète et Roi !

Françoise

 

 

ÉDITO (26 juillet 2022)

DANS LA NUIT DE MA FOI !

Le jour où j’ai dit à Jésus :
« J’ai confiance en Toi,
Me voici, envoie-moi
Pour marcher avec Toi
Sur un chemin de Croix ! »

Le soir même je me suis sentie projetée, hors de l’église, comme par une main invisible, pour retomber violemment sur le parvis ! Si j’ai eu conscience, pendant l’infime instant où mon pied a heurté quelque chose, que j’allais trébucher, tout s’est passé si vite que je n’ai pas eu le temps ni d’avoir peur, ni d’avoir mal ! De ces 50 minutes qui ont précédé l’arrivée des pompiers, je n’ai gardé que le souvenir flou de quelques « samaritains » qui semblaient, tels des anges, veiller sur moi ! Je me souviens seulement avoir été soulevée de terre, comme dans un rêve, avant de me retrouver dans le camion des pompiers ! Cependant, dans cette atmosphère un peu étrange, mon souvenir le plus précis reste mon insistance à prouver aux brancardiers que, étant tout à fait consciente et n’ayant mal nulle part, je n’avais aucun besoin d’être hospitalisée ! L’idée de me retrouver seule dans une chambre d’hôpital, était pour moi, une véritable souffrance qui m’était intolérable ! Ceux-ci ont accédé à ma demande de rentrer chez moi avec l’assurance que mon amie, Martine veillerait sur moi ! …
La première douleur qui m’est apparue fut celle de m’apercevoir que j’avais perdu ma croix qui paraît-il, avait éclaté pendant la chute ! Je ne pouvais me résoudre à y croire tant que je n’avais pas retrouvé les éclats qui auraient dû joncher le sol ! Puis, après avoir jeté un œil sur le miroir de ma salle de bain, je constatais que je n’avais plus de dents, mon appareil s’étant brisé par la violence du choc sur mon menton, anesthésié, qui présentait une plaie saignante à l’extérieur avec un hématome qui tuméfiait mon visage ! Plus tard, dans la nuit, je commençais à ressentir de violentes douleurs dans le bras gauche, pouvant évoquer une fracture !
Le lendemain j’acceptais la proposition de mes amis de me conduire aux urgences pour des radios qui n’ont révélé aucune fracture visible ! J’étais donc rassurée et, réalisant que j’avais eu beaucoup de chance, j’ai pensé que cette chute était providentielle puisqu’elle était une manœuvre du diable pour éprouver ma foi par la tentation de l’orgueil ou du découragement dans laquelle je ne suis pas entrée ! La nuit suivante, contrairement à mon habitude, j’ai très bien dormi ce qui m’a donné un regain d’énergie me plongeant même dans une sorte d’euphorie !
Malheureusement, cet état de grâce n’a duré qu’un temps, dissipé par une nuit sans sommeil, tourmentée par de violentes douleurs physiques, mais surtout spirituelles avec des doutes que j’aurais aimé pouvoir partager ! Mais vers qui me tourner ? Je ne comprenais pas pourquoi Jésus lui-même m’avait laissé tomber, je ne trouvais pas le Simon de Cyrène dont j’avais tant besoin ! J’ai eu soudain l’impression que toute la lumière de ma joie de l’Evangile s’éteignait peu à peu pour faire place à l’obscurité de la nuit de ma foi ! Plus ma foi avançait pour atteindre le plus profond de mon âme et plus celle-ci se trouvait plongée dans une nuit obscure, envahie par le doute et la tristesse !
S’il m’est arrivé, en marchant dans mon chemin, d’avoir parfois la sensation d’être aux portes du Paradis, tellement je me sentais bienheureuse, cette fois la tristesse douloureuse de mon âme me fait évoquer la torture des flammes de l’enfer !
Je continuais de parler à Jésus comme je l’ai toujours fait, en lui redisant ma confiance en Lui et je ne comprenais pas pourquoi, s’Il avait exaucé ma demande de marcher avec lui sur un chemin de croix, il me refusait l’aide de mon Simon de Cyrène ? Je m’adressais à Marie pour essayer de comprendre, elle qui avait tant enduré de souffrance dans le silence de son Cœur ! C’est là que j’ai compris que c’est dans le Silence que l’on trouve Jésus et non en s’agitant pour demander ce que l’on désire et qui n’est peut-être pas sa Volonté !
J’ai réalisé que j’avais inversé les rôles ! Quand je lui ai demandé de marcher avec Lui sur un chemin de croix, j’avais, dans mon orgueil, présumé de ma force en me croyant capable d’être là pour Lui, alors qu’il me fallait simplement accepter d’apprendre à marcher à son côté, le laissant me tenir par la main ! N’était-ce pas Lui étendu sur sa Croix qui avait amorti ma chute en me tendant les bras ?
Il me semble qu’un rayon de Lumière, vient à l’instant de traverser mon âme !

Françoise

ÉDITO (25 juillet 2022)

« MA COUPE VOUS LA BOIREZ »
« Si quelqu’un a beaucoup reçu, on exigera beaucoup de lui » (Luc 12) ! Personnellement je considère que, depuis ma naissance, j’ai reçu beaucoup d’Amour au sein de ma famille, contrairement à mon mari, Jacky qui n’avait pas eu cette chance ! Lui qui n’avait pas eu de maman, je lui ai donné la mienne et à son tour, la veille de sa mort, il m’a confiée à notre maman du ciel, en me disant : « Vas du côté de Marie » !
Depuis ce jour, je vais chaque jour du côté de Marie pour prier le chapelet et lui confier toutes les intentions de ma famille, des malades qui me sont confiés, de ma paroisse, de ses prêtres et de tous les paroissiens engagés ou plus éloignés de l’Eglise ! Je prie également pour des intentions particulières d’amis hors paroisse, pour les couples en difficulté que je connais et bien sûr pour l’Eglise tout entière avec notre Pape, François, les Evêques, tous les prêtres, pour les chrétiens divisés afin que ce qui les unit prenne le pas sur ce qui les oppose et les divise, pour les chrétiens persécutés afin que, s’ils ne peuvent recevoir le Corps du Christ, ils reçoivent par ma prière, et ma communion, l’Esprit-Saint qui leur donne la force, par leur attitude, de montrer un Visage du Christ qui sans eux, ne serait pas connu ! Pour terminer, je confie à Marie, notre monde en détresse afin qu’elle demande à son Fils de lui donner sa Paix !
Depuis, le Seigneur fait pour moi des merveilles en m’accordant de nombreuses grâces comme en ce mois d’août 2021 où je peux dire que j’ai reçu une grâce par jour !
C’est pourquoi, je n’imagine pas un instant demander quelque chose, sans apporter ma petite contribution en offrant mes souffrances physiques mais également celles plus douloureuses des blessures qui atteignent le plus profond de mon âme par des injustices et des humiliations ! Dans le psaume 118, il est dit : « Je trouve dans la voie de tes exigences plus de joie que dans toutes les richesses ! » et je dois reconnaître que lorsque je réussis à accepter ces humiliations pour avoir ma part à la rédemption du monde, je trouve une joie et une paix intérieure qui valent toutes les richesses !
Cependant, j’avoue que ce n’est pas toujours facile car le Malin tente à me faire croire que je ne suis pas obligée d’être aussi « exigeante » avec moi-même puisque Dieu dans sa grande Bonté ne peut être exigeant envers nous ! Là, je le rejoins tout à fait puisque Dieu nous laisse libres de répondre à son appel et c’est librement que je me suis engagée à le suivre en respectant les conditions qu’Il a lui-même précisées dans l’Evangile d’aujourd’hui : « Celui qui veut devenir grand parmi vous, sera votre serviteur et celui qui veut être le premier, sera votre esclave, ainsi le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ! » (St Mt 20-28)
C’est pourquoi en acceptant de boire à la coupe de Jésus, j’accepte librement ses exigences et "La seule voie qui me permet de répondre librement aux exigences de Dieu, c’est de m’abandonner à sa Volonté ! Ainsi je n’ai aucun mal à renoncer à mes propres désirs et à accepter les injustices et les humiliations qui fortifient mon âme pour le salut d’une autre !"
Et s’il m’arrive, malgré tout, de tomber dans la tentation de l’orgueil ou du découragement, "Ce ne sont pas les grâces reçues qui nous mènent vers la sainteté, mais celles que nous trouvons, chaque fois que nous chutons, et qui nous aident à accrocher la main de Dieu pour nous relever" !"

ÉDITO (24 juillet 2022)

LA PRIÈRE

La foi, c’est quelque chose que l’on ressent au plus profond de nous, comme une évidence, mais qu’on ne peut expliquer ! Il me semble, en ce qui me concerne, que si je remonte au plus lointain de mes souvenirs, j’ai toujours eu la foi ! Depuis ma plus tendre enfance, ma feuille de route a été l’Evangile qui, malgré les épreuves a toujours été pour moi une source de Joie ! Même si je n’ai pas toujours respecté à la lettre les traditions de l’Eglise dont je ne comprenais pas le sens, je me suis toujours sentie plus proche des pensées de Jésus que de celles de ce monde où je ne trouvais pas ma place ! Si ma foi a évolué tout au long de ma vie, elle n’a jamais perdu de sa vigueur, même dans les moments difficiles ! Il faut dire que la prière est une arme redoutable que je manipule assez bien à voir le nombre incalculable d’exaucements reçus ! Il ne faudrait pas croire que c’est une solution magique car il ne s’agit pas de demander à Dieu de faire notre volonté mais de la rendre conforme à la sienne ! Et le meilleur moyen d’y parvenir c’est d’adresser notre prière à Marie qui nous dira comme à Cana : « Fais, ce qu’Il te dira ! » Ainsi pour que notre prière soit exaucée, il est indispensable de s’abandonner avec patience et confiance à la Volonté de Dieu mais également de

Persévérer, Résister, Insister, Espérer et nous Recevons !

Si j’ai constaté que mes prières étaient toujours exaucées, pour certaines seulement au bout de plusieurs années, et si la réponse ne correspondait pas exactement à ce que j’avais demandé, elle dépassait toujours mes espérances ! C’est pourquoi toute ma vie est devenue prière et quand je prie je sais que j’ai déjà reçu ce que j’ai demandé pour mes frères et pour moi !

Françoise

ÉDITO (23 juillet 2022)

LE MUSICIEN ET SON VIOLON

Un jour, en entrant dans l’église j’ai entendu une divine musique qui semblait m’être destinée ! J’ai aperçu le violon d’où émanait cette « Mélodie d’Amour » comme un parfum exhale d’une fleur ! L’Aura qui enveloppait le musicien ne me permettait pas de voir son visage ! L’archet, seul, semblait caresser les cordes, faisant vibrer l’âme du violon jusqu’à atteindre la mienne ! J’ai alors ressenti l’Amour infini du Musicien et je suis tombée amoureuse ! C’est alors qu’Il m’a fait cadeau de ce violon, en bois d’olivier, afin de me témoigner son Amour, par aubade en matinée ou sérénade, en soirée ! Comme ces mélodies étaient douces à mon cœur et me remplissaient de Joie !

Cependant, une tentation m’est venue de jouer moi-même du violon, pensant qu’il me suffirait de laisser glisser l’archet sur les cordes, présumant d’un talent que je n’avais pas ! Et j’ai fait mal au violon, ses cordes ont grincé, le violon a pleuré, il s’est désaccordé ! Alors le Musicien a repris son violon et l’a confié au luthier pour qu’il le remette en état ! Depuis, mon âme est triste, mais j’ai compris le message ! Ce violon ne m’appartient pas, c’est juste un cadeau façonné spécialement pour moi, afin que le Musicien, lui-même, interprète selon son désir, les compositions réalisées à mon intention ! Je sais maintenant que sans son musicien le violon reste muet !

Je connais la Miséricorde infinie de mon amoureux et j’attendrai patiemment son retour !

ÉDITO (22 juillet 2022)

Il est curieux de constater que les seules personnes avec lesquelles je peux partager ma Joie de l’Evangile, sont mes deux meilleures amies qui sont éloignées de l’Eglise ! Il m’apparaît beaucoup plus difficile de le faire avec des chrétiens engagés qui, pour un certain nombre, se préoccupent davantage de leur salut personnel, en veillant à respecter les traditions ou obligations de l’Eglise, que de donner envie à ceux qui ne le connaissent pas encore, de découvrir Jésus ! Peut-être par peur de le perdre, le gardent-ils enfermé dans leur coeur !

Lorsque nous avons rencontré le Christ n’ayons pas peur d’ouvrir grand notre cœur pour montrer de Lui un visage qui sans nous ne serait  pas connu !

En ce qui me concerne, c’est mon attitude qui, sans que j’aie besoin d’en parler, suscite des réflexions du genre : « Il faut dire que Françoise est une vraie chrétienne ! » ou encore une interrogation comme « C’est ta foi qui te porte ? On pourra en parler ? » Il me suffit donc simplement de montrer en qui et en quoi je crois, en continuant à écouter la Parole de Dieu et la mettre en pratique ! Il me semble que la mission du chrétien consiste davantage à faire découvrir le Christ, pour permettre à une multitude de personnes d’avoir accès à la Vie éternelle, que de s’inquiéter de son propre salut et que le meilleur moyen d’être saint est d’aider un autre à le devenir !

Cependant si mon enthousiasme peut forcer l’admiration de certains, il peut également pousser à l’exaspération le Malin qui se vengera en attisant, chez d’autres, un sentiment de jalousie dans le but de me faire entrer dans la tentation du découragement ! C’est pourquoi un chrétien doit pouvoir compter sur l’amitié et le soutien de son frère dans le Christ, pour ne pas tomber dans ce piège !

Françoise

ÉDITO (21 juillet 2022)

Ce samedi 9 juillet, à la lecture d’Isaïe, lorsque le prophète dit : « Me voici, envoie-moi » je me suis sentie spontanément appelée et j’ai dit : « Jésus, j’ai confiance en toi, me voici, envoie-moi pour marcher avec toi sur un chemin de Croix ! »

Ce soir -là, je devais accueillir deux petits chanteurs à la Croix de bois, après leur concert dans l’église de Ploubalay !

Je me souviens de tout ce que j’ai fait avant ma sortie de l’église jusqu’à ce que j’aie la sensation que j’allais tomber, puis, plus rien jusqu’à l’arrivée des pompiers, 50 mn plus tard !

D’après les personnes présentes, j’aurais effectué un véritable plongeon, retombant à plat ventre, le menton cognant sur les dalles du parvis avec un bruit pouvant évoquer l’éclatement de mon visage !...

Lorsque je repense à ce qui m’est arrivé, il me semble que c’est un vrai miracle que je m’en sois sortie avec seulement le menton, le bras et la cuisse gauche tuméfiés et je suis persuadée qu’en tombant sur ma belle croix qui s’est brisée et que j’ai pu recoller, Jésus a exaucé ma prière en m’accueillant sur sa Croix ! Depuis, je chemine avec Lui et si mon corps se remet peu à peu du choc, mon âme garde des séquelles du traumatisme qui l’a fragilisée !

Et si en cette période de vacances je n’ai pu bénéficier du baume qui aurait pu apaiser sa blessure, je me contenterai d’offrir ma souffrance pour soulager celle de ceux qui n’ont pas la chance d’avoir rencontré Dieu !

Françoise